FAT 3M
Messieurs de VAcad., imprimés vers 1676 et publiés de nouveau par moi en i863 : «On a «adjouté un e à ces mots insuit, fast (orgueil), régal; et on escrit maintenant : insulte, «faite, régale, r, — Nous avons conservé induit.
Le Diction, franc. -esp. de Jean Pallet (160/1), antérieur au Thresor cité par M. Marly- La veaux, le Thresor dis trois langues de Hierosme Victor (161A et 1637), le Diction, de Monet en i636, postérieurs cependant au Cotçrave de 1611, ont conservé la forme fast. Plusieurs glossaires de la même époque n'ont admis le mot ni sous une forme ni sous une autre.
Le sens s'est modifié depuis la définition qu'en donnait l'Académie dans ses premières éditions, et qui correspond à la définition du mot latin fastus dans le Thésaurus de Henri Estienne; il comporte plutôt maintenant l'idée de pompe, de magnificence, de splendeur.
FAT, sot, niais, fou; et non, comme maintenant, sot vaniteux trop confiant dans un mérite qu'il na pas; souvent, injure vague sans signification déterminée, comme traître.
55 Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner? — Sgan., se. 1 .
i34 Ouf! tu m'étrangles, fat; laisse-le comme il est. - Fâch., I, 1.
1070 Pourquoi hausser le dos? Est-ce qu'on parle en fat, Et que l'on ne sait pas les formes d'un contrat?
Éc. des Fem., IV, 2.
2o3 II n'est pas jusqu'au fat qui lui sert de garçon,
Qui ne se mêle aussi de nous faire leçon. — Tart., I, à.
83 1 II faut que de ce fat j'arrête les complots. - Ibid., III, 1.
48 Et traitent du même air l'honnête homme et le fat.
Misanth., I, 1.
1 13 La peste soit au fat! Laissons-le là, Nicandre. — MéUc, I, 3.
Valère à maître Jacques : Savez-vous, Monsieur le fat, que je suis homme à vous rosser vous-même? - L'Av., III, 2.
1 3o4 Le savoir dans un fat devient impertinent. - Fem. sav., IV, 3.
1576 Suis-je un/a(, s'il vous plaît? - Ibid., V, 2.
* Pourquoy esl-ce qu'on dit maintenant en commun proverbe : «le monde n'est plus fat ? n Fat est un vocable de Languegoth, et signifie : non salé, sans sel, insipide, fade; par métaphore signifie : fol, niais, depourveu de sens, esventédu cerveau, n - Rabelais, Pantagr. , Prol. du Mv. III.
N'est-ce pas eslre fat en digestes, de coucher (d'écrire) de telles badineries?
Le P. Garasse, Rech. des Rech. de ht Est. Pasquier, i6as, p. 91 5; - Cf. Doclr. cur., 16a k, p. A7, 3 16.
Le fat en digestes c'est le double fat, comme le sot en paragraphe est le double sot; ces expressions viennent de ce que, dans les citations de livres de droit, le double tr signifiait digestes, et le double ss, ainsi écrit S, paragraphe.