‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 273 sur 625 · ÊTRE DE · texte numérisé non relu

ÊTRE DE

ia85 Sans te pimier d'honneur, crois qu'il n'tit que de prendre,

Et que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre. - Coin., Ment,, IV, 6.

63 L'éclat d'un tel affront l'ayant trop décriée,

// n'est, à mon avis, que d'être mariée. - Id., Suite du Ment,, I, î.

9° Etre de ... , être que de ... , être à la place de . . .

35 Mais enfin, sifétois de mon fils, son époux,

Je vous prierais bien fort de n'entrer point chez nous.

Tort., I, t.

Sifétois que de vous, je lui achèterais, dès aujourd'hui, une belle garniture de diamants. - Am. méd., I, î.

Sifétois que de vous, je fuirais les procès. - Fourb, dé Scap., II, 5.

1 139 Je ne souffrirais point, sifétois que de vous,

Que jamais d'Henriette il pût être l'époux. - Fem. «av. , IV, s.

Sifétois que de vous, mon fils, je ne la forcerais point k se marier.

Mal. imag.y II, 6.

Sifétois que des médecins, je me vengerais de son impertinence.

Ibid., m, 3.

Voilà un bras que je me ferais couper tout à l'heure, sifétois que de vous. - Ibid. y III, 10.

* Dans cette même scène, Molière emploie un autre tour : «Vous avex là aussi on cefl droit que je me ferois crever, sifétois en votre place.*

Sifétois que de vous, je chasserais bien cette chalandise-là.

Sobil, Frandon, liv. V, p. t^S.

1019 Sifétois que de vous, je voudrais hasarder. - Cowi., Suite du Ment., III, 3.

Dans l'édition de 1660, Corneille a modifié ce vers, et dit :

En ces occasions, il est bon hasarder.

Sifétois que de vous, et si j'eusse une nièce,

Je saurais m'en défaire aussitôt. - Th. Coeh. , Baron d'Albikrac, IV, 7.

Sifétois de vous, je ferois mettre là un paravent; cela est nécessaire dans m* salle. - Do Vbrdibr, Le Flatteur, 1696; I, 5.

Sifétois de vous autres comédiens, j'aimerais mieux tirer la langue d'un pied qoe de présenter de pareilles sottises. - Regkard, Crit. du Légat, unie., se a.

Si fétois que de vous est un pur gallicisme. Peut-être pourrait-on à la rigueur Texplûper par sifétois tel qu'il en est de vous. Mais on dit aussi : sifétois de voue, et alors f explication tombe d'elle-même. Bret, Observ. sur l'Amour médecin, déclare nettement que le qwt est de trop : pourquoi pas aussi le de ? On pourrait dire ainsi : « si fétois vous*. Mais Bret ajoute : <rOn dit ajourd'hui sifétois de vous, et, plus correctement, sifétois à votre aiact.» Plus correctement parait un peu risqué ; les deux expressions sont également correctes, étant consacrées par l'usage.

* Si j'étais que de vous, je ferois telle chose. — Il faut, Monsieur, a dit M. le président Rose, que je vous lasse à ce propos une petite historiette. Au voyage de la paix des Pyrénées, un jour le maréchal de Clérambault, le duc de Créquy et M. de Lyonne causoient, moi présent, dans la chambre du cardinal Mazarin. Le duc de Créquy, en parlant au maréchal de Clérambault, lui dit dans la chaleur de la conversation : «Monsieur le Maréchal, si * j'étais que de voue, je m'irois pendre tout à l'heure. — Hé! bien, répliqua le Maréchal, 9 soyez que de moi». Le petit conte fut applaudi, et puis on décida que, dans le discours familier, on peut dire si j'étais que de vous. Quelqu'un dit qu'il aimeroit encore mieux si j'étais de vous. Un autre ajouta que cette phrase étoit d'un familier très et trop familier.» - Journal de VAcad. franc., par M. l'abbé de Cboist, dans les Opuscules sur la long, franc, par divers Académiciens, 1 vol. in-ia, Paris, 1756, p. a56-a57.

1 o° Etre : il n'est pas que ... ne . . .

335 Mais peut-être U n'est pas que vous n'ayez bien vu Ce jeune astre d'amour de tant d'attraits pourvu.

Ec. des Fem., I, k.

// n'est pas que vous ne sachiez quelques nouvelles de cette affaire.

L'Av.,V, 2.

Il ne sera jamais que, pour la considération de Socrate, on ne fasse mention de Sophronicus. - Malh., II, 8a.

Il n'est pas que M. le Maistre n'ait fait des préfaces. - Rac. , IV, p. 335 : Imagùt.

it° Etrb, emploi inutile.

5oi Ce sont les noms des mots, et l'on doit regarder En quoi c'est qu'il les faut faire ensemble accorder.

Fem. sav., II, 6.

* Il suffisait de dire : en quoi il les faut.

12° Être, auxiliaire, supprimé devant un second verbe.

26 & Nous ne nous sommes vus depuis quatre ans ensemble. — Ni, qui plus est, écrit l'un à l'autre, me semble.

Ec. des Fem. y I, h.

* C'est-à-dire : nous ne nous sommes écrit. L'ellipse est à noter, d'autant plus que nous, devant vus, est complément direct, et, devant écrit, complément indirect.

i3° Etre, remplaçant avoir devant pouvoir ou vouloir considérés comme auxiliaires Sun verbe (s'y prendre, rester) qui se conjugue avec être.

967 Et servante et valet, que je viens de trouver,

N'ont jamais, de quelque air que je m'y sois pu prendre , Adouci leur rudesse à me vouloir entendre.

Éc. des Fem., 111, 6.

* C'esl-à-dire : que jV«> pu m'y prendre, que je m'y sois pris.

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