‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 68 sur 743 · BASSESSE. — BATIR · texte numérisé non relu

BASSESSE. — BATIR

— envoyer tout a bas, jeter tout à terre :

l'enverrai tout à bas, puis après on verra. {Gui. du Pal., îv, 12.)

BASSESSE, condition humble, sans aucune idée de bassesse morale .

Voire grand Marias naquit dans la bassesse. (Sertor., n, 2.)

Ciel ! n'est-ce point ici quelque songe tout plein de gloire dont les dieux me veuillent flatter? et quelque réveil malheureux ne me replongera-t-il point dans la bassesse de ma fortune? (Mol., Les Amants magnif., v, 3.)

— bassesse, avec le plur., en parlant de style, d'idées :

La lecture fera prendre mes naïvetés pour des bassesses. (MéL, au leci.

BASTANT de, suivi d'un infinitif, capable de .

Adieu, des raisons de si peu d'importance

N'ont rien qui soit bastant d ébranler ma constance. (Mil., i, 6, éd. 1633.)

Aux éditions suivantes, Corneille supprima le vieux mot bastant, et mit.:

Ne pourraient en un siècle ébranler ma constance.

Cet emploi se trouve une seconde fois dans une autre comédie de notre poëte :

Me croyez -vous bastant de nuire à votre feu? (L'Illus. corn., u, 7.

Dans les éditions postérieures à 1 654, Corneille a encore changé ainsi :

Me prenez-vous pour homme à nuire à votre feu?

L'adjectif bastant, dont l'usage était si fréquent au seizième siècle, a été encore usité longtemps après Corneille. Saint-Simon en affectionnait remploi, comme de tant d'autres mots du siècle. E l'applique souvent aux persounes, et le fait suivre de pour:

Louville. avec M"' de Main tenon, n'était pas bastant pour être de la conférence. (St-Simon\ Mém., t. m, ch. 2tV — Outre qu'elle ne voyait et ne savait pas tout, elle n'était pa« bauanu /x>nr arrêter et gouverner les autres. (Id., ibid.,\. vu. ch. 21. ) — Mais que pour ce qui regardait les prétentions romaines et en particulier la proposition touchant Tevconimunication. j'aviis la prétention de me croire testant pour lui dire que ces endroits de la constitution étaient insoutenables. (Id., ibid .. t, xi. ch. tU

RAT1R en lVvik sir, absol., fonder des espérances vaines sur:

Et, ésin$s*mi en r*ir sur le malheur d autrui.

Aussi bien que mon tore îl triomphe de lui. [H or., iv. 4.',

Page 1