‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 351 sur 596 · FLEURETTE · texte numérisé non relu

FLEURETTE

1666. — (rVos fleurs et yos JUuretteê ont esté bien reçues, non pas également. Quoyque ces dernières ne sentent rien, elles vous mettent bien plus que les autres en bonne odeur auprès de moy.n - Mortbbdu, Œuvr,, 1666, p. 3a 9.

1666. — (tD se mit à luy dire plnàeurs fleuretieê ; mais elle sousrioit è toutes, et ne reipondit à pas une.n - FuBETièaB, Rom. bourg,, édit. de la bibl. elzév., p. iSà,

1666. — Aldde de Saint-Maurice publie un volume intitulé Fleuri , fleuretUi $t poiêetêmm; c^est un recueil de nouvelles dont les unes, plus sérieuses, sont l&afiewn, d^autres moins sérieuses, desJleweUeê, etc.

Gratis est mort ; plus d^amonr sans payer : En beaux louis se content \esJUurettê$.

Là FoifT., IV, p. 358 : Contât, II, 9.

Le sot esprit, avide de sornettes.

Ainsi que du nectar, en^outit les flêuretUê,

MoHTTLBUBT, Éc, deê Ftlkt, m, 11.

G*est votre cœur qui donne entrée à la fleurette,

lo., GetuUh. de Beauee, III, 8.

Et quand vous débitez les plus douces fleurettee

Pour mieux peindre les maux qu^à plaisir vous vous faites.

Je n*en murmure point. - Th. Gobn. , Amour à la mode, I, 3.

Et si vous m^en croyez, rendez-lui de bon cœur Fleurette pour fleurette et douceur pour douceur.

Id. , md., V, 9 ; - Gf. Galant doublé, IV, 1 , et V, a ; Geôlier de eoi^méme, IV, h ; Comteeee d^Orguml, III, 3 ; Charmé de la Voix, II, 9.

A moins qu^on ne lui plaise, et plaise tout de bon, Jamais sur la fleurette il ne rè^e son ton.

Id., Baron d'Albikrae, I, 1 ; - Gf. ibid., I, 3, et 1, 5.

Les pieds sur les chenets, étendu sans façons.

Je pousse la fleurette et conte mes raisons. - Rbgrabo, Joueur, U, à.

Pour riûstoire de ce mot, nous noterons ce passage de Somaize, où il représente Hésionide (M"* Hardy) comme «n^ayant de fermeté pour quoy que ce soit que dans Testime qn*die a conceue de Grisante (Ghapelain) et de Valère (Voiture), et pour les façons de parler qu'elle a mises au jour : . . .« Effrayer un cœur à force de flêurettêen, pour dire «surprendre un cœurn. - Somiizb, Diction, dee Prêt,, 1661 ; bibl. elzév., I, p. 11 3.

ff Tablette, lancette,. • . ne passent point pour des diminutifs dans la langue, non plus que fleurette qui a perdu sa signification propre , et qui n'a plus que celle que la galanterie luy a donnée.» - Bouhoubs, Aritte et Eugène, 1671; édit. 1673, p. 69.

M. Ed. Foumier, dans ses notes sur le Louit d*or, d'Isam, remarque oue, chez les Grecs, on disait dans le même sens p&ia etpetv^ parier roses ( Abistopb., Lee Nuéet, ïï, 9 ). H ajoute : trLe Noble a voulu chercher une autre étymologie ; il a cru que conter fleurettes , c'étoit compter à celle qu'on aime une somme d'argent, en cette jolie monnoie du temps de Gharies VI, sur laquelle étoil marquée une fleur, florette. Il s'est trompé. Voir Lettrée de ElT* Dunoyer, 1767, UI, p. aaS.» - Variétée littér., bibl. elzév., X, p. 9^4.

«H s'est trompé», dit Ed. Foumier. Évidemment; cependant l'explication plaisante de Le Noble est expliquée elle-même par La Fontaine, comme on l'a vu, puis par Regnard et Dufrény :

En argent bien comptant je conte \a fleurette, Et ne prends point garde aux frais.

Fotf*0 Saint^Germain , II, 17 : se. 9 de la Parodie de Lucrèce*

388 pleureur — fleurir

Pleureur.

* Voir, ci-dessus, Pleurer, fleurew.

Fleurir.

33 Devant mes yeux, Sei^eur, a passé votre enfance,

Et j'ai de vos vertus vu fleurir Tespérance. - Princ. £El,^ I, i.

4c Doit-on employer, au figuré, /ortr on fleurir, aux divers modes et temps? Voici Yws des maîtres.

9Fhri$$ant,fleurii$atU, Cette remarque est curieuse; car, dans le propre, on le dit d*une façon, et, dans le figuré, d*une autre. Dans le propre, on dit plus souvent /ntrii- $ant, et, dans le figuré, on dit plutôt /orifioiU que fleuriêêant, comme une armkfmy»êonte, tm empire mrieeant. Le verbe ^urtr a aussi de certains temps où Ton employé plustost To oue \eu, dans le figuré, comme, dans Timparfait, on dira «un tel flonumt trsous un tel règne, Téloquence ou Tart militaire ^/ZortMotf en un tel temps». Tay dit «dans le figuré n parce que, dans le propre, on diroit par exemple, trcet arbre jlnintioil tous les ans deux fois?), et non pas^/Imitott.n - Viugilas, édit. Ghassang, II, 9o3.

Sur cette Remarque de Vaugelas, Patru présente les observations suivantes : «Galvio, en son Instit, liv. IV, ch. xii, n"* a6 : «rUancienne Eglise a plus /fort en saincteté». On parioit ainsi; mais, présentement, il faut dire fleuri, et généralement partout dans le verbe, il est mieux par eu que par o : «Un tel florUeoit sous un tel règne est Inen dit; mais, à mon avis,^/l9ttrtf«ott seroit encore mieux dit, et TAuteur lui-même (Vaugelas), en sa k Remarque «rque, dans les doutes de la langue, il vaut mieux consulter les femmes*, sur la fin, dit : «Les auteurs qmfleurUioient de son temps» ; tellement qu^il n*y a que Tadjectif [verbal] au figuré dont on puisse, à mon avis, se servir avec Yo : «r Armée jfofi»eanten ; mais notre auteur a raison de dire qu'au figuré on dit plutôt florietant que fwr riêiont, car il se pourroit trouver des endroits oh fleurissant , au figuré, seroit très bien dit.j) - Id., ibid,

Tb. Corneille insiste : trQuoyque, dans le figuré, on dise fort bien : Un tel ^/lonsMiii sous tel règne, on ne peut dire ^^onmn( au présent, ni florir à Tinfinitif : Les beaux-arts fleurissent et non ^aa florissent ; ce prince qui fit fleurir les beaux-arts et non pas florir. Il en est de même du futur : Les beaux-arts fleuriront toujours dans les Etats qui seroot bien gouvernez, et non pas floriront.'n - Id., ibid,

L*Académie, dans ses Observations sur les Remarques de Vaugelas, adopte sans commentaire son opinion.

Le P. Bouhours semble partager Tavis de Patru ; car, après avoir reproduit le passa^ de Vaugelas, il ajoute : (r Cependant de fameux auteurs disent d'ordinaire ^/ZstirtMoni an lieu de florissant et fleurissoit au Heu de florissoit. En voicy des exemples, v — Suivent deux exemples tirés de VHistoire des Juifs et de la Vie de saint Barthélémy des Mariyn. — «Qui faut-il croire, reprend-il, de ces auteurs ou de M. de Vaugelas ?n - Doutes sur la lang, franc,, 1676, p. 37-88.

«Dans le propre. Ton dit arbre fleurissant ; dans le figuré, Ton dit une arm/ée florissante,* ~ Le P. NoBL François, La Politesse de la lang, franc,, in-18, 3* édit, Bruxelles, i663, p. 53.

1117 Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire

Les ennemis de Dieu pompeux et florissants, - Corn., PoL, IV, a.

1 Un Vieillard sur son Ane aperçut, en passant.

Un pré plein d'herbe et fleurissant, - Là Font., II, p. aS : Fabl,, VI, 8.

FLOUET 889

180 L'enchanteresse Nérie

FleuriuoU ion - La Fort., V, p. 1 15 : Conies, III, à,

19 La France excelle aux arts, ils yjleuriêimt tons.

Id., IX, p. SOI : Eptt, à VEvéquê de Soisiotu,

65 Autant que liarsjlorisioit,

Amour alors languissoit. - Id., VIII, p. 887 : Odê pour Madame.

76 Pour lui seul die a quitta Le Portugais indompté,. . • Et de nos Alpes chenues Le Monarque jlmMont. - Id., ibid,, ibid.

78 0 Ciel, ô saintes destinées,

Qui prenez soin de ses jownjleuriêêanê !

Rac, IV, p. 89 : Idylle tur la Paix (édit. 1689).

875 • • . Un Roi qui naguère, avec quelque apparence, . . •

Fondoit sur trente États son tràne florùeant. - Rac, Mithr,, 111, 1.

4c Boasuet emploie, au figuré, /mirir^ dans tous ses temps, mais écniflori$aant au participe présent.

En ce temps, Homère ^/leurtt, et Hériodeyinintiott trente ans avant luy.

BossuBT, HiêU univ., in-A**, 1681, p. a6 ; - Cf. Id., ibid., p. Â79, 53 1.

Les Royaumes d*Orîent, oh fleuriuùient les plus anciennes Monarchies de l'Univers, avoient la môme constitution.

Id., Avert, aux Protest., ïn-h% 1689-1691 ; V, S Â5, p. Âo6.

Cest ce oui leur a donné (aux Romains) TEmpire le plus floriuant et le mieux établi ausai nien que le plus étendu qui fut jamais.

Id., Hiêt. unh,, p. 53i ; - Cf. t^., p. 533.

FloUET, fluet.

Voilà de mes damoiseaux JlouetSy qui n ont non plus de vigueur que des poules. - VAv.y I, 4.

^ Le plus ancien lexique où nous trouvions ce mot est le Diction, det Rimes de 16/18. En i65o, Gotgrave le donne comme appartenant au patois normand, et le traduit par mee, deUeate^ En i655, Borei traduit JZotip ^t Jlouet, et fait remarquer que Jloup se trouve dans Villon {Testament). La Fontaine é^ijlouet comme Molière :

Damoiselle Bellette, au corps long eifiouet.

La Fout., I, p. a5i : FahU, III, 17.

Richelet (1680 et 1719), Furelière(i69o), l'Académie (160/1-1718), Jouberl (1795), les Jésuites de Trévoux (i73q) donnent ioMsflouet. — Cependant on Ht dans Guy Patin, lettre du 8 décembre (édit. 1716) : cr La petite Madame. . . est morte ce matin. Elle étoit fiuette et délicate.?)

Mais, hélas I elle est i^mi Jlouette

Qu'elle est bien souvent en malaise. - Jodelli, L'Eugène, 1, 3.

Je ne pense pas que vous aimassiez mieux un homme de bien . . • fort et nerveux, que grêle eifiouet. - Malh., II, p. 5 16.

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