‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 249 sur 596 · ÉTALER · texte numérisé non relu

ÉTALER

La grande fiiie se leva, et me fit une révérence que sa lenteur rendit k plusieurs étag». - Anuip% sC Srnmdrt, 167a; II, p. 87.

. • • Monsieur est trop sage

Pour ravder ainsi les gens de haut étage,

La TauiLLEaiB, CrUp, Bel-EsprU, se. 7.

L*affaîre est merveilleuse, et, par ce mariage,

Ole va devenir dame du haut étage, - HAursaocHB, Bùwrg, de quai., IV, 7.

Quand je vois revenir des femmes sans maris,

J^entends celles qui sont du plus galant étage, . . .

n me semble de voir un cheval oe louage. - Regnard, Hom. à h, fort,, III, 7.

* Aucun dictionnaire avant celui de Furetière, qui, du reste, a été suivi par TAcademie, ne donne ce mot dans le sens figuré.

Etaler, montrer, exposer, (wec ou sans emphase.

io38 Voilà mon cœur ouvert, puisque vous le voulez,

Et mes vrais sentiments à vos yeux étalés. - D. Gare., III, 3.

166& Et les foibles attraits qa étale mon visage

M'exposoient au destin de souffrir un volage. -^Ibid., V, U.

6/1 5 Vois combien pour Alcmène il étaU de flamme! — An^h., I, &.

100 3 Votre cœur, avec véhémence, M* étala de ses feux toute la violence. - Ibid., II, 9.

369 L'espoir qui vous appelle au rang de ses amants Trouvera du mécompte aux douceurs quVUe étale.

Psyché, I, 2.

673 Et de quelque façon qu'on nomme Cette vive douleur dont je ressens les coups, Je veux bien Y étaler , ma fille, aux yeux de tous. Et dans le cœur d'un Roi montrer le cœur d'un homme.

Ibid.,U, I.

Bien que, pour étaler ses vertus immortelles,

La force manque à vos esprits, Ne laissez pas tous deux de recevoir le prix.

Mal. imag,, Proi. , se. 4.

Francion continuoii d^étaler son éloquence. - Sorbl, Francion, liv. X, p. «97.

5 Quelque ravage affreux qu'étale ici la peste. - Gorr., Œdipe, I, 1.

83a Et mon sang à vos yeux, sur ce triste riva^.

De vos justes refus étalera Touvrage. - Id. , ToUon d^or, II , 9.

Elle ne faisoil point vanité à^eetaUer ses sentiments.

FcRBTièRB, Rom, bourg,, p. i3o.

10 Voulez-vous sur la scène étaler des ouvrages. . . - Dispr. , Art poét,, 111.

19 En vain vous étalez une scène savante» . . - Id. , ibid,, Und,

M'érigeant ea docteur, j'ai là fort è propo« Pour amuser la tante Ailé de grands mots.

Th. Com., D. Juan, III, 3 (se. ajoutée à Molière).

AnGéLiQUB (c'est-à-dire Madeleine Béjart) :

Ouy, ouy, je suis piquée et c'est avec raison :

Non pas, comme tu crois, pour cette exhalaison (l'odeur de gousset)

Dont ta langue m'accuse avec tant d'insolence ,

Car tu ments et ce mot suffit à ma défense ;

Mais ce qui m'a piquée , et qui me pique au vif,

C'est de voir que le fils. . . , je ne dis pas d'un Juif,

Quoy que Juif et fripier soit quasi mesme chose ,

C'est, dis-je, qu'un tel fat nous censure et nous glose,

Nous traite de canaille , et principalement

Mes frères, qui l'ont fait ce qu'il est maintenant,

J'entends comédien, dont il tu*e la gloire

Qu'il nous vient à^étaler, racontant son histoire.

Le BoDLAirQBR DE CuÂLDSSAY, Elomin (Molière) hypocondre, 1670 ; - au h' acte. Divorce comique, se. 9. •

Le Médecin a mis son patient aux ahois; pour justifier ses beveues, il demande consultation. On appelle les plus fameux à la cérémonie ; et pendant que le pauvre malade est à deux aoigts de la mort, on fait des discours à perte de veue, où on étale Hypocrate et Galien. - Bezançon, Les Médec, à la centure, 1677, p. a 53.

Ce discours vous fera voir un de ces exemples redoutables qui étalent aux yeux du monde sa vanité toute entière. - Bossdbt, Or.fun, de la Reine d^Angl,

La Croix fut étalée comme la défense du Peuple Romain et de tout l'Empire. Id., Hi$t. univ,, in-A% 1681, p. 11&; - Cf. Id., ibid., p. A5&-A55.

Dieu ne manque pas de motiUs. • . Quels que soient ces motifs, et sans vouloir icy les étaler parce que ce n'en est pas le lieu , il est certain qu^il y en a.

Id., Corfér. avec M, Claude, in-ia, 168a, p. 3o8 : Riflex,

Ce fut principalement à la Conférence de Ratisbonne qu'il (Mélanchton) eeuda cette partie de sa doctrine. - Id., Htff, de$ Var,, a in-&*, 1688; l, p. 3ia.

3|c Ici, le mot eetala est souligné dans le texte.

Il prend plaisir à étaler sa vengeance.

Id., ibid., II, p. i38; - Cf. Id., ihid., II, p. i65, 353, 376; - Avert, aux ProteêU, in-â% 1689-1691 ; V, S &, p. a8a ; V, S 94, p. 3A9, etc.

Ne verrai-ie jamais les femmes détrompées

De ces cohfichels, de ces fades poupées, . . .

Qui, Dûsant le gros dos, la mam cums la ceinture.

Viennent, pour tout mérite, étaler leur figure? - Rigrard, Joueur, 1,9.

Etat, situation, condition, tenue.

Où pouvez -vous donc prendre dequoi entretenir Yétat que vous portez? - VAv.f 1, 4.

G8o Vous devez bénir Theur de votre destinée, Et, dans le même temps, admirer ma bonté, Qui de ce vil état de pauvre villageoise Vous fait monter au rang d'honorable bourgeoise.

Ec, des Fem.y 111, 3.

689 Vous devez toujours, dis-je, avoir devant les yeux Le peu que vous étiez sans ce nœud glorieux. Afin que cet objet d'autant mieux vous instruise A mériter Yitat où je vous aurai mise. - Ibid., ibid.

39 Et cet état me blesse ,

Que vous alliez vestue ainsi qu une princesse. ~ Tort. , 1 , 1 .

11 est des itaU ... où il n'est pas honnête de vouloir tout ce qu'on peut faire. - Am. magnif.^ IV, 4.

a 45 ... Les gens de petit état, - Lobkt, Muze kUtor,, 18 décembre 1660.

Il n^y a rien de plus condamnable que ceUe ambition d^augmenter son niât en 8e mariant. - FuBRiàii, Rom, bourg,, p. 198 {bibl, dzét.).

Elle portoit cependant un êitai de fille de condition. - Id., p. Sa.

Peux-tu m'enlrctenir VéUU de demoiselle? - Ta. Gobn. , Amour à la mode, V, 10.

67 Qui, changeant sur ce plat et èiàat et de nom. . . - Dbspb., &U. lU.

lia ViendreB régler les droits et Vétat d'Apollon. - Ij>. , Sol. IX.

63 Mais, dès c« jour, Adam déchu de son état, . . - Id., ÈpU, 111.

Sur ce fondement de la charité, il (Jésus-Christ) perfectionne tous les ettatM do la vie humaine. Cest par là que le mariage est réduit i sa forme primitive ; une si sainte société n*a plus de fin que celle de la vie , et les enfans ne voyeiil plus chasser leur mère pour mettre à la place une marastre.

BossoBT, HUt, ttfur., in-â% 1681, p. a84; - Cf. Id., ilnd,, p. 16, fi53-25&, A18, à33; - HÎMt, de$ Var,, a in-/^% 1688; 11, p. iâ5, etc.

Les Rois François (II) et Henri (II), dit-il (Théod. de Bèie), n'avoieni jamais voulu attenter à la personne des gens à^ettat, c'est -i-dire des gens de qualité.

Id., Hitt. det Var., a in-û% 1688; II, p. io3; - Cf. Avert. atut Protett., iB'h% 1689-1691; V, S a a, p. 335.

Aux homme d'un certain état, comme vous sçavez, toutes les voies de fortune ne sont pas libres. - De Vbbdibb, Le Flatteur, 1696, II, a.

Je sais i quels devoirs ïétat de femme sage. . . - Rbgnabd, Ménechmes, III, 8.

Nous nous verrions, je crois, tous deux sans vous connoltre.

— J'ai bien changé cCétat, et, lorsqu'il s'en alla,

Je n'étois qu'un enfant , haute comme cela. - Id. , Démocr, , II , i .

Oui da, Vétat de veuve est une douce chose. - Id., Le Bal, se. h.

Etat (En) de. . .

1867 H se voit en état de servir votre amour. - D, Gare,, V, fi.

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