‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 297 sur 596 · FANFAN — FANFARE · texte numérisé non relu

FANFAN — FANFARE

FanfAN, enfant.

763 Oui, ma pauvre /aidait, pouponne de mon ftme.

Éc. des Mar.y II, 9.

Lorsque, maîtresse de famille, Vous aurez fait garçon et fille , A Tun vous direi : mon Janfan , L*autre vous dira : ma maman.

ScABjios, Virg. traw., Paris, David, 170$; 1, p. 976; - G£ Id., Und., II, p. 85 et sia.

Son noble père

Luy dit parfois : «Fille tres^ere, Daphné, ma petite /an/Sifi, Daphné que j ayme tant ouanouann.

Dassodct, Ovide en belle humeur, in-à% i65o, p. 99.

Ainsi fit le père et la mère , Suivant le vœu de leur /on/ôn.

RicHBi, Ovide bouffon y 1669, p. kk^-khZ^ - Cf. Id., ibid,, p. 909, 993, 567.

0 fil Gardez-vous bien de luy donner ce drille ; Cest bien morceau pour luy, que vostre belle fille. Que ce petit tendron , cette jeune yôn/ân.

RoBiKiT, Panég. de FÉc, de$ Fem., 166&, 1" entrée.

Elle m^appelle son petit papa, son petit /on/ôn.

La Font., VII, p. à86 : Coupe enehanUe, se. 1-7.

Ce pauvre cœur, qu*il est aimable I . . •

Mon fanfan, je songeois à toi. - Poissok, Le Zig-Zag, se. 9.

La voilà (M"** de Marans) qui entre sans coifie; elle venoit d^étre coupée, mais coupée en vrai /an/on. - Sév., II, p. 179.

Fanfare, bruit, fanfaronnade, rodomontade.

i&98 Voilà ton demi-cent d'ëpingies de Paris,

Que tu me donnas hier avec tant de fanfare. - Dép, âm., IV, &.

Le second, sans cérémonie, print les deux damoîselles sous les bras,.«, les pourmenant avec plusieurs gambades, Jex^aree et chansons, dont il estonnoit tout le pourpris.

N. DO Fail, Coniu et Diêc. d'Euirapel; édit. Jouaust, Paris, 1876; II, p. 171.

Mais il y eut une cruelle dame qui ... dit qu^il n*estoit pas besoin de continuer de tels discours, et que ce n'estoit pas des soumissions simples, comme d^une personne qui avoueroit son crime, mais des fanfares et des rodomontades d'un homme qui se croyoit innocent. - Sorbl, Polyandre, I, p. 996-936.

* Le dictionnaire de Rob. Estienne de iSSq ne donne pas ce mot; il le donne en 16/19, et le traduit par ostentatio, Pasquier, dans ses Recherches, constate, dans son chap. VI du liv. YIII, consacré aux onomatopées, que le mot fanfare répond au son de la trompette. Il est d'accord avec Nicot (1606), qui dit: 9 Fanfare proprement est quand ceux qui veulent jouster se monstrent en la lice avec trompettes et ciavons.»

iU FANFARON — FANFARONNERIE

G^est dans ce sens de air de Iron^tU que remploient Scarron et Brâieof :

Force piqueun Massiliens, Quantité de valets de chiens, De leurs trompes faisoientyàfi/are> Gomme qui diroit tantarare.

ScÂBBOR, Virg. trav., Paris, David, 1706; I, p. 988.

Au premier bruit des chamades,

Fanfaretj tambourinades,

Tout le bourgeois étonné. . •

Saute du lit dans la crotte. - BaiBiup, Lucain traw,, i656, p. tio.

Fanfaron.

388 Ce ne sont point du tout yàw/àroiw de vertu. — TarU^ I, 5.

La Gour. . . nous forgea, il y a quelques années, ybn/âron àefomfan,

M"* DB GoDBNAT, L'Ombre, 1697, p. 5o9.

Cest ua fanfaron de vertu, de doctrine et cféloquence.

Balzac, Lettr, à ùmrart, 98 avril i653.

Il ne s^est point passé d*année que quelqu'un. . . de ces inncsfarfaronê i^amitié ne m'ait manqué de parole. - Scabbon , Dern, Œuvr,, Paris, David, 1700 ; I, p. 83.

Ge sont fanfaront d'amitié;

De vous promettre ils feront rage;

Prenez-les au mot, leur visage

Se change à vous faire pitié. - Id., ibid., Und,, p. 996.

Je ne pense pas que la sottise d'un Fanfaron soit plus insupportable que la modestie affectée du Riche qui se dit Pauvre, du Fort qui se plaint de sa foiblesse, du Noble qui publie l'obscurité de sa naissance , et de l'Éloquent qui fait l'Ignorant en l'art de bien dire. - Gostab, ApoL, in-û*, 1657, p. 70.

Mais changeons de propos et parlons de ton maislre (Tartuiïe). . .

— G'est un homme de bien, /an/aron de vertu,

Et si, pour s'en targuer, il n'en a jamais eu. - Crû, de Tart., 1669, ^* 7-

* Monet, qui, le premier, enregistre ce mot dans son édition de 16 36, nous en donne le sens' propre : ((Homme de guerre se présentant Si\ee fanfare à la vue d'un camp, d'une garnison, pour attraire quelqu'un au combat ou k l'ambuscade.i) - ParalUU.

FANFARONNERIE.

873 Cest fxirefanfaronnerie De vouloir profiter de la poltronnerie

De ceux qu'attaque notre bras. — Amph., I, a.

3f Ge mot parait pour la première fois dans les Rech, itai et franc, de César Oudin (1669). Ni Richelet ni Furetière ne l'ont admis; mais il figure dans le Dictionn, de i'Acad, dès la i'*édit.(i69Û).

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