‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 259 sur 596 · ÊTRE DE · texte numérisé non relu

ÊTRE DE

1985 Sans te piquer d*hoimeur, crois qu*t/ n'etî gue de prendre.

Et que tenir vaut mieux mille fois que d^attendre. ~ Cour. , MênU, lY, 6.

63 L*édat d*mi tel affront l'ayant trop décriée,

U n'eit, k mon avis, que d*étre mariée. - Id., Suite du Ment,, I, i.

9^ Être de ... , être que de ... , être à la place de • . .

35 Mais enfin, sifitois de mon fis ^ son ëpoux,

Je vous prierois bien fort de n'entrer point chez nous.

Tari.^ I, 1.

Sifétois que de vous, je lui achèterois, des aujourd'hui, une belle garniture de diamants. — Am, méd., I, i.

Sifétois que de vous, je fuirois les procès. - Fourb. de Scap,, H, 5.

11 39 Je ne souffrirois point, sifétois que de vous,

Que jamais d'Henriette il pût être Tépoux. - Fem. sav, , IV, 9.

Sifitois que de vous, mon fils, je ne la forcerois point à se marier.

Mal. imag.. Il, 6.

Sifitois que des midecins, je me vengerois de son impertinence.

ibid., m, 3.

Voilà un bras que je me ferois couper tout à l'heure , sifitois que de vous. - Ibid., m, 10.

^ Dans cette même scène, Molière emploie un autre tour : trYous avez là aussi un oôl droit que je me ferois crever, zxj'éUnt en votre place,''»

Sij'étoie quê de voue, je chasserois bien cette chalandise-là.

SoaiL, Francion, liv. V, p. 37$.

1019 Sij'étoie que de voue, je voudrois hasarder. - Corn., Suite du Ment., III, 3.

Dans Tédition de 1660, Corneille a modifié ce vers, et dit :

En ces occasions, il est bon hasarder.

Sij'étoie que de voue, et si j*eusse une nièce,

Je saurois m*en défaire aussitôt. - Th. Corn., Baron é^Albikrac, IV, 7.

Sij'étoie de voue, je ferois mettre là un paravent; cela est nécessaire dans une salle. - Du Vbrdibr, Le Flatteur, 1696; I, 5.

Sij'étoie de voue autret eomédime, j'airaerois mieux tirer la langue d^un pied que de présenter de pareilles sottises. - Rbgnard, Crit, du Légat, univ,, se. 9.

Si j'étoie que de voui est un pur gallicisme. Peul-élre pourrait-on à la rigueur l'expliquer par sij'étois tel qu'il en e»t de vous. Mais on dil aussi : sij'étoU de vout, et alors rexplicalion tombe d'elle-môme. Bret, Obterv. tur l'Amour médecin, déclare nettement que le q^ est de trop : pourquoi pas aussi \q de? On pourrait dire ainsi : fxti j'étoie touev. Mais Brcl ajoute : «fOn dit ajourd'hui ti j'étoie de vous, et, plus correctemenl , sij'étoie à votre place J Plus correctement paraît un peu risqué; les deux expressions sont également correctes, étant consacrées par Tusage.

«Si j'étais qw de vmu, je ferois telle chose. — H faut, Monsieur, a dit M. le président Hose, que je vous fasse à ce propos une petite historiette. Au voyage de la paix des Pyrénées, vu jour le maréchal de Glérambault, le duc de Gréquy et M. de Lyonne causoient, moi

5 résent, dans la chambre du cardinal Mazarin. Le duc de Gréquy, en parlant au maréchal e Clérambault, lui dit dans la chaleur de la conversation : tr Monsieur le Maréchal, «t ftfélmâ que de vaut, je m^irois pendre tout à Theure. — Hél bien, répliqua le Maréchal, tttoffez que de moi». Le petit conte fut applaudi, et puis on décida que, dans le discours familier, on peut dire tij'étoii que de vous, Quelqu^un dit qu*il aimeroit encore mieux «t j'étoiê de voue. Un autre ajouta que cette phrase étoit dW familier très et trop familier.» - Journal de VAcad, franc,, par M. Tabbé de Ghoist, dans les Opueculeê tur la long, franc, par dioere Académiciens, i voL in-ia, Paris, 175&, p. 956-967.

1 0® Être : il n'est pas que ... ne. . .

3^5 Mais peut-être U n'est pas que vous n'ayez bien vu Ce jeune astre d'amour de tant d'attraits pourvu.

Éc. des Fem., I, k.

Il n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire.

UAv.,V, 2.

Il ne sera jamais que, pour la considération de Socrate, on ne fasse mention de Sophronicus. - Malh., II, 8a.

R n'est pas que M. le Maistre n'ait fait des préfaces. ~ Ràg. , IV, p. 335 : Imagm,

11*^ Etre, emploi inutile.

5oi Ce sont les noms des mots, et l'on doit regarder En quoi c'est qu'il les faut faire ensemble accorder.

Fem. sav.y II, 6.

^ Il suffisait de dire : en quoi il les faut.

12° Être, auxiliaire y supprimé devant un second verhe.

36 & Nous ne nous sommes vus depuis quatre ans ensemble. — Ni, qui plus est, écrit l'un à l'autre, me semble.

Ec. des Fem., I, 4.

% G*cst-à-dire : nous ne noiu sommes écrit. Uellipse est à noter, d^autant plus que nous, devant vus, est complément direct, et, devant écrit, complément indirect.

i3° Être, remplaçant avoir devant pouvoir ou vouloir considérés comme auxiliaires d'un verbe (s*y prendre, rester) qui se conjugue avec être.

967 Et servante et valet, que je viens de trouver.

N'ont jamais, de quelque air que je m'y sois pu prendre , Adouci leur rudesse à me vouloir entendre.

Ec. des Fem., III, 4.

* C'est-à-dire ; que ^aie pu m'y prendre, que je m* y sois pris.

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