‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 162 sur 625 · ÉGARER (S') DE... — ÉGOSILLER (S · texte numérisé non relu

ÉGARER (S') DE... — ÉGOSILLER (S

un nom singulier : pourquoi le veut-on mettre au pluriel ? Egard suffit pour tous les deux ; c'est un nom indéclinable.» - Sobel, Connaissance de* Livre*, ch. du Nouveau langage françoi$, 1671, p. Aoo.

Furetière , Richelet et l'Académie ont consacré l'emploi du mot au pluriel , dans le sens où Ta pris Molière.

«11 faut dire à *on égard et non pas à ton regard, qui ne se dit plus.»

De Callièbes, Bon et mauvai* usage, i6g3, p. 176.

Égarer (S') de. . .

Je m'étais, par hasard, égaré <£ un frère et de tous ceux de notre suite.

D. Juan 9 III, 3.

Les richesses. . . nous font égarer du chemin de la vertu. - Malh., II, 619.

Le jour venu, la belle trotte,

Et jusqu'au soir pestrit la crotte,

Questant en barbet effaré

Qui de son maistre est égaré. - Riches, Ovide bouffon, 1669, p. 579.

Egayer, amuser.

Mais la Princesse a voulu égayer sa dextérité, et de son dard. . . lui a fait. . . une assez petite blessure. — Am. magnif., V, 1.

7 C'est par cette raison qu'égayant leur esprit,

Nombre de gens fameux en ce genre ont écrit. - La Font,, II, a : Fable*, VI, 1.

Égayer (S'), s'amuser.

Ce Monsieur Flcurant-là et ce Monsieur Purgon bégayent bien sur votre corps. - Mal. imag., I, 2.

1 96 Ne trouverois-je assez d'heures au jour

Pour m' égayer, si j'en avois envie? - La Fort., IV, p. 3 16 : Contes, II, 7.

Mais Constance parolt; touchant mon infidèle, Je me veux un moment égayer avec elle.

Moktflkoby, Femme juge et partie, II, 1.

* Les nouveaux poètes, comme les appelle M11' de Gournay, c'est-à-dire ceux qui, de son temps , ne juraient pas par Ronsard, du Bellay, Desportes, Bertaut et le cardinal du Perron, rejetaient certains mots; égayer était du nombre : lis «rebutent, *auf, car, obteque*, épanouir, et réprouvent encore égayer, allégresse y et plusieurs autres aussi communs et polis : rebut de mots. . • que je suis obligée de coucher icy, bien que je présume qu'il ne soit pas universel en leur troupe, mais particulier seulement aux raffineura des rallineurs». - Si11* de Courrai, L'Ombre, 1627, p. 959.

Page 1