‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 584 sur 596 · LESTE · texte numérisé non relu

LESTE

Leste, élégant.

1692 Ta forte passion est d'être brave et leste. - Éc. des Fem., V, i.

Noos jouyion8 des ciseaux qui ne nous tomboient jamais des mains, et, du meilleur manteau du plus leste mignon. . ., je couppois par derrière ou à coslé. . . un lambeau, dequoy faire trois ou quatre paires de semelles.

GHAPSLAiif, Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o; III, p. 171.

Force gentilshommes la courtisoient et luy donnoient la bonnetade, leetee et galands. - lo. , ibid, , III , p. 3 1 5.

n y en avoit mesme qui aimoient mieux manger fort peu de chose et estrc tousjours Uêteê que de faire grande chère et eslre mal vestus.

SoBBL, Polyandre, 16/18; I, p. 878.

Tirsis, tu me verras bien-tost vestu de soye. Et non d'habit grisastre indigne de tes yeax ; Mais j*en seray plus leete, et non pas plus joyeux.

LoBBT, Poét, 6ttW., in-&% 16A7, p. 188.

960 On leur voit des habits si riches,. . .

Qu'on ne peut rien voir de plus leete, - ln.^Muze hietor., & mars 1669.

Un sacrifice Ton fera. • •

Que chacun s'y rende bien leete» - Sgarron, Virg, irav,, 1700; II, p. 7.

Pour tout dire en nn mot, vous régnez à vostre aise

Sur les plus leetee courtisans. - BbIbsup, Poée. dw,, in-A", 1 658 , p. 967.

Habits, meubles, chevaux, un équipage leete Ne se trouveront point ailleurs comme chex moy : Jeune, galant, aoroit, vigoureux; quant au reste. Gentilhomme comme le Roy.

Bbnsserâdb, BaU. de la Raillerie; 19* Entrée : pour le Roy repréterUant un Gentilhomme.

9/16 Point de clinquant, jupe simple et modeste.

Ajustement moins superbe que leete, - La Font., IV, p. 961 : Contée, II, 5.

Pay fait de la dépense, et je me suis fait leete.

MoirTn.BUBT, Gentâh. de Beauce, V, 5; - Cf. Id., Dupe de eoirfnime, 1,3,

et n, 1.

Je vais . . .

M'employer, aussi bien je la trouve trop leete,

A lui faire endosser un habit plus modeste. - Id., ComM. poète, IV, 8.

L'habit est vraiment leete et des plus à la mode. - Regnard, Ménechmeer 1,9.

Un blondin, à leete équipage. - Id., Mar. de la Fol., se. 5.

* (r Pensez-vous que les [Paroles] franceses me manquent? Rien moins; mais les italiennes me semblent estre plus leggiaires, plus leetee, et avoir je ne sçay quel garbe davantage. T) - H. Estibuhb, Deux Dtal. du lang. fr.-ital, , Paris, Lisoux, I, p. âg.

(T II y a un mot italien. . . duquel aujourd'huy se servent fort ceux qui veulent italianiser, sans entendre (comme je pense) son propre et vray usage. Car de Utto ils font leete : lequel mot j'ay ouy appfiquer à des choses avec lesquelles il ne s'accorde point.» - Id., ibid,, I, p. 99.

6i6 LESTRYGON — LETTRE GLOSE

ffLutpoldc estoit avant-hier sur la lice de Rennes;. . . et, voyant une compagnie de l^ens de pied assez bien en ordre, dit que c^estoient de beaux piéUm$ et adTenUuie»; mais il iuy fut tout court respondu que c'estoit une belle /anterîa. . . Il continua, disant n'avoir onc veu plus belles oandet : où il Iuy fut dit que c'estoient e9eadrêB et ngimmt; et, pour avoir equivoquement pris tels mots Tun pour Tautre, sçavoir etciufret et rtâlewumj il fut presque en danger dVstre bien frotté. . . Et en Terreur, lan$peê§ade, rmcastr, gnuuf, poUteisê, traguêt, une armée bien leete,. . . se trouvèrent aussi sur les rangs.*

N. DU Pail, QmUê et Disc d'Euirapel, édit. Jouaost, II, p. aoo-aoï.

En italien, letto avait le sens d*agiie, conservé aujourd'hui dans noire mot leeU, Odet de la Noue, dans son Diction, dee Rime» (1696), cheraie à concilier les deux sens de pofi, élégant et d'agile :

fxLeete, dit-il, mot tiré de Tital., auquel nous n'avons point de correspoadant. Ds dîscat ffun soldat /ette», à qui il ne manque rien ni en sa personne, ni en son équipage, pour s'employer bien en son devoir; et ainsi de toute autre chose qui a comme sa perfeàk» pour estre expeditive en ce à quoy eUe est propre.» - P. 178, a* coi.

Leete ne se trouve pas dans Nicot; mais on le rencontre dans Gotgrave, Moud, Oudin, etc.

LESTRYGON.

33 1 Crocodile trompeur, de qui le cœur fëlon

Est pire qu'un Satrape ou bien qu'un Leitrygan.

Dép» anUj I, 5.

i/i3 Ce n'estoit lion ny lionne,. . .

Gocodrile ny Lettrigon, - Lorbt, Muze histor,, 16 octobre i655.

Encore un coup, qu'il vous souvienne

De vostre origine ancienne ,

Et de vostre ayeul le Dragon,

Plus furieux qu'un Leetrigon, - Richer, Ovide bouffon ^ 166a, p. 3So.

9|e Les Le$trygon», peuple mythologique composé de géants barbares, habitaient, diton, les environs de l'Etna, non loin des Gydopes.

Lettre glose.

371 Le fond de cette intrigue est pour moi kUre close.

Dip. am.y II, t.

As-tu veu jamais de mousquet? A l'abord, tu ne sçais s'il a sa charge ou nao; ce sont lettres closes pour toy.

Chapelain, Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o; liï, p. 18.

Madame, dit-il, telles choses

Ne sont pour vous que leUres closes.

Le P. Car?ibau, La Stimmimachie , i656, p. 99.

Ces matières pour vous sont encor lettrée closes.

Th. Corn., D, Bertr. de Cig., !, !•

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