‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 552 sur 596 · JOUE — JOUER UNE CHOSE · texte numérisé non relu

JOUE — JOUER UNE CHOSE

sommes êUstanUi formarum tpectaUres ... — Enfin un way mérite. Le P. Bouhours ne sauroit se défaire de ses façons de parler précieuses. . . Ces façons de parler aflfétées, qui ne siéent pas mal aux femmes, ne sont pas séantes à une personne de sa condition.

«rajoute aux Remarqué» du P. Bouhours, touchant ic mot de joli, que ce mot >*ienl de jocue y joculu9 , joculiiu» ; joli t c*est à dire paré de joyaux.»

MInaob, Obeerv., 1676; II, p. aog et 916-918.

Pourquoi, dirons-nous à notre tour, jWt ne viendrail-ii pas de jocu», si, comme le veut Mâiage, chez vient de apud, capud, chapud, chap, chezf — laquai» de verna, vernula, vernulacu», vemulacaiu», lacaiu»? — Avec ce système, on va loin.

Andry de Boisregard, qui a voulu aussi dire son mot sur la question, est d*accord avec le P. Bouhours pour reconnaître que ftjoli ne se dit que des petites choses. . . Qui diroit que Ciceron étoit unjoly esprit, que Corneille (aMoii jolyment des vers, se feroit siffler, et il faudroit le mettre avec ce provincial qui, ayant râté à Versailles, disoit qu^il Tavoit trouvé jo/y.»

Andbt db Boisbbgabd, Ri/L »ur VuMOgefré», de la long, franc,, 9* édit., 1699 , p. 97a.

Joue : GODCHER en joue, viser, avoir en vue.

* Voir t. I, p. /igg, Coucher enjoué.

Jouer une chose, une personne, cest-àrdire se jouer d une chose, d'une personne.

Jusques ici vous avez joué mes accusations. - G. Dand.j III, 6.

Quand de la façon Ton me loue.

Je sens fort bien que Ton me joue; Mais me jouer beaucoup ou peu , Comte, c*est jouer petit jeu, Et qui ne vaut pas la chanddle.

ScABBOH, Œumr,, Paris, M. David, I, p. i33.

Cet Oronte me fourbe, il me joue, il me brave.

Th. CoBif., Amour à la mode, V, 9; - Cf. Id., ibid,, IV, 7.

Voilà ce qui compose la pièce de Molière (D, Juan), Le Maistre et le YtAel jouent la Divinité oifféremment : le Maistre attaque avec audace, et le Valet deffcild avec foiblesse ; le Maistre se moque du Ciel , et le Valet se rit du foudre qui le rend redoutable.

Db Rochbmont (t Babbibb d^Aucoub), Obeerv, »ur le Feetin de Pierre, i665; Genève, Gay, 1869, p. i5.

Un Marquis, après avoir embrassé Molière et Tavoir appelé cent fois Tinimitable, se tournant vers Tun de ses amis, luy dit qu'il n'avoit jamais veu un plus mauvais bouffon, ny une farce (D. Juan) plus pitoyable : et je connus par là que le Marquis jouoit quelquefois Molière, de mesme que Molière raille quelquefois les marquis. - Id., ibid, p. 18.

35 Eh bien! me plainft-je à tort?Mejoiie«-(tt pas, Amour?

La Font., VIII, p. 36o : ÉUg, II.

937 Ainsi vous m'accusez, quand tout Paris \ejoue, - Dbspb., Sot, IX.

Ah I traître, c'est donc ainsi que tu me joue»! - Rbohabd, Hom, à b,fort,, I, 4.

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