DÉCHARGER — DÉCIDER
Le Charlalau lui-même , aa lieu de deux dents qu^il avoit mises en son marché , ne lui en voulut arracher qu*une. Il ne faut pas demander si le Poète fut aise de i'ea voir quitte à si hon compte. Mais ce fut bien à déchanter quand, étant allé le soir chez son homme pour toucher son salaire , Tautre le lui refusa , alléguant qu*il avoit tant crié qu'il lui avoit plus nui que servi.
Uabbé de La Motsk le Vatbb, Le Parasite Mormon; dans SiLLiNGii, Hi$t, de P, de Montmaur, a in-8% 1716; II, p. a 68.
11 n'arrive jamais pour nuire. — Je vais bien le faire déchanter.
Bbaumarchais, Mar, de Fig., IV, 9.
* Dans sa première édition (tGg/i), l'Académie dit que déchanter ne s'emploie jamais qn'ao figuré.
DÉCHARGER : DÉCHARGER SA RATE, aufg.
555 Vouiez-Yous que je dise? Il faut qu'enfin j'éclale,
Que je lève le masque, et décharge ma rate, — Fem. «av., Il, 7.
a55 J'aime à te voir ainsi décharger ton courroux. - Gonir., Gai. du Pal,, I, 9.
Si je permets à un aspic de décharger sur moi sa colère.
La Font., VUI, ikk : Ptyché, liv. IL
5& . . . Décharger son Apre colère. - Rac, IV, 38 : Poée, dit.
DiCHARPIR, séparer.
19&7 Andrës et Trufaldin, à Téciat du murmure, Ainsi que force monde, accourus d'aventure. Ont à les dicharpir eu de la peine assez. - LEt. , V, 9.
- * Ce mot ne se trouve dans aucun dictionnaire antérieur à Molière, même dans les '^fûd. de Rimee; l'Académie, malgré l'autorité de Molière, ne l'a admis dans aucune V tes éditions. On le trouve dans Trévoux, avec l'exemple tiré de Molière, et Lacombc. Wmq Uietion. du vieux langage, l'y a emprunté. Ducange, ni M. Godefroy ne font '^cueiHi. M. Littré en donne un exemple de Rutebeuf, où le mot est employé dans le *^ propre, et un autre d'Alain Ghartier, qui le prend dans le sens figuré. — Dans le ^^ popre, c'est séparer les fils d'un tissu pour en faire de la charpie.
DÉCIDER, actif, décider un combat; DECIDER DE. . ., DECIDER SDR. . .
95 Et consentons qu après Myrtil entre nous deux
Décide, par son choix, ce combat de nos vœux. — Mélic., I, 1.
Nous sommes tous juges favorahles en notre cause, et ne la décidom jamais qu'à notre profit. - Malh., II, 89.
Je suis tellement combalue des raisons qu'on a alléguées de part et d'autre, qu'au lieu de lee décider, je suis entrée dans un nouvel avis.
Sbgbais, Nouv. franc., iG56; a' Nouv,, p. /i8a.
50 DÉGUNER — DÉCORUM
Noiu allons décider les anciennes querelles de nos deux maii»oti&
La BoGHBr., 11, 91.
On ne pouvoit nier sans hérésie un fait que le Pape avoit décidé,
Rac, IV, ^98: Port-Royal.
On vit. • . les cohortes Prétoriennes, les armées de Syrie, de Germanie et toutes les autres. . . s*entrechoquer et traverser. . . d^une extrémité du monde à l^autre pour décider leur querelle par de sanglants combats.
B088UBT, Hist univ,, in-/i% 1681, p. 337. - Cf. Id., ibid,, p. 91, &&8, etc.
Décliner, terme de grammaire.
Voilà qui se décline : ma renie, de ma rente, à ma rente.
Fem, sav.y III, 9.
Le ministre Calvin . . . escrit contre le Docteur Fr. Baudouyn , et , pour toutes injures, iuy reproche qu*il sçavoit bien décliner jusques à l'ablatif. . . Telle fut la gausscrie de Calvin contre Fr. Baudouyn à laquelle il rcspond . . . que Calvin ... ; fut appelé accuiatnms, et . . . disoit-on qu^il sçavoit bien décliner jusques à V accusatif, Li P. Garasse, Rech, des Rech. de M* Est, Pasquier, 1632, p. 93.
3fe Nos anciens grammairiens admettaient les déclinaisons, comme en grec et en latin. Dubois (Sylvius) décline les noms à Taide des articles : «rSing. nominat. le, la; gén. de, du; dat. et accus, à, au, ou; accus, le, la; vocat. â; abl. de, du; plur. nom. les; génit. des; dat. aus; accus, les ou aus; abl. des et aus,n - Jac. Sylvii, Isagoge, . . i53i, p. 9&*
Ramus ne parle de déclinaison ni pour l'article ni pour le nom, mais seulement poii:r le pronom. - Gram, franc, de P. db la RAMis, revue, 1687, p. 8a.
9 Déclinaison, — Quant aux déclinaisons, nous n*en avons point à vray dire; car, poûs* qu^il n'y a qu'un cas ou terminaison pour le singulier et un autre pour le pluriel . . - 1 comment se déclineroyenl-ils ? Mais pour cognoistre les cas et déchnaisons, nous no«^ servons des articles.» Ceci dit, Rob. Ëstienne donne la déclinaison de l'article, et d-^^ diverses espèces de pronoms. - Rob. Estikhiib, Traicté de la lang, franc,, p. 30, ai et sus- "^
Au xvii' siècle, Ant. Oudin, Gram, franc,, nouv. édit. (t6Î5), admet la déclinaistf^*' pour l'article, pour le nom et pour le pronom.
Enfin, en 1706, l'abbé Régnier Desmarais, secrétaire perpétuel et mandataire ^^* l'Académie française, non seulement reconnaît les cas et les déclinaisons, mais il E ^ défend. - Voir Gram, franc,, 1706, p. 906 et suiv.
Dans le poème de La Magddeine au désert de la Sainte Bautne, du P. de Saint-LouP-^ on trouve, au liv. II, p. 63-65, un long passage où figurent les noms des cas, employa ^ sérieusement de la façon la plus buriesquc.