FATAL — FATALEMENT
Fatal, réglé par le destin; INSTANT FATAL, dernier instant, instant de la mort.
&9 De ce qu'on a chéri, Ia fatale présence
Ne nofus laisse jamais dedans Tindifférence. — Dép. am., I, i.
i5io Et j'aurai des douceurs, dans mon instant fatal.
De ravir cette gloire à l'espoir d'un rival. - D. Gare,, IV, 9.
* Voir Fatalement,
Fatal X . . . , funeste à . . .
1670 Si pour ce changement je pousse des soupirs.
Ils viennent de le yoivfaUd à vos désirs. - D, Gare., V, 4.
121 4 . . • Cet étourdi, qui veut m'èire fatal. - Éc, des Fem,, IV, 7.
9|i Voir Fatalement,
Fatalement, par hasard, à l'heure fixée par la destinée.
Il doit. . . être conànii fatalement chez elle. - Préc, rid,, se. 4.
# Les mois fatal, fatalement, avaient alors leur sens étymologique, ^Itisn, destin, et le dictionnaire de Richelet (1680) est le premier qui lui donne le sens de funeete, malheureux. Cependant, dès 16^7, Vaugelas remarquait que <rce mot, le plus souvent, se prend en mauvaise part?), tout en admettant que «ril ne laisse pas de se prendre quelquefois en bonne part». Patru approuve cette remarque; mais Th. Corneille et fAcadémie sont d^accord pour nier qae fatal on fatalement se soient jamais employés «en bonne parti» , c^cst-à-dire dans le sens d'heureux; ils signifient tr réglé par le destin, par ordre du destin», quand ils ne signifient pas malheureux, malheureutement.
tfFaUd se prend d^orcunaire en mauvaise, quelquefois en bonne part.» -NoiL Fiarçois, La politeue de la lanff. franc., in-i8, Bruxelles, i663, p. 5i.
Il est certain que Malherbe remployait avec 1 idée de deetin, destin favorable , dans les vers suivants :
1 1 Nombre tous les succez où isi fatale main,
Sous Tappui du bon droit aux batailles conduite , De tes peuples mutins la malice a détruite.
Malb., â* Ode tur la prise de Marseille (i6o5).
1 3i 0 bienheureuse intelligence , . . .
Dont h fatale diligence Préside à TEmpire François!
Id. , Sur Vattentat du t g décembre contre Henri JV.
Le sens de funeste parait dominer dans ceux-ci :
aaS Et Soissons,yâta/ aux superbes.
Fera chercher parmi les herbes En quelle place fut Turin. - Id., Ode à la Beine (1600).