DEPUIS. — DEVERS
Ledit Frauget fut à Lion sur an eschaffault dégradé de noblesse. (Makt. du Bellay, Mém.% 1. 1, f° 52, v°, éd. 1572.) — Il (Louis le Débonnaire) fut dégradé de sa dignité impériale. (Pasq., Rech., v, 3.) — Il fut dégradé de ses honneurs, mis au rang du populaire, et enfermé en la prison publique. (Faochet, Antiq. gaul., I" vol., u, 14.) — Lesquels craignans le retour de fortune, délibèrent avec aucuns evesques de le dégrader de l'empire. (Id., ibid.t 2« vol., m, 11.) — Dégradé de l'ordre de diacre. (Id., ibid., vm, 10.) — Ayant dégradé des armes quelque peu de ceux qui devoyent empescher la surprise du camp et faire meilleur guet. (Id., ibid., î, 12.) — Ceux qui auront abandonné leur enseigne an combat seront dégradez des armes. (Ordonn. du Roy Henry III % Blois, mai 1579, ccxc.) — Lesquels ayant estez par advant desgrades de leurs cbappeaui et rouges cappes par ledict pape Jules. (Brant., Grands Capit. estrang,, i, 7.) — Et possible, s'il eust vescu plus long temps, n'eust il acquis ce titre de si grand capitaine. II n'eust fallu qu'un petit accident, ou faute, qui Veust desgradé de ce nom.;(Id., ibid., i, 8.)
Et encore, passé la première moitié du dix-septième siècle :
Par une loi de l'empereur Juslinien, de Tan 589, le clerc atteint et convaincu d'un crime et condamné au tribunal du président de la province, ne pouvoit être exécuté qu'il n'eût été préalablement dégradé de son ordre par l'évéque du lieu. (Et. Mionot, Hist. du démêlé de Henri II avec Thomas Becket, Disc, prélim., p. 16, Amsterd., 1756.)
DEPUIS, du depuis, depuis ce temps-là.
Cette locution lourde et vicieuse, qui avait été longtemps usitée, fut absolument proscrite, même du langage familier , dans la seconde moitié du dix-septième siècle.
« Non-seulement, dit Th. Corneille, on n'écrit plus du depuis, mais même ceux qui parlent bien ne le disent point dans la conversation la plus familière. » (Not. sur les Remarques de Vaugelas, CLXXXIII.)
DESSUS, subst. avoir le dessus de, avoir l'avantage sur :
Ajouter cet exemple :
Commines fera son profit de la vie de ce Roy pour monstrer avec quelle dextérité il sceut avoir le dessus de ses ennemis; et de moy, toute l'utilité que j'en veux rapporter sera , pour faire entendre comme Dieu sçait avoir le dessus des rois quand il les veut chastier. (Pasq., Leit.t m, 8.)
DÉTRACTION, médisance, calomnie.
Ce mot est fort ancien, et se trouve dans les Sermons de saint Bernard, où il répond au latin detractio et detractatio.
DEVERS, suivi d'un nom de personne, comme vers.
« Devers, dit Th. Corneille, est une préposition qui a vieilli, et
DICTAME. — DISPENSER. i*5
dont il n'y a plus que le peuple qui se serve. * [Mot. sur les Remarques de Vaugelas, CCCLIII.)
Nous l'avons vue employée par Voltaire, mais c'est en style familier et comique.
DICTAME, s. m., pris au figuré pour dire remède :
Je sens que tout à coup met regrets adoucis Laissent en liberté les ressorts de mon âme ; Ma raison par ta bouche a reçu son dictante. (MéL, v, 2.)
Ce mot qui, au propre, est un terme de botanique s'appliquant i diverses plantes, s'est employé assez souvent, avant et après Corneille, pour signifier un remède efficace et souverain :
Le plus souverain dictante qu'on pourroit choisir pour garir ces bavardes de telle frenaisie seroit un an de garnison au grand ou petit Chastelet. (Des Lau- ■»ms, Les Fantaisiei de BruscambiUe, Prologue contre les censeurs.)
Ce mot est surtout usité en langage de piété et de dévotion.
DISCORD, discorde.
Ajouter :
A propos de la Remarque CCCCLXIX de Vaugelas, Th. Corneille dit qu'il croit ce mot entièrement hors d'usage. Il a, depuis, repris quelque faveur.
DISPENSER, v. a., avec un régime direct de personne, autoriser.
Nous avons dit (t. i, p. 206) que nous n'avions pas rencontré d'exemple de dispenser à, suivi d'un infinitif, dans le sens d'autoriser à, de faire qu'on s'abandonne à. En voici un qui peut tenir lieu de tous autres :
11 n'y a rien, répondit Sylvie, voyant que Galathée demeuroit interdite , qui oblige tant à se taire, que de faire paroistre une entière fiance; ny rien au contraire qui dispense plus à parler que la méfiance recogneue. (D'Urfé, fÂstrée, i, 4.)
Voici également un exemple de dispenser de , autoriser à, suivi d'un substantif ou d'un mot en tenant la place :
Sorte de Rouen, je l'en dispense.
Pour voir Sagon quelque matin.
(Matt. de Boutigny, Le Rabais du Caquet de Marot.)
Aux exemples cités (p. 207), de dispenser de, suivi d'un infinitif,