SORTIR
— sortie de péril, action de sortir d'un péril :
Alors la sortie du premier péril ne rend point l'action complète, puisqu'elle ea attire un second. (Troii. Dise.)
Il faut de cet périt* n'aplanir la «ortie. {*odog., m, 1)
Corneille dit encore, d'une manière un peu singulière et contournée, se faire une heureuse sortie des périls, pour signifier trouver le moyen d'en sortir heureusement :
Combattez, race d'Orythie, Demi-dieux, combattez.
Et faites voir que vos bras indomptés Se font partout une heureuse sortie
Des périls les plus redoutés. (La Toi*, for, v, 5.)
- On pourrait citer plusieurs emplois analogues, comme le suivant :
Il déclara au parlement qu'il ne demandoit rien, qu'il se content oit de l'affection de ses sujets, et qu'il ne vouloit point troubler leur joye, en les affligeant par des impositions qui ne pouvoient que leur être extrêmement à charge, à la sortie des guerres civiles. (Marsol., Hisi. de Henri F//, I. u.)
— la sortie d'un dessein, pour désigner la conclusion d'une entreprise :
Et de tes desseins à jamais Favoriser l'entrée et bénir la sortie. [Trad. du Ps. cixu)
SORTIR du baptême, sortir de recevoir le baptême :
Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime... [Pol.9 n, 6.)
— tout sortant de la victoire, au moment que tu sors de la lice où tu as remporté la victoire :
Et toi qui, tout sortant encor de la victoire,
Regardes mes travaux du séjour de la gloire,
Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi.
Prête du haut du ciel la main à ton ami. (Pol„ vt 1/
— au sortir de. Corneille offre plusieurs exemples remarquables de l'emploi au figuré de cette locution prépositive :
Contre votre froideur une modeste plainte
Fui tout notre entretien au sortir de la feinte. (La Gai. du Pal., v. 4.)
Même au sortir de Trébie et dé Cannes, Son ombre épouvanta votre grand Annibal. (Nieom., m, i.)
Au sortir de Trébie et de Cannes veut dire, aussitôt après les batailles de Trébie et de Cannes.
On nous élève au trône au sortir de nos chaînes. {Oth., u, ?.,•
SOUCHE. — SOUC[. 321
Pour ne pas rappeler des choses trop connues , nous nous contenterons de citer cet emploi analogue du frère du grand Corneille :
Que l'armée, au sortir d'une entière victoire,
Par sa rébellion en obscurcit la gloire. (T. Cors., Birén., m, 2.)
— sortir d'un sang, être issu d'une famille :
Daignez considérer te sang dont vous sortez. (Pot., îv, 2.)
SOUCHE, que je puisse devenir une souche ! sorte d'imprécation contre soi-même :
Si touchant vos amours on sait rien' de ma bouche,
Que je puisse à vos yeux devenir une souche! [La Suiv., m, 10.)
SOUCI, prendre souci de (un subst.), prendre soin, prendre peine de :
II n'en sait pas le nom, mais \'en prendrai souci. {Le Ment., i, 4.)
Sachez donc seulement qu'on m'appelle Cléandre,
Que je sais mon devoir, que j'en prendrai souci,
Et que je périrai pour vous tirer d'ici. (Suite du Ment-, \, 5.)
— prendre souci de, suivi d'un infinitif, prendre soin de :
Adieu, de ton côté prends souci de me plaire,
Et vois ce que tu dois à qui te sauve un frère. {Suite du Ment., u, 3.)
. — prendre le souci d'une chose, s'en charger :
Vous m'obligerez fort d'en prendre le souci. (Théod., n, l.)
— souci, tendre préoccupation, et l'objet même de ce tendre sentiment :
Toi, qui fais ma douleur, et qui fis mon souci,
Ne tarde plus, volage, à te montrer ici. (Clit., i, 1.)
Touche, je veux t'aimer; tu seras mon souci. (Suite du Ment., i, 2.) Viens donc, mon cher souci, laisse-moi te conduire.
[Cliu, m, 2, l"* éd. jusqu'à 1654 inclusiv.) Mon regret, dans ce lit qu'on m'oblige à garder. C'est de ne pouvoir plus prendre sans demander; Autrement, mon souci, tu sais comme j'en use. (îbid., v, :).)
Adieu, mon cher souci, sois sûre que mon Ame
Jusqu'au dernier soupir conservera sa flamme. (la Veuve, n, 5.)
Mon souci... (La PL Roy., v, 7.)
Dans sa révision générale, Corneille a fait disparaltr^de plusieurs endroits cette expression un peu maniérée qui était chère aux poètes de la Pléiade : *
Sidère, cepandant que tu languis pour elle , Sidère, ton soucy, où son plaisir rappelle,