‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 621 sur 743 · SOULER. — SOURCILLEUX · texte numérisé non relu

SOULER. — SOURCILLEUX

Dans les éditions suivantes, Corneille a mis :

Foible soulagement en un coup si funeste.

Lors de la première édition de la Veuve, le mot soûlas avait déjà vieilli.

SOULER, fig., rassasier :

Et, sous un faux semblant de libéralité,

Soûler et ma vengeance et ton avidité. {Méd., it, 1.)

Vous ne l'avez massacré qu'à demi, Il vit encor en moi, soûle* son ennemi ; Achevez, assassins, de m'arracber la vie. (VlUus. corn., iv, 4.)

SOUMIS aux soins de (un infin.), abandonné, livré aux soins

de:

Il faut plus de fierté dans une âme royale,

Et ma douleur soumise aux soins de le venger... (Serf., t, 3.)

— soumis, résigné, employé dans un sens défavorable :

Je ne vous cèle point qu'ayant l'âme royale

L'amour du sceptre encor me fait votre rivale,

Et que je ne puis voir d'un cœur lâche et soumis

La sœur de mon époux déshériter mou fils. (Penh., i, 1)

SOUPÇON, tomber en soupçon de (un infin.), venir à être soupçonné de :

J'ai toujours cru que, pour belle que fût une pensée , tomber en soupçon de la tenir d'un autre, c'est l'acheter plus cher qu'elle ne vaut. {Mil., préf.)

On a dit de même, tomber dans le soupçon de :

Ceux qui ont écrit leurs propres actions sont tombés ordinairement dams k soupçon, ou de les avoir relevées par orgueil, ou d'en avoir diminué la gloire par modestie. (Flkchier, Vie du eard. Commendon, préf.)

SOUPÇONNER quelque chose de fausseté, pour signifier soupçonner de la fausseté dans quelque chose ; soupçonner uk dessein d'injustice, soupçonner qu'il y a de l'injustice dans un dessein :

Les autres, mieux avertis de notre artifice, soupçonnent de fausseté tout ce qui n'est pas de leur connoissance. {PoL, Abr. du mart. de S. Pol.) Je soupçonne déjà mon dessein d'injustice. Et je doute s'il est ou raison, ou caprice. (La PL Roy., iv, 1.)

SOUPLE, plus souple qu'un gant :

Voyez, elle se rend Plus douce qu'une épouse, et plus souple qu'un gant. (Le Ment., iv, 6.;

SOURCILLEUX, hautain, superbe, arrogaçt Corneille affec-

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