FONDS OU FOND
confondre, et (nie les Latins appellent diversement, car /mi sans a se dit en latin kte Jundum, ei/ondê avec une i, hiefundta. Fond sans t est la partie la plus basse de ce qui contient ou qui peut contenir cruelque chose, comme le fond du Unmmu, 1$ fimd in vmr$, Ufmd de la mêr, le fond a un puiu. . . — Fondi avec s est proprement la terre qui produit les firuits propres à la nourriture de Thomme ou des animaux ; mab cette signification s^étend figurëment à tout ce qui rapporte du profit, et à beaucoup d^autres choses encore qu*il n est pas à propos de dire icy . . . On dira : il a vingt mille livres de rente ea fonds de terre, avec une $, et non pas en fond de terre sans t. £t de même dans le figuré : il n*y a point à^ fondi y il faut faire un fondi, etc.; il faut dire fond» et non pas fona, car ce/ondt-là vient defundui, et non pas de^undum, le françois ayant conservé i«, an propre et au figuré, du mot de funduê, et ne Tayant pas receue en cduy qui vient de fmdum, comme il n*y en a point en latin.)) - Édit. Ghassang, II, p. 35.
Ménage combat Tavis de Vaugelas : «r Cette observation, dit-il, qn*on a tant vantée est absolument fausse.)) Il affirme ensuite que les Latins ont dit/imaics dans les deox sens notés par Vaugelas ; il ajoute que les mots françois ne sont pas dérivés du nominatif des mots latins, mais de Tablatif ; tron peut donc fort bien dire, contre Topinion de M. de Vaugelas, un /ond de terre, un fond tenu en firanc-aileu. Je dis plus : on ne diroit pas bien : un fondi de terre, unyôndf tenu en franc-alleu. Et quand on dit : il a vingt mifle livres de rente en fondi de terre, . . . c*est parce que /bndi en cet endroit est plurid. • . Je demeure pourtant d'accord cp'on peut dire et qu'on dit d'ordinaire : il faut faire un fondi; mais je soutiens ausrâ que ce ne seroit pas mal dit : il faut faire un fond, . • Quoi qu'il en soit, Ronconnet et Nicot ont refiarqué dans leur Dictionnaire qu'on disoit indifféremment fond et fondi pour le bas et l'intérieur d'une chose. . • » - Obarv., I, 1679, p. i5o-i5s.
Dans son Commentaire iur Vaugelas, Th. Corneille résume l'observation de Ménage ^ conclut ainsi : «rJe suis persuadé de tout ce que dit M. Ménage, et cela me fait écrire fond et non ipasfondi.it - Voir Vaugelas, édit Chassang, II, p. 36.
L'Académie françoise, qui a donné aussi un commentaire sur les Remaraum de Faagelai, partage l'avis de celui-ci, contrairement à l'opinion de Ménage et de Th. Comeâle. - Voir Vaugelas, édit. Chassang^ II, p. 36-37.
Malgré l'autorité de Vaugelas et de l'Académie, la différence d'orthographe consacranl la différence de sens entre fond et fondi fut généralement méconnue même encore i la fin du XVII* siècle; nous nous bornerons à citer deux auteurs, Racine et Rossuet.
Racine, dans Andromaque, etc., a écrii fond, selon la règle : i5/i6 Ne devois-tu pas lire au fond de ma pensée? - Androm,, V, 3;
mais, dans l'autographe d'une lettre écrite le s ou le 3 juin 1661 à l'abbé Le Vasseur, on lit :
Quoi qu'il en soit, je vous excuse dans le/onds. - VI, p. 399.
Avec Rossuet, en lisant les ouvrages imprimés sous ses yeux, on est complètement dérouté sur l'orthographe des deux mots; le plus souvent, il met fonde pour fond et fond pour fondi; mais on trouve quelques exceptions.
1° Fonds pour/onrf»
Sous Sedecias,. . » la ville (de Jérusalem) fut renversée de fondi en combk. Hiit. univt, in-6^ 1681, p. 38. -Pour l'expression de /onda en comble, Cf.tW.i p. 89, 86« 3i8, 335( - Hitt, dee Var,, s in-À% 168B; I, p. 39&, 371.
FORCE Sdd
Toat change dans les hérésies, et quand on les pénètre à fond», on les trouva dans leur suite différentes en beaucoup de points de ce cp'elles ont esté dans leur naissance.
Eût, dn Yar.y I, Préf., S 3 ; - Cf., pour h fond» y au fond», dan» le fond», ibid,, Préf., S 1, 98; I, p. 3i8, 875; il, p. 96, 97, aao, 693, 619, 5/io, 5/19.
3® Fondsy dans le sens actuel.
Le miraculeux et le divin est tellement h fond» de ces Livres, qu^il se retrouvoit encore, malgré qu*on en eût - HUt. univ,, p. ho']; - Cf. t^.^ p. 980-981, 375.
n (Calvin) prit cpelque chose de Bucer, et de cet accord (avec Yitenberg) qu*il ajusta à sa mode, il tâcha de faire un système tout particulier. Pour en entendre le fond», il faut remettre en peu de paroles le fond» de la question.
HUt. de» Far.,I,p. i9-i3, 3i7-3i8, 3i8;-ilwrf. atu;/Votet^«in-&*, 1689- 1691; V, S 9, p. 990.
3** Fond y dans le sens actuel; à fond.
Qui veut entendre à fond les choses humaines, doit les reprendre de. • . haut.
Èi»t, uni»., p. 638.
U^ Fond pour/ofkfo.
Que nous fsdloit-il davantage que ce fond inaltérable des Livres sacrez?
HUt. univ., p. &19; - Cf. ibid., p. 355, &81-/189, 5oo.
l^fond de TEglise, c'est les vrais Fidèles.
Confér. avec M. Claude, in-i9, 1689, p. 699.
Les Suisses Zuii^iens furent appaisez par Texplication du Synode de Nismes : mais le fond de la division subsistoit toujours.
HUt. de» Var., II, p. 887; - Cf. ilnd., I, p. 169, 935-936, 981; -ilo0r(. atix/Vot.,I,Si7,p. 3i; I, S 99, p. 65; I, S 60, p. 81, etc.
Force.
Le voilà surpris avec elle par ses parents, qui, Xh force à la main, le contraignent de l'épouser. - Fourb. de Scap.^ I, i.
* C^est-à-dire : «Une arme?) à la main.
Force : faire force X. . ., faire violence à. . ., résister à. . .
iB&i Je veux bien néanmoins, pour te plaire une fois,
Faire farce à TAmour qui m^impose des lois. - UÉt. , IV, i.
Il vouloit /aM*6/orce à Tamour, mais les armes ont forcé m force.
Fr. Des-Rubs, Le» Marguer. franc. , in-18, 1609, p. 9ii.
Considérez quelle force cette Princesse se fit h soy-mesme , avant que de pouvoir consentir à cette aliaace.
D'Uapi, VAetrée, 161/i ; II, p. 775; - Cf. Id., ittif./ U, p. 3o, 5iii, 673, 876»
1697 Faite» un peu de force à votre impatience. - Cobh., Pompée, Y, 6.