‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 585 sur 596 · LEURRE 6A · texte numérisé non relu

LEURRE 6A

Gadmos et sa femme Hermiomne . . .

S*a£Qigèrent outre mesure . . .

Car de croire leur fille Ino,

Avec son petit godeno,

Dieux marins par métamorphose ,

G*etoit là pour eux lettre elo$e, - Ricbbb, Ovide bouffon, 1669, p. &70.

5i Les suites des susdites chozes Sont encor pour moy ktireê elozee*

LoBBT, Muze hiitor., 5 juillet i66à.

t¥ Une lettre cloee est tout simplement une lettre fermée. De ce que les lettres de cachet étaient fermées, fermées par un cachet ou sceau, il ne s'ensuit pas, comme on Ta dit, que toute lettre cloee fût une lettre de cachet.

Leurre.

Quand, ébloui de ce leurre y il auroit une fois consenti à ce qui vous touche ) il importeroit peu ensuite qu'il se désabusât. - VAo.^ IV, 1.

Cest un leurre. Monsieur, la chose est toute claire.

Goa5., Suite du Ment,, Il , 7.

Monsieur, c'est une gueuse

Qui gagna ses habits au métier de coureuse,

Et qui, poussant le leurre autant qu'elle pourra.

Se titrera marquise, et vous attrapera. - Th. Gorn., Galant doublé, I, 1.

Adieu, leurrée charmants, TEspoir et la Fortune!

Là Mesnardiàbb, Poéeiee, p. 3/i8 : Le Dhabueé.

1&7 Vous nous contez là des romans;

G'est là votre leurre ordinaire. - Lobbt, Muze hietor,, 17 juin i656.

. • . Gomme un oiseau pris au leurre,

BiGHEB, Ovide bouffon, 1669, p. lâi.

â5 L'exemple est un dangereux leurre.

Là Fort., I, p. 180 : Fabl,, II, 16.

56 Son maître le rappelle (le milan), et crie, et se tourmente. Lui présente le leurre et le poing.

Id., III, p. a53-a5/i : Fabl,, XII, 19.

Pétois indigne de ce leurre.

Et quoyque de pareils gâteaux Ayent plus de poison que de beurre, Ge n'est pas viande à mes oiseaux.

Bbrssbbàdb, Œuvr., 9 in-19, 1697; I, p. 3oo.

Le gouvernement de Xaintonge et d'Angoumois lui servit (à Mazarin) de leurre pour nous abuser. - Là Rocbbf., II, p. ASa.

Non, je n'attendrai plus; pour mieux couvrir mon jeu,

Je me suis adouci devant eux; c'est un leurre, - Poisson, Faux Moseov., se. 8.

* ffUng leurre, dit Rob. Estienne dans son Diction. franç,^lat. de 16/19, est en ^^Ç^^ ^^ deux ailes d'oiseau accouplées enseml^e, pendu à une iesse, et ung esteuf ou crochet de

Stô LEVER LE MASQUE — LEVER ON HABIT

corne aa boatu — Cette expiication est peu dure; nous préféraos celle-ci, du James de Rothschild, dans ses notes sor le Lùn du/mdeom : «Le Ifsrrv était on instrament en osier que Ton recouvrait des aiies de Toisean oa de la peaa dn fièrre qa'on fialait accoutumer Foisean de proie à Yoler (chasser an yoI). On y plaçait la noorritore destinée à Foisean, et il s*y paissait II en résultait qœ frasean connaiasail le Iswrv, et oal revenait à son maître dé( que celui-ci Fappelait en tournant riiBtiTimeiii.9 — Hsrast ii poéêleê franc, de$ xr* et jif gUdet, t. XII, p. 176.

«La fauconnerie. . . nous fournit de beaux termes et de befles façons de paiier, qa ont fort bonne grâce es lieux où nods les accommodons. Et faut bien qœ cest art ait ôté encore plus commun à nos prédécesseurs qu'il nous est, tu qn^il noos oot bisBé on bagage tellement meslé et comme marqueté de ces mots, qne nous en iqiplîqoons aoams â nostre parler ordinaire, sans nous apercevoir de leur origme.

«Qu ainsi soit, entre tant de François qui usent tous les jours de ces mots atiii (sa ut»), hagard, débonnaire, leurrer, bien peu prennent garde i leur premier usage, et 8*apperçoivent qu'ils disent des hommes ce qm se dit pn^rement des oiseaux de profe. . . . Ceux qui ont quelque congnoissance de cette noMe science de ianoiMuierie. • . sçaBront que c'est leurrer un faucon; et pour tant, quand ils orront dire d^un homme qal est leurré, sçauront bien que c'est à dire desniaisé.» - H. Esnama, PtéeeUenee du long, franc,, édit Feugère, p. 198-199; - Cf. Bomiouas, AriiteelEug,, 9* ëdit., 1671, p. loâ.

Lever le masque, locution.

♦ Voir Maeque : lever le nuuque.

Lever un habit, couper, détacher de la pîèce Tétoffe nécessaire pour faire un habit.

L'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu lever un habit pour moi.

Bourg, gent.y II, 5.

II avoit tort d'accuser ledict Sieur Tabarin ; . . . luy-mesme l'avoit Yeu chex on marchand d'auprès Sainct-Innocent lever le$ eitoffet,

Tabarin, Œuvr., bibl. elzév., Il, p. &18 : Proeez. . ., etc.

Je fis lever ce qu'il falloit d'estofie pour faire un beau manteau.

Chapelain, Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o; III, p. 91&.

aok Dans Londre, étant chez un marchand,

Pour lever de l'étoffe fine. . . - Lorit, Muze kietor,, 3 mars i663.

Les interprètes sont chez moi depuis huit jours ,

Qui lèvent des brocards, des satins, des velours. - Poisson, Faux Moecov., se. s.

Je fus hier lever pour bien de l'argent d'étoffes chez Gautier.

Se?., A Af"" de Gr,, 37 mai 1671.

Quand on veut se marier aujourd'hui , on va chez le père et la mère marchander une fille comme une aune de drap : et tel qui croit acheter la pièce toute neuve, trouve souvent qu'on en a levé bien des échantillons.

ReGx'vard et DurRéNT, Baguette de Vuletùn, se. a.

Boni \}i\e écolière, en levant une jupe chez un marchand, ne 2ev«-t-elle pas aussi une veste pour son maître de musique? - Rbonard, DeecenU d'ArUquxn, se s.

UBÉRAUTÉ — LIBERTÉ 649

Libéralité, don libéral, généreux.

Votre complaisance pousse un peu trop avant la Uhiraliii de ses louanges. - Préc. rid., se. g.

^ «Votre complaisance fait que vous nous iouez de la sorte; votre complaisance vous fait pousser ainsi la Ubéralitéde vos louanges. j» - Sohaizb, Gr. Diction, da Prêt,, v* Louer.

La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à donner à propos.

Li Brut., I, p. 207.

Liberté , aisance dans les mouvements ; on disait égaienient disposition.

71g La maigre a de la taille et de la liberté. ~ Mùanth.y II, A.

Combien d'art pour rentrer dans la nature 1 combien de temps, de règles, d'attention et de travail pour danser avec la même liberté et la même grâce que Ton sait marcher 1 - Li Brut., II, p. gk,

t Voir ci-dessus, p. 97, DiepoeiUon.

LlBERTJÊ.

Nos Ubertis auront peine à sortir d'ici les braies nettes.

Préc. rid.f se. 1 1.

Recevez ce baiser. . . qu'il remest en ceste belle main, riche à la vérité des dépouilles de plusieurs autres libertez, mais de nulle plus entière que la sienne.

D'Urfé, UAitrée, 161 4; I, p. 66\

L'Amour â ceste heure m'ordonne que ma plus belle vengeance soit le sacrifice de ma liberté sur le roesme autel qui fume encore de celle de mon frère.

Id., ibidnS I, p. 67'.

17 Un enfant qui n'avoit point d'armes Nous a ravi nos libertét.

Malh., Aux Dames pour les demi-dieux marins,, . 1609.

Orilan est un héros triomphant, chaîné des dépouilles de mille libertez, qui a combattu les rivaux et les jaloux. - Sorbl, Polyandre, 16/18; I, p. 683.

Mais si quelque jeune beauté Entreprend sur ta liberté.

Avec ce compliment gagne sa bienveillance.

Br^seup, Poés, dw., in-&% i658, p. 35o; - Cf. Id., ihid., p. 363, 3o8.

Mais enfin la liberté

Se doit à cette beauté. - Corn., Poés. dlv., X, p. 53.

53 0 que sa brillante jeunesse

De libertez fut larronessel - Lorbt, Muze kistor,, 3i décembre 1669.

# Liberté est ici un équivalent de franchise, — Voir ce mot, ci-dessus, p. âa3.

Page 1