‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 649 sur 743 · TISSU. — TITRE · texte numérisé non relu

TISSU. — TITRE

On peut rappeler, au moins comme voisines, les acceptions suivantes :

Vous avex grande raison de ne me point mettre an rang de ces oncles trop oncles, et je n'ai pour vous que des sentiments qui tirent droit <z« paternel, (Desnufcaux, Lett. à La Chapelle, 3 janv. 1700, on 9 nov. 1699.) — Les vers en sont aasez bien tournés, et je ne les désavouerais pas même encore aujourd'hui, n'étoit ne certaine tendresse tirant à l'amour qui y est marquée, qui ne convient point à on oncle pour sa nièce. (Id., Letu à Brossette, 24 nov. 1707.) — Le monument ■e me semble pas de fort grand goût, et a une pesanteur, à mon avis, tirant au gothique. (Id., ibid., 14 mai 1707.) — J'ai quitté le lait d'ânesse, parce* qu'il commeocoit à m'Ater la santé en me donnant des dégoûts et des espèces d'émotions tirant à fièvre. (Id., Lett. à Haeine, 26 mai ou avril 1689.)'— Je ne saurais m 'appliquer le moins du monde à quelque chose d'important qu'il ne me prenne un mal r, tirant à défaillance. (Id., Lett. à Brouette, 14 avril 1700.)

Nous noterons encore qu'on trouve des exemples de tirer à, pour tirer sur, chez des écrivains de nos jours qui aiment à imiter les formes du dix-septième siècle :

Mademoiselle de Scudéry était laide ; son teint surtout, tirant au noir, ôtait à sa figure toute prétention à la beauté. (V. Cousin, M0* de Scudéry et sa société, V art., Journ. des Sav., avril 1858, p. 245.)

Comme Y Académie et les autres dictionnaires courants ne font aucune mention de tirer à, dans le sens d'avoir quelque rapport, quelque ressemblance, nous citerons encore cet exemple qui rentre exactement dans les significations précédentes :

La style de Marguerite n'était pas des meilleurs, il s'en faut de beaucoup. Il •tt généralement lâche, diffus et embarrassé, tirant à la manière et au précieux, quand il n'est pas tendu , lourd et mystique. (Nodier, Rev, des Deux- Mondes, 1880, p. 351.)

TISSU, part, passé, fig. liens mal tissus d'un hymen :

Et je dois cette grâce à l'amour de la reine

D'épargner ma présence aux devoirs de sa haine,

Puisque de noire hymen les liens mal tissus

Par ces mômes devoirs semblent être rompus'. [QEd.. v, 2.)

TISSURE, fig., trame:

J'ai été assez heureux à les inventer (ces machines), et à leur donner place la tissure de ce poème. [Argum. aTAndr.)

TITRE, motif, faux titre de crainte :

Ah ! cœur rempli de feinte, Tu masques tes désirs d'un faux titre de crainte. Un sceptre est l'objet seul qui fait ton nouveau choix. {M éd., w, 3.

— amante a bon titre, amante véritable : Comme vous agissez en monarque prudent,

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