‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 573 sur 596 · U LARRON · texte numérisé non relu

U LARRON

Les petites Dames de Paris croyoient mesme que l*on se mocqnoit d'elles, si elles n*avoient qu^un laquais pour porter leur quarreau et leur queue tout ensemble:. . . il en faloit avoir deux au moins pour cet office, et y en adjouster un pour porter le sac où Ton met les livres à prier Dieu; et, quant à Glastrimargue ^ sa condition voulant aussi qu^il se fit porter sa queue, il luy faloit encore d'autres laquai» pour sa suite. - Sorbl, Polyandre, 16/18; II, p. 563.

Si vous pouviez concevoir, Madame, combien ce mot de laquais est rude pour des oreilles précieuses, nos héroïnes vous feroient pitié. Elles firent un grand or, et, regardans cette petite créature avec mépris: (rMal aprise, lui dirent-elles, ne savez-vous pas que cet officier se nomme un nécessaire.)) La réprimande faite, le nécessaire entra.

M'^* Dbsjardins, Récit de la farce de$ Pr&^ietues, Nouv. Coll. moliér., p. 3o, 3i.

Le laquais. . . estoit. . . assez malicieux pour mériter d'estre page, s'il eust esté noble , supposé qu'on cherche tousjours la noblesse dans ces Messieurs.

PuBBTiàaB, Rom, bourg., p. a5&.

160 Je Tai connu laquais, avant qu'il fût commis. - Despb., Sat» IX.

11 ne m'en a jamais tant coûté pour voir une mauvaise comédie : une moitié de mon justaucorps fut emportée par la fouie, et j'eus de la peine à sauver l'autre an milieu d'un flot do laquais qui m'inondèrent de cire en sortant , et brûlèrent tout un côté de ma perruque. - Regiiard, Crit. du Légat, univ., se. 6.

J'ai vu un papier rouge ; j'ai demandé à mon laquais , qui lit ordinairement pour mpi, ce que c'étoit. - Id., Crit. de l'Hom. à b.fort., se. à.

* L'article de Furetière {Diction., 1690) est intéressant et donne le commentaire des exemples cpii précèdent : ^ Laquais, valet roturier qui suit à pied son maître et qui porte ses livrées. On a fait sagement d oster les espées aux laquais. Les pages et les laquais estoient sujets à s'attrouper pour faire violence au peuple. Les femmes se sont mises sur le pied d'avoir de grands laquais , autrefois elles n'en avoient que de petits. 9

Ajoutons que les laquais n'étaient jamais assez petits :

Béguin, couvert de sa calotte,. . .

Dit d'ordinaire entre ses dents ; . . .

Adieu, Madame ma Maistresse, Que je ne suivois qu'à la Messe.

LoBET, Poés. burl., in-A% 1667, p. i56.

Une note de l'auteur nous apprend que ce Béguin, qui suivait à la messe la maréchale de Schomberg (M''' d'Hautefort), était un laquais de quatre ans!

Nous avons rappelé ailleurs la bizarre étymoiogie donnée par Ménage au mol laquai». — Voir ci-dessus, au mot Joli, p. 61 3.

Larron : larron d'honneur.

355 Ah! je devois du raoins lui jeter mon chapeau,. . .

Faire au larron d^honneur crier le voisinage. — Sgan., se. 16.

607 Guerre, guerre mortelle à ce larron d'honneur! — Ibid., se. 5i.

Quand les petits mercerols qui vendent des lacs nous voyent sortir du Palai>. ils crient à me» la» rond», à me» beaux la» ronds, et faut que nous endurions cela, encores que nous sachions qu'ils parlent à nous.

GiiLL. BoccHET, Seréss, IL p. \hi.

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