INTRIGUE
Cependant, dès 1637, M"* de Gournay cite le mot intrépide comme employé par Beriaot et le cardinal du Perron :
«Davantage, dit-elle, nos deux poètes font retentir dans leurs escrits : aangUmmmt iwere, vaillamment furieux, trittement doux. . . L*on void dWtre part en leurs registres... ne pour ny,. , . blondeur en échange de blondette, $auvement pour ealut, intr^^ pour auuré, paroy pour mure.y» - L'Ombre, 1627, p. 96Û.
Balxac, écrivant à M. de la Roche-Hély, le i5 novembre 16Â0, nous donne presque h date de naissance du mot itUrépide :
ff Monsieur, j*ay veu le cavalier que vous appelez intrépide. . . Mais avei-vous pris attache des grammairiens pour passer intrépide en nostre langue?. . . D est vray que le bonhomme Malherbe s'est servy avant vous de cettui-cy : mais parce que ce n^est pas le R. P. Coëffeteau, il ne vous sera jamais alloué par M. de. . ., qui croit que, comme il n*j a point de salut hors de TËglise Romaine, il n y a point aussi de François hors de FAEitoire romaine, Quoy quli en soit, intrépide me plaist fort, et si j*ay du crédit, je remployeray volontiers pour faciliter sa réception. Cependant, jusqu^à ce que ie peuple Tait approuvé, et que nous y ayons accoustumé les oreilles, pour ne choquer personne, ditoas que notre amy est incapable de peur. 7» - Lettr, choitiet, Elzév., p. 371.
Intrigue.
Frosine, femme d'intrigue. — UAv.y Liste des personnages.
* Les dictionnaires de Rob. Estienne (i539, ^^^9)^^^ Nicot (1573, 1606, i6t8, 1695), les Epith. du sieur de la Porte (1571), le Diction, det Rûneê d*Odet de k Noôe (1596), le IHction, Jranç.-etpag. de J. Pallet (160/i), le Trésor dee troiê long, ital., eepagm, et franc, de Hier. Victor (1607, 1609, 161/i, 1618, 1637), le Diction, dee deux lèaf. franc, et eepagn. de Ces. Oudin (1607), le Diction, franç,-flam, de Mellema (161&), le Parallèle dee deux lang, franc, et lat. de Monet (iGao, i636), le Diction, franç.-itd. (t63/i), le Diction, fr€aiç,'flam, de Wœsbergue (i636) ne donnent pas le mot intrigue.
Dès 1539, Rob. Est^nnc donne TadverlMi intriquéement, qu'il traduit par implicilé, et tous les dictionnaires que nous venons de citer le donnent aussi , plusieuors en y joignant intriquer et intrication.
Dans le Tréeor des trois lang, ital,, espagn, et franc, do Hier. Victor (1606), on troufe le verbe intriquer, traduit en italien par intricare, inviliippare , et on espagnol par enmê" ranar, etc. — Par etnmaranar, embrouiller, nous approchons de intriguer, dains le sou moderne.
En 161 1, i633, 1600, Cotgrave donne intrique, qu'il traduit par an intricaeie, Uke^ rinth, maze, pestennent, incombrance, perplexitie, difficulty. Nous approchons encore.
Enfin, en i6/j9. Ces. Oudin le premier, dans ses Eech, ital. et franc., donne intriget, intrico; intrico, inlrigue; intricoso, plein d'intrigues.
En lôao, Ménage, dans ses Orig. de la lang. franc, , nous rejette en arrière : tf Intrique: Tripault dit que ce mot s(^ dit propromonl des poulets, qui ont les pieds empcstrez pamiT les cheveux, et qu'il vient de év et de Opl^, Les Italiens disent intrico et intrieare.rt
En 1C60, le Diction. fraîiç. -espagn. de Ces. Oudin, revu et augmenté par Jean Monmarte, donne intrigua, qu'il traduit par entricamiento , intrico; puis intriguer, et au« intriquer. La ni^nie année, dans son Diction, franç.-ital, , Natlianiel Duei rejwt)duit les mêmes mots intrigue, intriguer, intriquer.