‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 620 sur 743 · SOUHAIT. — SOULAS · texte numérisé non relu

SOUHAIT. — SOULAS

Je ne vous puis souffrir de dire une sottise. (Suite du Ment., m, 2.)

J'ai cm pouvoir sans crime Vous souffrir & aspirer à toute mon estime. (T. Coi*., Maxim., u, 4.) Seigneur, encore on coup, souffrez-moi de me taire. (Id.v ibia\, nrf 4.)

— souffrir, permettre, souffrir ta lâcheté couverte, permettre que ta lâcheté demeure couverte :

As-tu cru que le ciel consentit à ma perte

Jusqu'à sonffrir encor ta lâcheté couverte ? [La PI. Uoy., n. 3.)

— souffrir, avec un nom de personne pour régime direct, et Hlivi d'un infinitif, comme laisser :

En Europe, où les rois sont d'une humeur civile,

Je ne leur rase point de château, ni de ville,

Je les souffre régner. [Ulllus. corn., il, *.)

On a dit de même :

Et ainsi m'alloit amusant, Et me souffroù tout recompter, Mais ce n'estoil qu'en ra'abusant.

(ViLLo.f, Grara fesf.. Double Bail., uni.)

Gnntehram l'envoya prier de le souffrir passer en faveur de leur ancienne

jMitié. (Facchet, Amiq. *jaul.% in, 19., — U y avoit des diacres continuellement

liqnés a prendre garde que chacun fui attentif, et ne souffrir 'personne soin-

1er, rire, parler a l'oreille, ou faire quelque sigoe à un autre. (Flecrt, Mœurs

ém Ckréi., XL.)

On trouve d'une manière analogue souffrir, suivi d'un infinitif, comme laisser, sans régime de personne :

L'honorable bourgeois, l'exemple de sa ville,

Souffre devant ses yeux violer femme et fille. (D'Acbigné, Les Trag., i.

— souffrir, permettre, admettre :

Quelque pleine satisfaction que vous ayez reçue de la nouvelle représentation d* Œdipe, je puis vous assurer qu'elle n'égale point celle que j'ai eue à lire votre lettre, soit que je la regarde comme un gage de votre amitié, soit que je la considère comme une pièce d'éloquence remplie des plus belles et des plus nobles «^pressions que la langue puisse souffrir. [Lcu. à M. Cabbé de Pure, 12 mars 1659.)

SOUHAIT, sans souhait de, suivi d'un verbe, sans souhaiter de:

Sans souhait toutefois de pouvoir reculer.

Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler. (Hor., n. 3.)

SOUHAITER, abs., former des souhaits :

Et pour mettre d'accord ta fortune et ton cœur,

Souhaite pour l'amant, et te garde au vainqueur. {Oth.. iv,.3.}

SOULAS, consolation, soulagement :

Vain et foible soûlas en un coup si funeste.

{La Veuve, iv, 1, !*• édit., jusqu'à 1654 inclusiv.)

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