CONNAITRE. — CONTRETEMPS
Et que, pour l'obtenir, les gènes temporelles.
N'avoient point de condignité. (Imit., m, 35.)
Le latin porte : « Scientes quia non sunt condtgnœ passionnes hujus temporis ad futuram gloriam prodnerendaiik »
Gerson, ou l'auteur, quel qu'il soit, de Yfnternelle consolation, a traduit :
Hz sçavoyent que les tribulacions et passions de ce monde ne sont pas coudignes à desservir la gloire pardurable. (Intern. consoL, n, 35, Blbl. elzev.);
Le substantif condignité ne se trouve guère, mais l'adjectif condigne a été longtemps d'un usage assez fréquent :
An Dieu Bacchns rendit grâces condignes. (J. Mabot, Le Voyage de Yen.) La congnoissance que nous avons des grandes et excellentes qualités qui sont en la personne de nostre très-cher et amé cousin le duc de Montmorency, n'a peu permettre que l'ayons laissé plus longuement esloingné de nous ; ainsy nous sommes résolus de l'en approcher avec charge et honneur condigne k ses* mérites, (léff. mise, de Benri JV. t. iv, p. 62, aux Eutts généraux de Languedoc, 7 décembre 1598.) — L'homme doit estudter, savourer et ruminer cette vie pour en rendre grâces condignes à celuy qui la luy a octroyée. (Charbon, La Sagesse, tr, 6.) — Geste* dame lut debvoit faire un beau* présent et condigne de sa peift». (Bbant., Vain* gaL,. prem. dise.) — Dés que le sieur Jurieuaura ou fait tous ses efforts pour la preuve des cinq chefs ci-dessus cottes . ou reconnu, de bonne foi, et en m'en faisant une réparation condigne, qu'il a eu tort de- me les avoir imputés, je satisferai pleinement aux accusations que lui ou d'autres voudront m'intenter. (Batle, Atid. aux Pens. div. sur les corn., o. î, p. 9.)
CONNAITRE, reconnaître.
Ajouter ces exemples du dix-huitième siècle :
La lune éclairait si parfaitement que mademoiselle du Bugei connut d'abord le marquis. (Ma* R\ccob.+ Uiu. du marq. de Cressy.) — Il prêta l'oreille, et connoâ' sont que c'était Adélaïde et Hélène qui s'entretenaient ensemble, il attendit en silence que cette dernière fit le signe dont ils étaient convenus.. (Id*,tA»&J
CONTRETEMPS. Emploi très-particulier :
Et dtun tel contretemps il fait tout ce qu'il fait,
Que, quand il tâche à plaire, il offense en effet. {te Étbtt, î, 10
Cette manière de parler est impropre. H faudrait, tellement à contretemps. D'un tel contretemps veut dire avec un tel contretemps, ce qui n'estpas exact.
dedans. — dégrader. 433
DEDANS, avec un régime, pour dans.
Quand Corneille écrivait ses dernières pièces, déjà" le bel usage s'opposait à ce qu'on fit une préposition de l'adverbe dedans , ainsi que de plusieurs autres adverbes.
€ On a rendu la langue françoise si pure, disait Th. Corneille, qu'il n'est plus permis aux poètes, non plus qu'à ceux qui écrivent en prose, de mettre les prépositions composées pour les jfateples. Ainsi il faut dire sur, sous, dans et hors en vers, et non p*& dessus, dessous , dedans, dehors, lorsqu'il suit un substantif, et que ces prépositions ne peuvent tenir lieu d'adverbes. » [Not. sur les Remarques de Vaugelas, CXXVIII.)
DÉGLACER, fig., dégeler, échauffer:
Repren, soleil, ta dWine clarté
Des feux jumeaux de la claire pucelle,
On bien tes traitz de plus vive étincelle
Darde sur eux tyran tz de liberté.
Pour déglacer la fiere cruauté
Qui dans leur ciel traistrement se recette. •
(Poe*, de Loyt le Coran, f» 21, r».)
Nous avons déjà donné cet exemple à l'appui de la locution de Corneille; mais nous n'avions pas pris assez haut la citation.
Les Dictionnaires de Cotgraveet d'Oudin donnent le mot déglacer. Cotgrave l'explique ainsi : « Desglacer. To thawe, or take the yce of; to make warme. »
DÉGRADER de , faire perdre un grade, un titre, une dignité, un honneur, une prérogative.
On trouve, avant notre grand tragique, des exemples nombreux de cette vive et concise et pression- :
Otfluy doit imposer silence, Le destituer de plaisance, Le dégrader par bon moyen De chai ne d'argent, de chevance, De son tabourin, de son bien.
(Coûgili.. Droit nouv., S* part. Jfc Pactis.)