‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 327 sur 625 · FAUX · texte numérisé non relu

FAUX

1606. — 9 Faudeteuil, m. acut. est une espèce de chaire à dossier et a accouldoirs, ayant le siège de sangles contrelassées, couvertes de telle estoffe qu'on veut, laquelle se plie pour plus commodément la porter d'un lieu à autre, et est chaire de parade, laquelle on tenoit anciennement auprès d'un lict de parade. Le mot (nom) luy peut estre donné de ce- \uy-cy faulde , qui signifie giron, dont le Languedoc use encore , . . . parce que telles chaires , qui estoient de bas siège et creux , avoient le siège mal aisé et un peu creux en forme de giron. Au grand Cérémonial de l'Eglise, il est latinisé par faldistorium , et prins pour la chaire de respect et d'honneur où le Cardinal qui célèbre la Messe se repose aux intervalles qui luy permettent de se retirer de l'autel , et est baillé pour accouldoir à l'Empereur estant en l'église Saint-Pierre pour faire son oraison : mais est sans dossier et sans accouldoirs et toute rase, et en cela différente du. fauldeteuil qui a esté cy dessus descrit. Et selon ladite dérivation de faulde pour gremium peut estre. cette chaire sans accouldoirs et sans dossier. . . L'italien dit faldistoro. » - Nicot, 1606.

1606. — «Faudeteul, ital. Seggio, trono reale; esp. Cadrega, silla real.» - Hibrosme Victor;- Cf. Id., 161/1, 1687, 16AA.

1611. — «Faudeteuil : a low, large and easie soulding chaire, having both a backe and elbowes.» - Cotgrave; - Cf. Id., i63a, i65o.

1618. — «Faudeteul, Konincujkeu zit-stoel.» - Wasbrrg, Diction, franç.-flam.

i6ao. — * Faude, siège creux de chaire, à guise de giron enfoncé. — Fonder une chaire, lui façonner le siège en faude. — Faudeteuil, chaire dossiere, ayant siège de sangles entrelassées, couvert de riche estofe, et k faude enfoncée, aisée à plier et porter partout; chaire de parade, a tenir près d'un lict de parade. . . L'empereur, oyant la messe, avoit un faudeteuil pour accoudoir.» - Moxet; - Cf. h>., i636.

i63û. — «Faudeteul, sedia regale.» - C. P. G. D. M., Diction. fr.-ital.; - Cf. Id., 1666.

i663. — TtFaudeteul y chaire ou siège royal servant à table.» - J. L. D'Arsy, Diction, franç.-flam.

1668. — «Fauteuil» - Nouv. Diction, de rimes.

1669. — «Fauteuil.» - Diction, servant de bibliolh. univ. de Paul Boter. i65o. — «Fautueil. Par corruption pour faudestueil.» - Ménage, Originet. i655. — «Faudetueil ou fauteuil, chaire à bras, siège royal.» - Borel, Trésor. 1660. — «Faudeteuil» et «fauteuil.» - Ant. Oudin , Trésor des deux langues.

1660. — <r Fauteuil, sedia d'appoggio.» - Nath. Dure, Diction.fr. -ital.; - Cf. Id., 1671.

1661. — Somalie (Gr. Diction, des Prétieuses) dit : «les fauteuils, les trônes de la ruelle».

Ni l'orthographe ni le sens ne sont bien fixés dans les dictionnaires avant Ricbelet, 1680 : «Chaise à dossier et à bras, au bout desquels il y a des rosettes, des munies ou des têtes de femmes.» — On voit cependant que, depuis 16 68, la forme fauteuil l'emporte sur faudesteuil.

Voir, sur l'usage et l'importance des fauteuils, le Diction» des Prélieuses, bibl. elsév., édit. Ch.-L. Livet, Introd., p. xix-xx.

FAUX, traître, perfide.

3i4 Mais le faux animal, sans en prendre d'alarmes,

Est venu droit à moi, qui ne lui disois mot. *- Pritic. a" EL, 1, a.

352 faux bond — faux-fuyant

Faux bond.

* Voir t. I, p. 367, Bond : faire faux bond.

Faux-fuyant.

1587 Et son raisonnement me vint persuader De lui donner plutôt la cassette à garder, Afin que, pour nier, en cas de quelque enquête, J eusse d'un faux-fuyant la faveur toute prête. — Tart. , V, i .

399 Ce subtil faux-fuyant mérite qu'on le loue. - Fem. sav., 1,4.

3a L'auteur en vos cantons peut soutenir la chose, Et près des tribunaux que la Garonne arrose Se sauver par des faux-fuyants.

La Font. , IX , p. 9 1 4 : Épitre à M. Girin.

Ce luy serait trop d'affaire (à M. Jurieu) de chercher des faux/uyans à tous les mauvais pas où il s'engage.

Bossuet, Averi. aux Protest., in-&°, 1689-1691 ; VI1, S 3, p. A79 ; - Cf. Id., ibid., I, S 17, p. 3t.

Si j'avois voulu mettre des noms véritables aux peintures moins obligeantes, je me serais épargné le travail de . . . trouver enfin mille tours et mille faux-fuyant» pour dépayser ceux qui me lisent. - La Brut., II, p. 45 1 : Prif du Disc, à l'Acad.

* Molière a employé le mot dans le sens figuré , La Bruyère dans le sens propre.

Le plus ancien dictionnaire où nous trouvions le mot faux-fuyant est, en i655, le Diction, de* chasseur $, à la fin de la Vénerie royale :

« Faux-fuyant, c'est ce que Ton appelle une sente à pied dans le bois.» - Salnove, Vénerie royale , in-4°, i655.

Le mot reparait, en 1660, dans le Diction, franc. -esp. de César Oudin et le Diction.

franç.-ital. de Duez. Oudin traduit faux-fuyant par hurtillo, et hurtUlo par petit larcin

(diminutif de hurto, furtum); Duez : «faux-fuyant, vietlolo, vietta o strada coperta; viet-

tolo, un sentier, détour, une allée de jardin; vietta, petite allée de jardin; strada coperta,

rue couverte.»

En 1676, Pomey donne faux-fuyant, subterfuge; en 1677, le P. Gaudin : «Fauxfuiant : ce mot signifie proprement une issue cachée , par laquelle on se retire sans être npperceu, pour éviter la rencontre de quelque personne qui entre dans une chambre. . . taux-fuiant, dans le figuré, se prend pour un subterfuge, une échappatoire, une défaite, un prétexte.»

En 1677, le Diction, franç.-ital. imprimé en Suisse au château de Duiliier; en 1679, le Diction, franç.-augl. de Guy Miege, n'ont pas recueilli le mol; il se retrouve, en 1680, dans Richeiet, qui Ta pris, au propre, dans la Vénerie royale de Salnove, au figuré, dans les Femmes savantes: «Tour, adresse pour fuir ou éviter une chose».

En 1690, Furetière reproduit à peu près le P. Gaudin; en 169 A , l'Académie ne donne que le sens propre : <run endroit destourné, escarté, par où on peut s'en aller sans estre veu*. L'édition de 1718 ajoute le sens figuré, une défaite, une échappatoire; l'édition de 17/io répète celle de 1718; celle de 1768 répète les deux précédentes, en rappelant que faux-fuyant est aussi un terme de vénerie et reprenant la définition de Salnove; celle de

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