‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 300 sur 625 · FAIBLE — FAILLIR A · texte numérisé non relu

FAIBLE — FAILLIR A

Accablé de paresse et de melancholie,

Je resve dans un lit où je suis fagoté

Gomme un lièvre sans os qui gist dans un pastë.

Saut-Amaut, CEuvr., bibi. elzév. , ï, p. a h 3.

Fagotté plaisamment, comme un vray Simonnet,

Pied chaussé, l'autre nud, main au nez, l'autre en poche,

J'arpente un vieux grenier, portant sur ma caboche

Un coffin de Hollande, en guise de bonnet. - h>., ibid., I, p. 188.

Je suis un Dieu bien fagotté, Le beau Phœbus à tresse blonde.

Dassouct, Ovide en belle humeur, i65o, p. io3.

Eût-elle en vrai magot tout le corps fagoté,

N'importe, sa laideur seroit ma sûreté. - Gapistion, Jaloux désabusé, V, 1.

Je viens de Tannée. — Vous venez de l'armée? Vous voilà plaisamment fagotté, avec votre habit noir. - Reghabd, Fille* err., I, 10.

* Fagoter ne parait pas dans le Dictionnaire de Rob. Estienne(i53g, i5Ag); mats on le trouve dans celui de Nicot, en 1573 : tt Fagoter, c'est mettre et lier par fagots, quasi fascots, fasciculi.» Ce sens propre est le seul cité dans Nicot (1606, 1018). En 1610, Monet donne le sens figuré : « mal fagoté, mal ageancé, incomposUusw , qu'on entrevoit dans Gotgrave (1611, i63fl, i65o), etc.

On employait, au figuré, fagoter dans le sens de «r faire à la diable».

J' ay fagotté, pour cet effet,

Une ode, quoy que telle quelle. - Scamor, Œuvr., 1700; I, p. soi.

Il s* fagotté une gloire. . . - Bbkbiuf, Lucam trav., i656, p. 10.

Vos coups démontent leurs horloges, Et desconcertent les éloges Qu'ils oui fagotiez par Follet, Qui change en absinthe le laict.

Li P. Carreau, La Stinmmaehie , i656, p. 91.

Faible, faiblesse.

* Voir Foible, faiblesse,

FAILLIR, manquer, au propre et au figuré.

602 Le cœur me faut. — Éc. des Fem., II, 2.

Mon père, je sçay que \afaux de ce costé-ià. - Lamjvbt, Les Esprits, IV, s.

Nous ne serons plus guère ici. Je faux de dire tr guère», parce que toute» 1« heures me seront des années. - Malh., IV, p. 179.

Faillir à . . . , manquer à . . .

Il ne manquera pas d'y faillir. - Bourg, getit., III, 3.

* G'cst une de ces phrases proverbiales familières à la bourgeoise Mm* Jourdain. Fure» tière : cr On dit ironiquement : Je ne manquerai pas oVy faillir, pour dire : Je ne ferai rim de ce que voue désirez.*

Page 1