‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 616 sur 743 · SOIT. — SON · texte numérisé non relu

SOIT. — SON

Du reste, Corneille affectionnait l'emploi de soin avec le pluriel, et sous des formes variées et remarquables :

Mais, après le danger où vous vous êtes vue, Malgré tous vos mépris, les soins de votre honneur Vous doivent désormais résoudre à mon bonheur.

(La PI. Roy., ▼, 1, édil. 1054.) Les soins de son honneur que vous devez avoir Pour d'autres intérêts vous doivent émouvoir.

(Ib'td., v, 4, lr« édit. , jusqu'à 1654 inclusiv.) Les soins de vous chercher. (Suite du MenL, i, 1.]

Mais, seigneur, qui vous peut engager Aux soins de le punir, et de vous en venger? [Sur., n, 3.)

SOFT, dans le sens de que ce soit, suivi d'un substantif que précède un :

Soit une vérité, soit un conte, n'importe. (Amdrom., iv, 4.)

SOLENNEL, en parlant d'une chose défavorable, pour signifier ouvert, affiché, public, un mépris solennel :

Et par un attentat et lâche et criminel, Te fais de ses faveurs un mépris solennel.

(Pots, dit.. Plainte de la France à Rosse.)

On a dit dans un sens analogue :

S'il avoit vu qu'elle eût eu quelque aversion pour lui, il se seroit évité la honte d'an rejus si solennel. (Fdrbt., Le Roman bourgeois, I.)

SON, subst. le son d'un écu, pour dire le bruit de l'argent :

Et tenez celles-là trop indignes de vous,

Que le son d'un éeu rend traitables à tous. (Le Ment., i, 1.}

— ne faire aucun son, ne rendre aucun son, ne pas se prononcer, en parlant d'une lettre :

Nous prononçons 1'* de quatre diverses manières : tantost nons l'aspirons, comme en ces mois, peste, chaste; tantost elle allonge la syllabe, comme en ceuxcy, poste, teste; tantost elle ne fait aucun son, comme à esblouir, esbranler, ilestoù, et tantost elle se prononce comme un z ; comme à présider, présumer. (Préf. de : Le Thédtre de P. Cdrn., édit. de 1682.)

SON , pronom possessif, se rapportant à un nom de chose,

pour en :

J'ai honte de ma vie, et je hais son usage.

Depuis que je la dois aux effets de ta rage. {Méd., ni, 3.,

Bien que la grammaire proscrive absolument cet emploi, il nous semble qu'il peut être toléré en poésie, comme dans ce vers d'un grand poète contemporain :

Qu'est-ce donc que l'amour, si son rêve est si doux ?

(Lahart., Jocettm ir*époq.

Page 1