PAIRE
Le frère du bailli vient d'arriver là-bas. . .
C'est le bailli tout /au. - Mohtflbury, Ambigu corn., 3* interm. , se. 10.
Mon oncle est ainsi fait. L'intérêt peut-il (aire
Que vous sacrifiiez une fille si chère? - Rbgrard, Légat. univ., II, 1.
70 Faire, avec un adj.9 rendre.
6i5 Est-il possible? — Oui. — Que vous me ferez aise !
Éc. des Fem., II, 5.
Il vous a lui-même envoyé quérir, pour vous/aire témoins de l'extravagance la plus étrange. — G. Dand., III, 7.
J'aurai soin qu'on soupe de bonne heure, pour ne vous point faon malades. - UAv., II, 5.
Je \ousferay bien plus ébahy, quand je vous diray qu'il fait bon estre à la torture. - Malh., Trad. de Sen.
El tombent avec eux d'une chute commune Tous ceux que leur fortune Faisoit leurs serviteurs. - Id., Paraphr, du Ps. iA5.
5 69 Dorante, arrêtons-nous; le trop de promenade
Me mettrait hors d'haleine, et meferoit malade. - Cois., Ment., II, 5.
1998 Ils me font méprisable alors qu'ils me /ont Reine. - Id., Pompée, IV, 3.
Il le supplioit de \e faire sçavant en cette matière. - Sorkl, Polyandre, 16&8.
Le déplaisir de ne pouvoir faire Mathilde heureuse. . . estoit ce qui désespérait ce triste amant. - Sic bais, Nouv. franc., i656; h* Nouv., p. t35-i36.
Laissons les railleurs rire de la Religion et de la Médecine jusqu'à la dernière maladie. Elle les fera sages, et ils ne manqueront pas alors de courir aux Prostrés aussi bien qu'aux Médecins. - Bizihçon, Le$ Médec. à la censure, 1677, p. 368.
Le bon abbé vous aime jusqu'au point de m'en /aire jalouse. - Set., VII, p. 119.
Eh ! doucement; ne vous fichez pas. . . Vous irei vous/oert malade.
Du Verdies, Flatteur, 1696; IV, 3.
Qui vous fait si téméraire, mon ami, d'usurper ma juridiction?
Richard, Chmoû, IV, ».
8° Fure (Se), se rendre.
Monsieur Purgon est un homme qui a huit mille bonnes livres de rente. — Il faut qu'il ait tué bien des gens pour f être fait si riche.
Mal. imag., I, 5.
Eh I mon père, ne vous faites point malade. - Ibid.y ibid.
( >h ! que du siècle de nos pères
Le nostre ë'cêtfait différent! - Malh., Ode but V attentat .. •
La France, devant ces orages,
S'eet faite aujourd'huy si tragique. - Malh., Ode $ur V attentat. . .
Adelayde s'opiniastroit à h faire malheureuse.
Sborais, Nouv. franc., iG5G; s* Nouv., p. 6a5-^^6.
90 Faire, finir, achever.
473 Que fait la Princesse?
— Quelques lettres, Seigneur; je le présume ainsi. Mais elle va savoir que vous êtes ici.
— J'attendrai qu'elle ait fait. - D. Gare., II, 3 et k.
Y aurai fait incontinent. - Prine. d?El., 1er interm., se. 2.
Je vais lui dire que vous êtes ici. — Non, ne bougez : j'attendrai qu'il ait fait. - Pourc, I, 5.
Mais certes, si je me propose De dire tout ce qu'on en sçait, Je n'auray de plus jamais fait.
Scabron, OEuvr., Paris, David, 1700; I, p. 196.
Quoi ! Vous auriez encor quelque chose à me dire T — Oui, de fort important; j'aurai fait en deux mots.
Th. Cors., D. Bertr. de %., IV, 3.
Si Ton veut m'écouter, j'aurai fait en deux mots. - Id., ComL d'Org., V, jo.
Je n'aurois jamais fait, si j'cnlreprenois de vous dire toutes les plaisantes raisons qui furent rapportées de part et d'autre.
SioiAis, Nouv. franc., i656; h* Nouv., p. 2 68; - Cf. Id., ibid.; 1" Nouv., p. 69, 118; a* Nouv., p. 433; A* Nouv., p. ki.
Bref, je n'aurois pas fait demain
Et je vous romprois les oreilles ,
S'il falloit conter les merveilles
Que je vis en ces vilains lieux. - Ricbir, Ovide bouffon, 166a, p. 5oa.
Je n'aurois jamais fait si je m'aiTÔtois aux subtilités de quelque» critiques.
Rac, I, p. 517 : Alex., in Préf.
J'aurai fait dans un instant. - Baron, Ilom. à b.fort., II, 8.
Aujourd'hui fait, je suis neutre dans vos amours.
La Th ciller ib, Crisp. yrécept., se. a.
Des que Luther. . . avoit parlé. . . , les autres n'avoient qu'à se taire, et tout est oit /au. - Bossue, lliet. de$ Var., a in-40, 1688; 1, p. 937.
Elle jugea qu'il ne valoit pas la peine qu'elle s'expliquât davantage . . . , et , dès ce moment, elle eut /au avec luy. - Hahilton, Mém. de Gram., ch. if.
Voilà qui est fait; tout est découvert. - Do Vehdiib, Flatteur, 1696; V, 9.
Eh ! bien, Monsieur, aurez- vous bientôt fait t - Reghard, Divorce, II, a.
Mon songe n'est parfait, et je veux l'achever. - In., Menechmet, 1,3.
Qu eust-il dit (François I") s'il eust veu et leu qu'un François, un qui faiet du jurisconsulte , un officier du Roy, . . . fust si mesdisant que d'appeler son maistre grammerien, qui est un outrage à toute sorte de personnes, nommément à un Prince? - Le P. Garasse, Rech. des Rech. de in* Est. Pasquier, 1623, p. 87-88.
Un épigramme. . • a cousté souvent la vie à ses autheurs, qui ont voulu faire de$ galans, et se gausser de leurs maistres.
Id., ibid., p. 89; - Cf. Id. , ibid., p. 483, 599, 644, 83a, 999.
La Seine enfin ne fut jamais si fiere, Et ne fit tant de la grosse rivière.
Scarroh, Dern. Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. 197.
Puis vostre sœur, que tant j'estime, Et moi, mais ce n est pas grand crime, Rions de quelque mauvais mot,. . .
Ou bien de quelque campagnard , Qui \eut faire du goguenard.
Id., Œuvr., Paris, David, 1700; I, p. s8i; - Cf. Virg. trsw., 1705; I, p. 307, 3i8, 319, 336; II, 180.
Ce Prince fait de l'entendu Parce qu'il se sait descendu De cette grégue altisonnante.
Riches, Ovide bouffon, 166a , p. 678 ; - Cf. Id., ibid. , p. 446 et 533.
Est-ce que la Babel fait de la pudibonde? - Mohttleobt, Coméd. poète, II, 7.
i5° Faire, représenter; imiter, simuler, contrefaire.
Pour vous, vous faites un honnête homme de cour.
ltnpr. de Vers., se. 1.
Je m'érigerai en censeur des actions d'autrui. . . le ferai le vengeur des intérêts du Ciel. - D. Juan, V, a.
485 Est-ce par les appas de sa vaste rhingrave
Qu'il a gagné votre âme en faisant votre esclave?
Misanth., II, t.
Aussi voyons-nous ceux qui viennent à cet âge vouloir faire les jeunes, se redresser, se parer, se requinquer, se panader. . .
Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., t63o; III, p. 38.
Puis , faisant la scandalisée Comme les filles font toujours, Elle luy tint ce fier discours.
Scabbon, Dern. Œuw., Paris, 1700;], p. si 7.
Et puis 'ûfit l'evanouy
Ou le fut, l'aimable jeune homme. - Id., ibid.; I, p. s4g.
H a cru peut-estre que cela estoit beau, de pouvoir faire l'amant d'une personne de mon rang. - Sbgbais, Nouv. franc., i656; 5* Nouv., p. 97.
Mathiide, quoy quelle aimast toutes les belles choses, ne faisoit pat le W esprit. - MIU de Scldébt, Mathiide, 1667, P- la&*
Un homme qui feroit l'amant sans i'estre. . . serait assurément no fourbe*
1b., ibid., p. t6aj - Cf. Id., ibid., p. 3ta et Agfc
Cy gist, dans cette froide bière, Le fameux comique Molière, Et je ne sais pas s'il y dort ; Car luy, qui sceut tout contrefaire, Il ne fit jamais mieux le mort.
ÉpU. de Mol., à la suite de Divisé : Or.Jun. de Mol.; Nouv. Coll. moliër., p. 5o-5i.
Cy gist Molière ; c'est dommage !
Mfaisoit bien son personnage. - Ibid., p. 5i.
Il est passé, ce Molière,
Du théâtre dans la bière.
Le pauvre homme a fait faux bond ,
Et ce renommé bouffon
N'a jamais sceu si bien faire
Le Malade imaginaire
Qu'il fait le mort tout de bon. - Ibid., p. 59-53.
Michel-Ange, Lebrun et toute la peinture
Gomme luy n'ont scen faire un mort au naturel. - Ibid., p. 56.
leferois de bon coeur, je crois, l'apothicaire.
Moiitflbubt, Dame médecin, II, 1.
Chut! Eraste parolt; faite* bien la mourante. - Id., ibid, II, 3; - Cf. II, 6.
Si ce n'est un Marquis, il ne le /ait pas mal.
Id. , Impr. de F Hôtel de Condé, se. 9.
: Parmi nous,
Nous n'avons point de maître et nous le sommes tous. Je foie les amoureux, les affiches ; j'annonce.
Poisson, Baron de la Crasse, se. 5.
C'estoit encore nour faire les saints qu'ils (les Manichéens) disoient que le Chrétien ne devoit jamais affirmer la vérité par serment.
Bossubt, Hist. des Var., 9 in-4°, 1688; II, p. 9o5; - Cf. Id., ibid.; I, Préf., S so.
Le Ministre (Jurieu) qui fait l'étonné lors qu'on luy dit que la foy ne varie jamais,. . . ne peut ignorer que ce ne soit la doctrine commune des Catholiques. Id., Avert. aux Protest., in-/î0, 1689-1691 ; I, S 4, p. 7; - Cf. Id., ibid., II, S 11, p. ia3; V, S 4, p. 989 et 3o6; VI1, S 9, p. 669, etc.
Combien te donne-t-on pour jouer le personnage que tu fais t
Rbgkabd, La Sérénade, se. 93.
160 Faire (Se), être, exister.
Pour son esprit, je vous avertis qu'il est des plus épais qui se fassent. - Pourc, 1, 2.
17° Faire une scène, faire la comédie, jouer la comédie.
Voyons un peu une scène d'amant et d'amante. Là-dessus une Comédienne et un Comédien auroient/atf une scène ensemble, qui est celle de Camille et de Curiace. - lmpr. de Vers. , se. 1 .
Ne voulez- vous point. . . venir voir. . . le ballet et la comédie que F on fait chez le Roi? — Bourg, gent., III, 5.
Ufaisoit quelquefois de» fêtes. - M1U de ScudIby, Mathilde, 1667, p. is5.
i8° Fmre, dépeindre.
1 5 1 6 Chez vous le mariage est fâcheux et pénible . . . Mais, lasl il le fait, lui, si rempli de plaisirs Que de se marier il donne des désirs. — Éc. des Fem., V, 5.
ig° Faire un dessein, former un dessein; jaire des résolutions, prendre des résolutions.
Je quitterais le dessein que f ai fait f — Mar. forcé, se. t.
On me vient rapporter que . . • vous faites des desseins de me solliciter. - G. Dand., II, 8.
Hélas! suisse en pouvoir affaire des résolutions? - VAv., IV, i.
Quoi! Monsieur, vous avez /ait ce dessein burlesque?
Mal. ùnag., I, 1.
* Voir ci-dessus, p. 66 , Dessein : faire dessein de. . .
Faire, incorporé avec certains mots : combat, estime, railler»,
REGRETS, SATISFACTION, SECRET, VANITE, etc.
&7 Qui de civilités avec tous/ont combat. — Misanth., I, i.
La mère et la fille vous font assez connottre Yestime qu'elles font de vous. - Am. magnif, I, t.
65 J'adorai donc Philis, et la secrète estime Que ce divin esprit faisait de notre rime Me fit devenir poêle aussitôt qu'amoureux. - Corr. , X , p. 77 : Poe*, dk.
3 Savez-vous si les écoutants En feront une estime à la vôtre pareille? - La Fort., III, p. 161 : FmbL, XI. 9.
969 Que le diable m'emporte
Si jefais raillerie. - Dép. am., III, 7.
Il (Molière) ne doit pas trouver mauvais qu'on défende publiquement les interesti de Dieu qu'il attaque ouvertement, et qu'un Chrestien tesmoigne de la douleur en voyant le Théâtre révolté contre l'Autel, la Farce aux prises avec l'Evangile, m Comédien qui se joue des Mystères, et qui /où raHlene de ce qu'il y a de phi sainct et de plus sacré dans la Religion.
De Rochemort (? Barbier d'Aucour), Observ. sur le Festin de Pierre, i665; édit. Gay, Genève, 1869, P* ^*
Auguste fit mourir un bouffon qui Moit fait raillerie de Jupiter, et deffendit aux femmes d'assister h des Comédies plus modestes que celles de Molière.
De Rochbhont (? Barbieb d'Aucoub), Obêirv. sur le Festin de Pierre, i665; édit. Gay, Genève, 1869, P* 19>
Nous voyons une vieille femme mourante, assistée d'une servante qui faitoit des regrets. - Fourb. de Scap., 1,2.
Allons, mon gendre, faites satisfaction h Monsieur. - G. Dand., I, 6.
Qu'est-ce que la satisfaction! — C'est réparer. . . le tort que nous avons fait au prochain. - Bossubt, Catéch. de Meaux, 1687, p. 189; - Cf. Id., ibid., p. 176.
Quelque sujet que j'aie de me plaindre de vous, du secret que vous m'avez fait, je ne veux pas laisser de servir votre amour.
Am. méd.y I, &. 385 Ce style figuré dont on fait vanité
Sort du bon caractère et de la vérité. — Misanth., I, 2.
lias Elle a fait vanité de son obéissance. - Fem. sav. , IV, 1 .
485 La solide vertu dont je/at# vanité
N'admet point de faiblesse avec sa fermeté. - Cork., Hor., II, 3.
710 Oui, ma juste fureur, et j'en /ait vanité,
A vengé mes parents sur ma postérité. - Rac, Ath., II, 7.
* Le verbe faire est employé au temps de Molière dans un grand nombre d'acceptions toutes nouvelles. Le P. Bouhours cite, en 1671 : « Faire les premiers pas; /aire une démarche ; faire figure; se faire honneur; se faire un mérite; se faire une affaire.» - Âriste et Eugène, 9* édit., p. 137-1 38 ; - Cf. Le vin de Tbmplebt, Le Génie, la Politesse, l'Esprit et la Délicatesse de la langue française , 1705, p. 3g.
C'est ainsi qu'on trouve dans Corneille : faire conscience, déférence, dépit, habitude, mépris, obéissance, occasion, outrage, scandale, tête, vanité, vertu, etc.; dans Racine : faire compte, conscience, épreuve, foi, rage, réponse, vanité, etc.
Pour un grand nombre de locutions analogues, comme faire besoin, faire des cris, faire éclat, etc. , voir aux mots : besoin, cri, éclat, excuse , justice , parti, profession, querelle, raison, scrupule, service, soupir, vengeance, vœux.
Faire , locutions diverses :
a. Se faire des efforts.
Àhl Moron, je n'en puis plus! Et je me suis fait des efforts étranges.
Princ.tTÉL, III, 6.
b. Cen est fait ou c est fait de. . .
3o3 Ty consens. Oui, sans vous, c'étoitfait de mes jours.
Princ. £Êl.%\, 3.
♦ Voir ci-dessus, p. 199, En faire : c'est fait.