‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 137 sur 596 · ÉCARQUILLER U · texte numérisé non relu

ÉCARQUILLER U

Gomme il couroit à Tespëe, Riclet, qui comioissoit son maître,. . . escarquilU les oDgles, et, townant les yeux dans la teste avec un grand bruit, fit tomber de frayeur Monsieur le baron à la renverse , et lui sa cbambriere.

D'AuBiGRé, Baron de Fisneste, III, a 6. - EdiU de la bibl. eîzév,, p. a 16.

Ragonde. . . luy dit, en écarquiUani les yeux. . .

SoBiL, Pblyandre, 1668; II, 36i.

La prophétesse, après avoir Sur le trépied fait son devoir, G*est-4Hiire nue en chemise S'être longtemps tenue assise.

Ses deux jambes équarquiUant. . .

ScABBON, Virg. trav., Paris, David, 1706; I, p. 109.

Lors équarquUlant les cinq doigts,. . .

Elle engloutit sa riche proye. - Righbr, Ovide bouffon, 166a, p. aUh.

Les spectateurs dans une nuit profonde Éear^Ulaimi les yeux et ne pouvaient rien voir.

Floblah, Fables {Le Singe qui montre la lant, mag,),

t ffll est indécent d^eêcarquiller les jambes en une honneste compagnie.» - FuBSTièBE.

lY srBTBB. I stond a stridlyng with my legges, je me eecarquyUe; Stryde and y will dryre thés echepe betwene thy legges, eecarquylU-toy, et je chaueray cet brebie entre tes jnku. — I st^de over a brocke or any fowle place as y am going, je jamboye, — You nede nat to lepe for so narowe a ditchc , you may stride ove easely. Il nett pa$ betoing à mlUr pour ung ei petit foêté; vous pouez oêtez bien jamboyer oulire.n

Parsgbâvb, édit. Génin, p. 738, col. 1, et 789, col. s.

(rHis eyes be so bleared with drinkyng, that they be as recd as a fyrret : Se$ yeux eont ^ tm enrailUz or eeearquiUez de force de boire, qu'il lee a ausêi rouges qu'ung furon.n

Id., p. ^57, col. a.

& 1539, R^^* Estienne ne donne pas écarquiller dans la première édition de son J^ielm, franç.-lat. ; mais, dans la deuxième édition (i5&9), on trouve ^CMcarquiller, voir tffuarqûillern. Nicot (en 1673, 1606, 1618, i6a5) renvoie de même du premier au second, et donne également eequarquiller les jambes, eêquarquiller les yeux; en 1618 et i6s5, il admet une variante : ^eequarquiller ou etparpilter les yeux.» — Gotgrave ( 161 1. i63s, i65o) donne le double exemple: esquarquiller les jambes, les yeux. — Monet, en 1690 et surtout en 1 636, donne des emplois plus variés : ffescarquiller, yoir eequarquiller; ffmrpûUer: ouvrir en élargissant. . . Plante les chapons (ceps de vigne) trois à trois an ooe fosse, et les equarquille par le haut.» — Il donne en outre le subst. equarquilUmanl,

Ménage se vante, avec une fatuité naïve (édit. 1780), d'avoir découvert Tétymologie à/i éeerqiÊiUer :

t Écarquiller les jambes : divaricare crura. D^exvaricare, de cette manière : varue, vancNi. - Ovide, liv. III, De Arte amandi :

nia, velut conjux Bmbri rubicunda mariti, Ambulat , ingéniée varica fertque gradue.

^Varieui, varicultu, variculare: variquue, variquillus, variquillare ; et par le changement derV consonne en U voyelle, uariquillare ; et par l'addition de G devant U (cx)mme en g^»pe, de veepa, en g-ue de vadum, en Gaecon de Vaeco)^ guariquillare : dont quarquiUare et ensuite varquiUare, et, par Taddilion de la particule ex^ excarquillare : dont eêcar^ ^ùUer, J'ai quelque opinion que celte étymologie ne déplaira pas aux étymologistes. Quelques-uns disent écarlUler les jambes pour écarquiller les jambes, d'*expartillare,n

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