‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 318 sur 625 · FASTE · texte numérisé non relu

FASTE

FASTE, tr Vaine ostentation, affectation de paroistre avec éclat. *n - Diction. Acad., ire et 2e édit.

388 Ce ne sont point du tout fanfarons de vertu ; On ne voit point en eux ce faste insupportable, Et leur dévotion est humaine, est traitable. - Tari., 1,5.

Ainsi les plus savants, ainsi les plus parfaits

Doivent être toujours modestes et discrets ,

Et ne pas obscurcir l'éclat de leur science

Par \e faste insolent d'une vaine arrogance. - Th. Coin., Feint AstroL, IV, 8.

Certain visage atrabilaire . . . , Plus remply défait que d'honneur. . ., Luy procura tant de disgrâce Qu'il fut prest de perdre sa place.

Le P. Carreau, La Stimmimachie , i656, p. 8.

Il est vray, ce cousin, respect la parenté, Est un jeune étourdy, boufly de vanité, Qui cache dans le faste et sous l'énorme enflure D'une grosse perruque et d'une garniture Le plus badin marquis qui vit jamais le jour.

Quinault, Mère coquette, I, 9; - Cf. Id., ibid.

Diane , qui fait tant de faste

D'être stérile ou d'être chaste,

Ne mépriseroit pas tes traits. - Richbr, Ovide bouffon, 1669, p. 569.

198 Tombe de ses grands mots le faste pédantesque. - Despr. , Art poét., I.

Toujours un peu de faste entre parmi les pleurs.

La Fort., VI, p. 71 : Contes, V, 6.

Je sais premièrement

Que vous aimez le faste, et que, pour vous voir leste, L'habit le plus coquet vous semble trop modeste.

Montfleury, Dupe de soi-même, I, 3.

11 (Calvin) a tant loué la saincte jactance et la magnanimité de Luther, qu'il Cbtoit malaisé qu'il ne l'imitast, encore que, pour éviter le ridicule où tombe Luther, il se piquast d'eslre modeste, comme un homme qui vouloit pouvoir se vanter d'estre bans faste, et de ne craindre rien tant que l'ostentation.

Bossuet, Ilist. des Var. , 9 in-A°, 1 688 ; Il , p. 5o.

* Dans son Lexique de la langue de Corneille, M. Marty-Laveaux donne quelques lignes intéressantes pour l'histoire de ce mot. Après avoir cité quatre vers de Corneille, où le mot est écrit sans e final, /a** :

Que n'en a jamais eu le fast de nos théâtres ,

M. Marty-Laveaux ajoute : tr Cette forme n'était déjà plus guère en usage lorsque Corneille l'employait. Le mot s'introduisit assez tard dans nos dictionnaires. Le Thresor des deux langues française et espagnolle par César Oudin, publié en 1607, est le premier ouvrage de ce genre où je Taie rencontré; il y est écrit fast. Mais dans le Cotgrave de 1611 et dans tous les dictionnaires postérieurs que j'ai pu consulter, il y a faste. On lit dans la 1" édition des Cahiers de remarques sur l'orth, franc, pour estre examinez par chacun de

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