ÉGRILLARD
Tu m'as fait égosiUer, carognel - Mal, imag., I, a.
Et comme cduy-là a ie droict qui cric plus haut,. . . je m'eigonUoU aussi, et criois si fort que je ne le laissois pas parler.
Ghapilain, Trad, de Guzm, éPAlfar,, i63o; 1, 360.
Il i'êgoêUle de crier . . .
11 pousse sa voix, il s'enroue.
ScABBON, Virg. trav,, Paris, David, 1706; II, p. 166.
1 1 Nos pèlerins s^égoiUlèrent. - La Fort., II, p. 637 : FabUi, IX, ih.
Yoyei ie bel oiseau ! — Gomme tu t'égonUei !
MoRTPLBUBT, Dupe de ioi-méme, I, 6.
Plus il i'égoeiUoit, et moins ils en faisoient. - Id., Ec, dee Jaloux, II, 3.
Où diable es-tu donc, il faut que je m'égoeille quatre heures.
Rborabd, Hom. à h, fort,, U, 9.
On ne laisse pas de t'égoiiller de rire. - Id., Crk, de l'Bom, à b,fcrt,, se. h,
* ÉtonlUr manoue dans Rob. Estienne (iSSg, iBh^) et dans Nicot (i573). — En 1606, Nicot dit : ttEigonller, act. Est composé de et privatif, et de goeier^ et vaut autant ^couper la goi^, eegorgeter, jugulare. Et jaçoit qu'il soit de façon fréquentative, si ne ■gnifie il communément itération de tel acte, ains simplement esgorger,i» — C'est dans ce sens que l'emploie Montaigne.
Pour Gotgrave, egaziller, c est couper la gorge ou vomir (1611, i63a , i65o). Tous les &tioniiaire8 de Oudin, de Duez, etc. , jusqu'en 1677, donnent ie même sens. En 1677, ie (vraiment) Nouveau Diction. franç.Htal. «imprimé au château de Duillier, en Suisse» Bedonne plus ce sens, mais seulement ^i'egoiiller, crier de toute sa force». — Guy Miège, en 1679, n'admet pas le mot ; Ricbeiet (1 680) dit : n Crier si haut qu'on se fasse Bai aa gosier.» — Même sens dans Furclière (1690) ; l'Académie française conserve égo- *U(r dans ie sens de égorger, comme vieux, dans ses éditions de 169&, 1718, 1760, 176s et an ?ii, en y joignant ^égotiller, dans le sens moderne, qui reste seul dans les ditioDide i835et de 1878.
Égrillard.
Ohl ohl quels égrillards I - Sicû., se. 8. Ho, ho, quelle égrillarde I - Pourc, II, 6.
167 Conduits par certain égrillard, Exempt du guet, nommé Billard.
LoBET, Muze hietor,, 39 janvier 1661.
Ma mère
A pris aussi, dit-on, grand plaisir à me faire. Et je m'en suis senti. Car certain air gaillard Que j'ai d'elle hérité, me rend tout égrillard.
Th. Cobn., Baron d'Albikrac, 11, 9.
Vous êtes animal assez insocîable ,
Soit dit sans offenser certain air égrillard
Qui, dans vos yeux malins, se loge quelque part.
Mais ils ont beau lancer cette foudre égrillarde ,
Quand un cœur est lion, j'ai Ta me Icopardc. - Id., Geôlier de toi-même, III, 3.