‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 289 sur 596 · S0 PAIRE · texte numérisé non relu

S0 PAIRE

1 0^ Faire , verbe vague remplaçant tout autre verbe.

137 Ahl que jai de dépit que la loi n'autorise

A changer de mari comme on fait de chemise I — Sgan. , se. 5

lii(j II pourroit bien, mettant affront dessus affront, Charger de bois mon dos comme il a fait mon front

Ilnd,y se. 17.

608 Je risque plus du mien que tu nefaiê du tien.— Ihid., se. 39.

1 i8o C'est avec d'autres yeux que ne fait la Princesse,

Seigneur, que je verrm le tourment qui vous presse.

Z). Gare., IV, 6.

Il faut que j'éveille les autres, et que je les tourmente comme on m^ ^ fait, — Princ. aÉL^ 1" interm., se. 2.

i85 II l'appelle son frère, et Yaime dans son âme

Cent fois plus qu'il ne fait mère, fils, fille, et femme.

Tart.y I, s.

On vous aune autant en un quart d'heure, qu'on yèrott une autre six mois. - D. Juan^ II, 9.

Le nom du grand Condé est un nom trop glorieux pour le trait comme on fait tous les autres noms. - Amph.y Éplt. dédie.

Un air doucereux. . . les attire, ainsi que le miel^oît les moue

G.Dand., Il, 3.

Je Youdrois pour lui qu'il se connût mieux qu'il ne fait aux choses qi^ * nous lui donnons. - Bourg, gent., I, 1.

Vous devriez Y apprendre, Monsieur, comme vousyâàet la danse.

Ibid,, I, 9.

Mettez cet habit à Monsieur, de la manière que \ous faites aux pe^* sonnes de qualité. — Ibid., II, 5.

Il ne vous auroit pas joik^ le tour qu'il vous a fait.

Fourb. de Scap., II, 1.

* Dans Malherbe, Corneille, Racine, Bossuel, dans tous nos grands écrivains du XTU* siècle, on trouve ainsi ^inre remplaçant lout autre verbe dont on veut ëviter la "r^ pétition. — Voir les lexiques spéciaux.

11° Faire, instruire, préparer, habituer.

Jo me trouve si penfait au style d'Épîlrc dédicatoire, que je ^^ sais pas par 011 sortir de celle-ci. — .4 Madame, en tête de lEc. des F^'^'

993 Ils ont en ce pays dequoi se contenter,

Car les femmes y soni faites à coqueter. - Ec.des Fem.y I, &.

U esiJaU k jouer de pareils personnages.

61LIT Di LA Ti8Soi«)fiiii, DemwUiê, V, 1.

181 Une vieille viendra, qvàjfake au badinage.

Vous saura ménager un secret entrelien. - La Fort., V, p. 663 :Contê$, IV, 8.

Mon cœur n*a point senti, s*étant examiné.

De penchant pour ce fils qu*on m^avoit destiné ;

Mes yeux n^ont pu s'y/otre. - Montplidit, CrUp. ggiUilh,, IV, 6.

Faut-il, rendant mes soins k vos désirs conformes,. . .

Va faim aux entretiens de «es doctes muguets T - 1d. , Dvpê de foy-mMins, 11 , 1.

Je ne saurois m'yfaûrêf et je suis hors de moy. - Baion, Jaloux, IV, 17.

Son dos même, endurci, têfaà aux bastonnades.

Rbohabd, Tombeau de Doïïprôaux.

1 a® Faire X . . . , convenir, servir à . . . 880 Même, si celayôû à votre allégement. . . - Dip. am., III, A.

•k G*e8t-i-dire : si cela nffit, convimU, ou $ert i. . .

Le reste de Thistoire ne fait pas à mon propos.

Li P. Giaissi, Oocir. eut*., 169A, p. 556.

rinsereray icy la préface de Tautheur; eUefait au dessein, et mérite que tu la voyes. - GHAPBLii5, Trad, de Guzm. d'Aljfar,, i63o; III, Adv, au Lecteur,

Si nous disions son véritable nom . . . , elle auroit peut-estre siqet de me hayr, et cela neferoU rien à mon sujet. - Siorais, Nouv, franc,, i656; 3* Nouv., p. 65.

Il (M. Jurieu) tasche de vous faire accroire que les erreurs des Luthériens ne font rien contre vous. Wesfont si bien contre vous, qu^elles vous convainquent de tolérer Taneantissement de la grâce.

BossuBT, Avert. aux Proteet^ in-/i% 1689-1691; II, S 9 à, p. 157.

i A^ Faire pour . . . , plaider pour . . . 3i5 C'est ce qui fait pour vous. — Éc. des Mar,, I, &•

"•* G*est-à-dire : Ce qui plaide pour, . .

Une chose yài( pour Alexandre : c^est qu'il a formé je ne sais combien de capitaines. - La Font., VIIÎ, p. 3a6 : Condor, d'Alex,, de Cétar et de M, le Prince.

1 û® Faire de ... , trancher de . . .

J*ai, . . fait de mon drôle comme un autre. - Princ, iEl,, II, a.

Qu*eust-il dit (François 1") s^ii eurt veu et leu qu'un Francis, un qmfiûei jurisconsulte, un officier du Roy^. . • fust si mesdisant que d'aj^pder son mm3 nrammerien, oui est un outrage à toute sorte de personnes, nommément i Prince? - Li P. Gabassi, Reeh, du Reeh, de AT EêU Poiquier, 169a, p. 87-88*

Un épigramme. . • a coustë souvent la vie à ses autheurs, qui ont voulu ^ dêê galans, et se gausser de leurs maistres.

Id., ibid., p. 89; - Cf. Id., Und,, p. /k83, Sgg, 6è/k, 839, 999.

La Seine enfin ne fut jamais si fiere, Et ne^( tant de la grosse rivière.

ScABBOR, Dem. Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. 197.

Puis vostre soeur, crue tant j^estime, Et moi, mais ce n est pas grand crime. Rions de quelque mauvais mot,. . .

Ou bien de quelque campagnard , Qui veutyÔM-e du goguenara.

Id., ÛBmit., Paris, David, 1700; 1, p. a8i ; - Cf. Virg. bm 1705; I, p. 307, 3i8, 319, 33à; II, 180.

Ce Prince /osl de Tentendu Parce qu'il se sait descendu De cette grégue adtisonnante.

RicHiR, Ovide bouffon y 1669, p. 678; -Cf. Id., ibîd,,p, 666 et 5^

Est-ce que la Rabet/otf de la pudibonde? - Mortplbdbt, Coméd. poète, II,

i5® Faire, représenter; imiter, simuler, contrefaire.

Pour vous, you8 faitei un honnête homme de cour.

In^. de Vers, y se. i.

Je m^érigerai en censeur des actions d'autrui. . . Je ferai le vengei des intérêts du Ciel. - D, Juan y V, 9.

&85 Est-ce par les appas de sa vaste rhingrave

Qu'il a gagné votre âme en faisant votre esclave?

Misanlh.y H, t.

Aussi voyons-nous ceux qui viennent à cet âge vouloir yà«re les jeunes, se r dresser, se parer, se requinquer, se panader. . .

Ghapilain, Trad. de Guzm, d'Al/ar,, i63o; 111, p. 38.

Puis,/atMin< la scandalisée Gomme les filles font toujours.

Elle luy tint ce fier discours.

ScABBOR, Dem, OEuvr.^ Paris, 1700;], p. 3^7.

Et puis il^^ Tevanouy

Ou le fut, Paimable jeune homme. - Id., ibid.; I, p. 969.

Il a cru peut-estrc que cela estoit beau, de pouvoir yîitre Tamant d'une pe sonne de mon rang. - Sbohais, Nouv, franc,, i656; 5' Nouv,, p. 97.

Mathilde, quoy qu'elle aimast toutes les belles choses, ne fiùsoit pas le l esprit. - M"' DE ScuDÉar, Mathildet 1667, p. iâ5.

Un homme qui/eroi( Tamant sans Testre . . . seroit assurément un fourbe.

Id.| ibid, y p. 16a) - Gf. Id., ibid,, p. 399 et 696.

Gy eût, dans cette froide bière, Le fameux comique Molière, Et je ne sais pas 8*il y dort ; Car iuy, qui sceut tout contrefaire, n ne^l jamais mieux le mort.

cpCr. de Mol,, à la suite de DsTisé : Or,Jun. de MoL; Nouv. Coll. moliér., p. 5o-5i.

Gy gist Molière; c*est dommage!

liyàûotf bien son povonnage. - Ibid,, p. 5i.

n est passé, ce Molière,

Du théâtre dans la bière.

Le pauvre homme a fait faux bond.

Et ce renommé bouffon

N*a jamais sceu ai Hea faire

Le Malade imaginaire

Qu'il /otl le mort tout de bon. - Ibid,, p. 5a-53.

Michel-Ange, Lebrun et toute la peinture

Gomme luy n*ont acen faire un mort au naturel. - Ibid, , p. bk,

leferoiê de bon cceur, je crois, Tapothicaire.

MoRTPLBVBT, Domê médecin. H, i.

GhutI Eraste paroit; faiiet bien la mourante. - Id., Und,, II, 3; - Gf. Il, 6.

Si ce n'est un Marquis, il ne le fait pas maL

Id. , hnpr, de THôtel de Condé, se a.

• Parmi nous,

Nous n'avons point de mattre et nous le sommes tous. Jefaii les amoureux, les affiches; j'annonce.

Poisson, Baron de la Craeee, se 5.

Cestoit encore ^pour faire les saints qu'ils (les Manichéens) disoient que le Ghrétien ne devoit jamais affirmer la vérité par serment

BossoBT, Hist. des Var,, a in-à% i688; II, p. 9o5; - Gf. Id. , ibid,; I, Préf. , S ao.

Le Ministre (Jurieu) qui faii l'étonné lors qu'on luy dit que la foy ne varie jamais,. . • ne peut ignorer que ce ne soit la doctrine commune des Gatholiques. Id., Avert, aux Proteet., in-/i% 1689-1691; 1, S 6, p. 7; - Gf. Id., ibid., n, S 11, p. ia3; V, S 6, p. a8a et 3o6; VIS S a, p. Â69, etc.

Gombien te donne-t-on pour jouer le personnage que tu fais f

RsGRAaD, La Sérénade, se. a 3.

16® Faire (Se), être, exister.

Pour son esprit, je vous avertis qu'il est des plus épais qui $b ^^asêent. - Pourc., I, a.

17® Faire une scène, faire la comédie y jouer la comédie.

Voyons un peu une scène d'amant et d'amante. Là-dessus une Comédienne et un Comédien auroient /au une scène ensemble, qui est celle de Camille et de Curiace. - Impr, de Vers. , se. 1 .

SSi FAIRE

Ne voulez-vous point. . . venir voir. . . le ballet et la tmMe ^ Ton fait chez le Roi? - Bourg, gent, III, 5.

UfaUoit qudqaefois de$fét$ê, - M"* di Scud^bt, Mathildê, 1667, p. laS.

18° Faire, dépeindre.

i5i6 Chez vous ie mariage est fâcheux et pénible. . • Mais, lasl il le fait, lui, si rempli de plaisirs Que de se marier il donne des désirs. -- Ée. des Fem,, V, 5.

19*^ Faire un dessein y former un dessein; Jaire des réso^^^ fions y prendre des résolutions.

Je quitterois le dessein que faifaitf — Mar. forcée se. 1.

On me vient rapporter que. • . y ova faites des desseins de me soK^ "* citer. - G. Dand.^ II, 8.

Hélas I sui&-je en pouvoir affaire des résolutions f - VAv,y IV, 1.

Quoil Monsieur, vous avez /au ce dessein burlesque?

MaL imag.y I, 1.

ife Voir ci-dc8su8, p. 66 , De$»em : faire deuem de, , ,

Faire, incorporé avec certains mots : combat, estime, raillbri

REGRETS, SATISFACTION, SECRET, VANITE, etC.

U'] Qui de civilités avec tous/ont combat, — Misanth., I, 1.

La mère et la fille vous font assez connoitre Yestime qu^ellesfont vous. - Am, magnify I, 1.

65 J*adorai donc Philis, et la secrète estime Que ce divin esprit faiiùit de notre rime Me fit devenir poëte aussitôt qu^amoureux. - Corn. , X , p. 77 : fWv. die,

3 Savez-vous si les écoutants En feront une estime à la vôtre pareille? - La Font., UI, p. 16s : Fabl., XI,

969 Que le diable m'emporte

Si je fais raillerie, - Dép, am,, III, 7.

il (Molière) ne doit pas trouver mauvais qu^on défende publiquement les intcresl de Dieu qu^il attaque ouvertement , et qu*un Chrestien tesmoigne de la douleur e voyant le Thealre révolté contre TAutel, la Farce aux prises avec TEvangile, u Comédien qui se joue des Mystères, et qui /au raillerie de ce qu^il y a de plu$ sainct et de plus sacré dans la Religion.

De RocHEMORT (? Barbier d^Accour), Observ, sur le Festin de Pierre, i665; édil. Gay, Genève, 1869, p. h.

ÂQgofte fit mouiir un bouflbn qui «voïi Jait raUkri» de Jupiter, et deffendit aux femmes d'assister à des Comédies plus modestes que celles de Molière.

Di RocBiMONT (T Baibibb d'Adcodb), Obêerv, $ur le Fettin d$ Pierre, i665; édit. Gay, Genève, 1869, p. 19.

Nous voyons une vieille femme mourante, assistée d^une servaiite cjuiyàtitot^ des regrets. — Fourb. de Scap.yly 9.

Allons, mon gendre ^ faites satisfaction à Monsieur. - G, Dani,^ I, 6.

Qu'est-ce que la eatUf action I — C'est réparer. . • le tort que nous avons fait au prochain. - dossuit, Catéeh. de Meaux, 1687, P- 189; - Cf. Id., ibid,, p. 176.

Quelque sujet que j^aie de me plaindre de vous, du secret que vous m^avezfaity je ne veux pas laisser de servir votre amour.

Am.méd.,^^h.

385 Ce style figuré dont on yôît vonàtf

Sort du bon caractère et de la vérité. — Misanth,, I, 9.

1129 Elle a fait vanité de son obéissance. - Fem, sav. , IV, 1 .

485 La solide vertu dont }efai$ vanité

N'admet point de foiblesse avec sa fermeté. - Coin., Hor,, II, 3.

710 Oui, ma juste fureur, et j'enyâtt vanité,

A vengé mes parents sur ma postérité. - Rac, Ath,, II, 7.

* Le verbe ybtr» est employé au temps de Molière dans un grand nombre d'acceptions toutes nouvelles. Le P. Bouhours cite, en 1671 : «Faire les premiers pas;^«rs une déiQarcbe ; ySitre figure; se faire honneur; se faire un mérite; se faire une affaire.» - Ariête ^ Bugènê, a* édit., p. 137-1 38; - Cf. Lavni di Timplbbt, Le Génie, la PoUteeee, l'Esprit ^ lo l)éliâueite de la langue françaiêe , 1706, p. 39.

Cest ainsi qu'on trouve dans Corneille : faire conscience, déférence, dépit, habitude, '"^pris, obéissance, occasion, outrage, scandale, tête, vanité, vertu, etc.; dans Racine : A^ins compte, conscience, épreuve, foi, rage, réponse, vanité, etc.

I^our un grand nombre de locutions analogues, comme faire beeoin, faire du crie, f^^^ éelai, etc. , voir aux mots : bewin, eri, éclat, excuse , justice , parti, profession, querellé, \, scn^pule, service, soupir, vengeance, vœux.

*^A.iRB , locutions diverses :

a. Se faire des efforts.

Ahl Moron, je n'en puis plus! Et je me suis fait des efforts étranges.

Princ,d:Él., IH, 4.

h. Cen est fait ou cest fait de. . .

3o3 Py consens. Oui, sans vous, c^itoitfait de mes jours.

Prtnc. éf^/.,!, 3.

* Voir ci-dessus, p. 199, En faire : c'est fait.

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