DORLOTER
L*autre, pour dorer la pilule ,
S'excuse d'abord et recule,
Quoyqu'il ait dessein d'avancer. - Righu, Ovide bouffon, 1669, p. 85.
Mais, en fille dVsprit, il faut adroitement
Lui dorer la pilule, et lui faire comprendre
Que tout ce qu'on a fait n'est que pour le défendre. - Rbonârd, Fol, am. ,1, 3.
>0RLOTER.
Outre la joie que j'aurai de posséder une belle femme . . . qui me (Moiera. . . - Mar, forcé, se. 1.
0 moi malheureuse I Combien l'ay-je doreloUé la nuict.
Larritby, Tromperie», V, 10.
Je me remis au lict et m'endormis soudain avec plaisir, parce que les matelats, les loudiers, les linceuls et les oreilliers me doreloioient, et que j'en a vois bonne envie. - Chapelain, Trad, de Guzm, d'Alfar,, i63o, II, p. 8-9.
J'en élois si doreloté et si mignardé que mes cassettes sembloient des boutiques de conBseur. - Id., ibid,, III, p. 676.
Elle le prend, la pauvre sotte, La baise , caresse et dorlotte,
ScARRON, Virg. trav,, édit. de Paris, 1706; I, p. 81.
Âuthonoé, ma bonne tante.
Qui m'avez tant emmailloté.
Donné de sucre et dorloté.
Las! sauvez-moy de ces escornes!
RiCHER, Ovide bouffon, 1663, p. 376.
Le bouillon pris, tandis qu'il se dorlote un peu,
J'ajuste ses haSits et je soufSc son feu. - Montplbdrt, Coméd. poète, IV, 3.
Comme j'aime à être dorlotée, je ne suis pas fâchée que vous me plaigniez un peu. - Siv.,IV, 36i.
j^ Dorloter ou doreloter ne paraissent ni dans Rob. Estienne (iSSg, iS/ig), ni dans licot(i573), ni dans J. Palet (160&). Cependant Odet de la Noue avait admis doreloter fns son Diction, des Rimes en 1696; en 1606, nous retrouvons doreloter dans Hier. ^tor, et dorlot, dorloter dans Nicot, qui dit :
^Dorlot est un mot Picard et vaut autant (^ajj^uet, c'est-â-dire ornement de femme, i^unne anneaux, cheynes, carquans (colliers), fcrmeillels (fermoirs) et choses semblables. « pluriel est dorlote, afliquets. Dont vient ce mot dorloter, qui signifie proprement orner « tek afliquets, et, par métaphore, tenir cher et mignot, ou caresser par mignotisc 'Jcun, parce que ces femmes qui, par les pères, frères, maris ou autres, sont pourvues ^c tels dorlote, sont tenues chères et bien aymées d'eux.» - Nicot, Diction,, 1606.
En 1611, Cotgrave donne doreloté doreloteur, dorelotter et dorlot, dorlotter, — dorelot «mme mot Picard.
^ tôao, Monet admet le verbe dorloter, caresser, et le substantif iorJotem^nf, — dor~ ^tfmeht d'enfant ... On retrouve ensuite dorloter dans tous les dictionnaires.
I^ Glossaire picard de l'abbé Corblet ne semble pas avoir vu la relation qui existe entre flotter et derbt : ta Dorelotter, dit-il, choyer, caresser, entourer de soins et de pré-