‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 133 sur 596 · DRÔLERIE · texte numérisé non relu

DRÔLERIE

D 8*agît d^un acteur.

Et d'un acteur encor tel que Test Élomire (Molière). — C'est-à-dire fort grand dans les pièces pour rire. Moyennant que le droUe en soit pourtant l'auteur; Car aux pièces d'autruy, je suis son serviteur. De sa vie il n'entra dans le sens d'aucun autre.

Lb Boulargbb db Ghaldssit, Elomire (Molière) hypocondre, 1670; au W acte, Divorce com,, se. U.

Élomire (Molière) à ces mots luy met en main sa bourse ;

Le Balafiré la prend, disant : «rJe suis votre ourse;

Suivei-moy lu Cela dit, le drolle fait le saut

De la fenestre en bas. L'étage est assez haut,

Quoyqu'il soit le premier : toutefois Élomire ,

Et c'est cecy, ma foy, qui m'a lé plus fait rire ,

Autant pressé de suivre un si grand conducteur

Qu'aveuglé de l'excès de sa mortelle peur.

Le suit si prestement , et par la mesme route ,

Qu'il tombe sur son guide ; il l'eust crevé sans doute ,

Si Doetre Balafré, plus dur que n'est le fer,

Ne l'eust d'un coup de reins fait retourner en l'air.

Elomire retombe , et soudain se redresse ,

Et gagne le taillis d'une belle vistesse. - Id. , ibid. , V, 3.

Mais vous vous êtes bien ennuyé. — Point du tout; Le moyen quand on voit des intrigues si drôles !

MoHTFLBURT , FtlU Capitaine, II, à\ -Cf. Id. , ilnd. , Il , 1 4 ; IV, a ; V, 6 ; - Grisp, gentilL, II, 5; - Amb. comique, 3* intcrm., se. 6.

♦ Voir Drôlerie.

Drôlerie.

Je voudrions, Monsieu, que vous nous baiilissiez quelque petite drôlerie pour la garir. - Méd, malgré lui, III, a.

Me ferez vous voir votre petite drôlerie? — Comment? quelle petite Mme? — Bourg. genU, I, 2.

En Homère, les plus grands seigneurs estrivont (disputent) ensemble, se tansaus l'un l'autre : tellement trempez de vin qu'ils jetteront quelquefois à la teste d'Ulysse un pied de bœuf. Quelle plus grande drollerie voudriez-vous?

GuiLL. BoDGHKT, Seréet , édit. Roybet, cbez Lemerre; I, p. 1/1.

Vous voulez remplir ce feuillet de drôleries , et redites ce mot par trois diverses fois, qui est un mot emprunté du cabaret. Vos drôleries sont de rechercher d'où viennent les mots de tintin, dindan , fricasser, et autres semblables.

Le P. Gabassb, Rech. des Rech. de M* Est. Pasquier, 1633, p. &00-&01.

Le secrétaire et quelques-uns qui le sçavoient se mirent à rire , en quoy Monseigneur s'apperceut que ç'avoit esté une drôlerie.

Chapelain, Trad. de Guzm. d*Alfar., i63o; II, p. 76.

'^ Le sens da mot drôle donnera le sens de drôlerie.

U mot drolle parait dans les Serées de Guill. Bouchcl en i556 : «rUne fesse tondue, un «roife, un franc-à-trippe veulent rire.» — En 1696, le Diction, des Rimes explique le mol éraule, sans doute alors peu connu : rtdraule; quelque niais qui toinberoit entre les

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