‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 711 sur 743 · CHARMEUSE · texte numérisé non relu

CHARMEUSE

Car en jeunesse le monde est variable.

Dont je crains fort qu'en la fin ne se changeant.]

{Moral. nouv.% Ancien Théât. franc, t. m, p. 89.)

Florimond, que bien cognoissez, Qui mes amours a pourchassez, L'avoil aimée devant vous, , Mais elle se change à tous coups. (Jodbllb, Eugène, n, 4.

Non-seulement il ne te changea point en sa vie, ains à l' opposite, il y laissa la vie pour ne te vouloir point changer. (Amyot, Vies, Démost.) — A son retour de Pologne, se trouvant roy de France, bonnoré de tout le monde, et en pouvoir de commander et non d'obéir, il avoit commencé à se négliger et peu à peu à u dmger. (Cheverny, Jl/ém., 1589.) — Mais cela esmeut si peu cette cruelle beauté, qu'elle ne se changea jamais envers luy. (D'Urpé. CAstrée, i, 3.) — Dès qu'elles ont pris le ply de faire des bestes, de contrarier et de tenir bon contre leurs maris, c'est du camelot, pour mourir elles ne se changeraient pas. (Cbolièiks, Us Apresdinées, n, f°71, v°.)

On trouve aussi se changer, en parlant de choses, pour changer :

Son visage se changea de sorte qu'il n'étoit pas connoissable. (D'Urpé, f Jurée, n.7.)

Ces longs âges- où tout se consume et se change

En ton éternité sont veus comme un moment. (Racan, Ptaum., cxxxtuu)

Les choses se corrompent et se changent à chaque instant. (Pasc, Pens , édiL L., c. 2, u, var. du ms.) — S'il avoit gagné ce jour six cents pîstoles, la fortune se pouvoit changer le lendemain et lui en faire perdre mille. (Foret.. U Bomn bourg., i.) — C'est ainsi que les passions humaines se changent. (Nie, Es*., Treitè des quatre fins dern., î, 5.)

— se changer a, pour se changer en :

Quand je vois, ma Phylis, ta beauté sans seconde,

Moi qui tente chacun, je m'y laisse tenter-,

Et mes désirs brûlants de perdre tout le monde

Se changent aussitôt à ceux de l'augmenter. (Poés. div.% Ëpîgr., n.i

Changer à était très-fréquent autrefois, surtout dans le sens de changer contre, comme le latin mutare rem alicui rti :

Les Turcs mesmes se vouloyenl faire appeler Perses, changeant leur nom incogneu à cestui-ci jadis tant renommé. (Fauchet, Antiq. gaul., 3* vol., i, 4.) — Un changea la selle de son cheval à une meilleure. (Lett. miss, de Henri IT, t. îv, p. 495.) — Elle résolut de changer les vanités de la cour à U simplicité de cette vie. (DUrfb, l'Astrée, i, 8.)

CHARMEUSE, s. fém., au fig., pour désigner une femme qui charme, qui enchante, qui séduit :

Juge un peu quel désordre aux yeux de ma charmeuse.

(L'IJfu. emu, m. 4.)

CHEMIN. — CONDIGNETÉ. 424

CHEMIN, fig., suivi de la préposition de et d'un infinitif. Aux exemples cités de Corneille, ajouter le suivant :

Et laissez-vous conduire à qui sait mieux que vous

Les chemins de vous faire un sort illustre et doux. [Pulch., v, 6.)

COMBLE, subst., au fig.

Après : On ne trouve qu'assez rarement comble employé avec un, lire pour premier exemple :

Il faut, pour ajouter un comble à ma misère, Que tout ce qui m'est cher éprouve sa colère.

(MM de Villed., Le Favori% n, 6.)

COMME, pour que, dans une phrase comparative.

Bien qu'on rencontre des exemples de cette forme après Corneille, elle était déjà généralement bannie du bon usage vers 1680. c Autant, comparatif, dit Th. Corneille, est la même chose qu'aussi et si pris pour adeo, et tous les trois demandent que après eux et jamais comme. » ( Not. sur les Remarques de Vaugelas, CCXXXI.)

COMPTE, a ce compte, comme à ce compte-là.

Ajouter :

On a dit de même après Corneille :

Vous désapprouves donc ma conduite, à ce compte?

(Dbstouchbs, L'Irrésolu, i, 1.)

COMPTER entre, mettre au nombre de.

Ajouter :

Un contemporain de Corneille a dit de même :

Us ne comptent entre les divinités que celles qu'ils voient. (D'A blanc, Comment. de César, Guerre des Gaules, liv. vi, éd. 1689.)

CONDIGNITÉ, s. f., action d'être digne, chose qui est digne. n'avoir point de condignité pour, dit d'une manière très-singulière pour signifier n'avoir rien qui soit digne de :

Ils savoient bien ces vrais fidèles, Pe quel immense prix étoit l'éternité.

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