‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 163 sur 625 · ÉGRILLARD · texte numérisé non relu

ÉGRILLARD

Tu m'as fait égosiller, carogne! - Mal. imag., I, 2.

Et comme celuy-là a le droict qui crie plus haut,. . . je m'esgotiUois aussi, et criois si fort que je ne le laissois pas parler.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; I, 360.

Il s' égosille de crier. . .

11 pousse sa voix, il s'enroue.

Scabboii, Virg. trav., Paris, David, 1705; II, p. 166.

11 Nos pèlerins s'égosillèrent. - La Fort., II, p. 697 : Fables, IX, \h.

Voyez le bel oiseau ! — Gomme tu t'égosilles !

Montfleory, Dupe de toi-même, I, 6.

Plus il s'égosiUoit, et moins ils en faisoient. - Id., Ec. des Jaloux, II, 3.

Où diable es-tu donc , il faut que je m'égosille quatre heures.

Rbgrabd, Hom. à b.fort., II, 9.

On ne laisse pas de t' égosiller de rire. - Id., Crit. de l'Hom. à b.fort., se. h.

* Égosiller manque dans Rob. Estienne (i53o,, i5&g) et dans Nicot (1673). — En 1606, Nicot dit : «Esgosiller, act. Est composé de es privatif, et de gosier, et vaut autant que couper la gorge, esgorgeter, jugulare. Et jaçoit qu'il soit de façon fréquentative, si ne signifie il communément itération de tel acte, ains simplement esgorger.T, — C'est dans ce sens que l'emploie Montaigne.

Pour Cotgrave, egoziller, c est couper la gorge ou vomir (1611, i63a , i65o). Tous les dictionnaires de Oudin, de Duez, etc. , jusqu'en 1677, donnent le même sens. En 1677, le (vraiment) Nouveau Diction, franç.-ital. <r imprimé au château de Duillier, en Suisse t» ne donne plus ce sens, mais seulement «s'égosiller, crier de toute 6a force». — Guy Miège, en 1679, n'admet pas le mot; Richelet (1680) dit : «r Crier si haut qu'on se fasse mal au gosier.» — Même sens dans Furetière (1690) ; l'Académie française conserve égosiller dans le sens de égorger, comme vieux, dans ses éditions de 169A, 1718, 17/io, 176a et an vu, en y joignant s'égosiller, dans le sens moderne, qui reste seul dans les éditions de i835 et de 1878.

Égrillard.

Oh 1 oh 1 quels égrillards ! - Sicil. , se. 8. Ho, ho, quelle égrillarde! - Pourc, II, 6.

157 Conduits par certain égrillard, Exempt du guet, nommé Billard.

Lobbt, Mute histor., 99 janvier 1661.

Ma mère

À pris aussi, dit-on, grand plaisir à me faire, El je m'en suis senti. Car certain air gaillard Que j'ai d'elle hérité, me rend tout égrillard.

Tn. CoBif., Baron d'Âlbikrac, II, 9.

Vous êtes animal assez insociable,

Soit dit sans offenser certain air égrillard

Qui, dans vos yeux malins, se loge quelque part.

Mais ils ont beau lancer cette foudre égrillarde,

Quand un coeur est lion, j'ai l'âme léoparde. - Id., Geôlier de soi-même, III, 3.

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