‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 664 sur 743 · TRANCHER LE COURS · texte numérisé non relu

TRANCHER LE COURS

Et pour trancher le cours de leurs dissentions,

Il faut fermer la porte à leurs prétentions. (D. Satie ht, i, 2..)

Il parait y avoir ici une impropriété : on arrête, on ne tranche pas un cours; cependant on trouve d'une manière assez analogue, trancher le chemin :

Et, si ce n'eust esté ung page

Qui nous vint trencher le c ht min. .. (Farce du franc Arc hier.)

— trancher du, se donner des airs de :

Quoi ! vous tranchez ici du nouveau gouverneur? (Théod.,\,2.)

— trancher des (un subst. plur.), dans le sens de prendre, se donner les airs de :

Sur chaque occasion tranchent des entendus,

Content quelque défaite et des chevaux perdus. {Le Aient., m, 3.)

Le dix-septième siècle offre de nombreux exemples de trancher des :

Ils veulent tous trancher des nobles et quitter la vocation de leurs pères. (Sorbl, Francion, vi.) — Cette multitude de seigneurs qui trenchoient des souverains. (Mbzsrat, Abr. de l'hist. de France, prél.) — La multitude des enfans bâtards qu'eut Charlemagne, qui tranchoient des souverains dans les terres qu'on leur avoit données pour leur subsistance. (Id., ibid., an 987.; — Ravis d'une si belle occasion de faire paroître que leur talent ne se bornoit pas à faire des vers et des billets doux, ils tranchèrent des philosophes, sans oublier qu'ils avoient affaire au beau sexe, à qui on ne doit rien présenter qui ne sente son homme du monde. (Bayle, Lett. sur les comités, avis au lect.;

Depuis longtemps on ne dit plus que trancher de, trancher du. En abandonnant la forme plurielle, on a sacrifié une aisance précieuse de langage.

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