‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 164 sur 625 · ÉGYPTIEN · texte numérisé non relu

ÉGYPTIEN

Ce n'est que ma servante. — Une servante ? Peste !

Qu'elle a l'œil égrillard, la friponne I - Mohtfleubt, Coméd. poète, 11, 5.

Elle a je ne sais quoi d'enjoué , d'égrillard. - Id. , ibid. , III , 9.

Fatiman vient ; je sors. — Peste ! quel égrillard !

Id.% Mari sans femme, II, k\ - Cf. Id., Dame médecin, IV, 8; - Éc. des Jaloux, II, h.

Ah ! cousin , qu'elle a le nez joli ,

Le minois égrillard, le cuir fin et poli ! - Regrard, Le Bal, se. 7.

S'il pouvoit, par bonheur, choir en quelque embuscade,

Et que des égrillards, avec de bons bâtons! . . - Id., Fol. am., I, 1.

Mais quelle est cette égrillarde-

Qui d'un œil curieux me tourne et me regarde? - Id., Démocr., II, 7.

Comment! Un rendez-vous! Que dis-tu? Prends bien garde,

C'est ma sœur. — Votre sœur? Peste, quelle égrillarde! - b., Distrait, IV, à.

* Le mot égrillard, déjà employé par Loret, en 1661, ne se trouve dans aucun dictionnaire avant celui de Richclet (1680), qui le marque d'une croix t, comme burlesque. — Les exemples cités ici en précisent le sens, trop vaguement défini par Richelet, Furetière , l'Académie , le Diction, de Trévoux, etc.

Égyptien.

Là-dessus arrivent deux Egyptiens et quatre Égyptiennes : Deux Égyptiens, le Roi, le Marquis de Villcroy; Egyptiennes, le Marquis de Rassan, les sieurs Raynal, Noblet et La Pierre. — Il prend fantaisie à Sganarelle de se faire dire la bonne aventure, et, rencontrant deux Bohémiennes, il leur demande s'il sera heureux en son mariage.

Mar. forcé, II, 3; 3" entrée.

Quelque temps après, Léandre fit rencontre d'une jeune Égyptienne dont il devint amoureux. - Fourb. de Scap., I, 2.

La destinée a voulu que je me trouvasse parmi une bande de ces personnes qu'on appelle Egyptiens, et qui, rôdant de province en province, se mêlent de dire la bonne fortune, et quelquefois de beaucoup d'autres choses. - Ibid., III, 3.

Ce sont des Égyptiens, vêtus en Mores, qui font des danses mêlées de chansons. - Mal. imag., II, 9.

* Dans la Pastorale comique figure aussi une Egyptienne, c'esl-à-dire , comme dans le Mariage forcé , un de ces personnages de ballet qui étaient déguisés en Égyptiens ou Egyptienne*.

V Egyptien, c'est le Bohémien d'aujourd'hui; Le Roux de Lincy (Livre des Prot.

franc., Paulin, 18a a) rite, dans son premier volume, p. 191, un proverbe dont il ne

cite pas l'origine : «L'Égyptienne dict la bonne aventure à autruy, et ne connoist pas la

sienne. j> — En anglais, le Bohémien, c'est le gyptie, et déjà Cotgrave traduit ce mot par

narquois, narquin, qui a le même sens.

«11 y a longtemps que nous appelons en France Bohèmes et Bohémiens ces coureur» qui se mêlent de dire la bonne aventure ; on les appelle aussi Egyptiens en plusieurs pro-

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