Déjà deux fois d'une pareille foudre
Je me suis vu perclus. - Id., I, p. 69.
3 Tu passes comme un foudre en la terre flamande. - Id., I, p. 96.
Son cas promptement affala; Affûté, h foudre appointa:
Appointée, il porta la mèche Au bassinet; h foudre sèche Prit, et \e foudre foudroyant. . .
Fit pâmer toute créature.
Dassoucy, Ovide en belle humeur, 1 65o , p. 35.
Si foudre est moins qu'une fuzée.
Richbr, Ovide bouffon, 1669, p. 568.
Anastase mourut frappé du foudre. - Bossubt, HUt. univ., 1681, p. i3o.
(Luther) c'est \e foudre qui a tiré le monde de sa létargie ; ce n'estoit pas Luther qui pari oit, c'estoit Dieu qui foudroyoit par sa bouche.
Id., HUt. des Var.9 9 in-&°, 1688; I, p. 9.
* Corneille employait d'abord le féminin, qu'il a changé, plus tard, pour le masculin : 3go Tout couvert de lauriers, craignez encor la foudre. - Le Cid, II, 1.
est devenu, en 1660 :
Avec tous vos lauriers, craignez encor le foudre.
i3i5 Puissé-je de mes yeux voir tomber cette foudre! - Hor., IV, 5.
est devenu, en 1660 :
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre!
971 Que le. foudre à vos yeux m'écrase si je mens! - Ment., III, 5.
est devenu, en 1660 :
Que le foudre à vos yeux m'écrase si je mens!
Partout ailleurs, il emploie le masculin, excepté dans ce passage d'Horace, qu'il n'a pas modifié :
1679 Lauriers, sacrés rameaux qu'on veut réduire en poudre, Vous qui mettez sa tète à couvert de h foudre, L'abandonnerez- vous à l'infâme couteau? - Hor., V, 3.
La Fontaine emploie le féminin , au propre , et le masculin , au fijuré :
397 Telle descend la foudre. - VI, p. 959 : Adonis. 3t Je suis donc un foudre de guerre. - I, p. 176 : Fabl., Il, sA.
FOUET Al 3
Racine emploie le masculin et le féminin :
11 56 La foudre l'environne aussi bien que le crime. - 77**6., IV, 3.
1 69 La valeur d'Alexandre à peine étoit connue ;
Ce foudre étoit encore enfermé dans la nue. - Alex., I, 9.
Ce prétendu foudre (dans D. Juan) appreste un nouveau sujet de risée aux spectateurs, et n'est qu'une occasion à Molière pour braver en dernier ressort la Justice du Ciel, avec une âme de valet intéressée en criant : «Mes gages, mes gages!» car voilà le dénouement de la farce. Ce sont les beaux et généreux mouvemens qui mettent fin à cette galante pièce, et je ne vois pas en tout cela où est l'esprit, puisqu'il avoue luy-mesme «qu'il n'est rien de plus facile que de se guinder sur des grands sentiments, de dire des injures aux Dieux, et de cracher contre le Ciel». De Rochbmont (?Barriir d'Aucour), Obterv . sur le Festin de Pierre, i665 ; édit. Gay, Genève, 1869, p. A.
Mais le foudre? Mais le foudre (dans D. Juan) est un foudre en peinture, qui n'offense point le Maistre, et qui faire rire le valet, et je ne crois pas qu'il fust à propos, pour l'édification de P Auditeur, de se gausser du chastiment de tant de crimes, ny qu'il y eust sujet à Sganarelle de railler en voyant son Maistre foudroyé, puisqu'il estoit complice de ses crimes, et le ministre de ses infâmes plaisirs.
Id. , ibid., p. 16.
Que le foudre à vos yeux m'écrase, si mon cœur. . .
Baron, Éc. dee Pères, IV, 8.
Le foudre menaçant gronde sur notre tête. - Id. , Andrienne, IV, 5.
Vaugeias, le P. Bouhours, Ménage, ont examiné la question du genre à donner au mot foudre :
Vaugeias : «Foudre. Ce mot est l'un des mots substantifs que Pon fait masc. ou fem. comme on veut. On dit donc également bien le foudre et la foudre, quoyque la langue françoise ait une particulière inclination au genre féminin. Ce choix des deux genres est commode, non seulement aux poètes, qui peuvent, par ce moyen, allonger et accourcir le vers d'une syllabe , et se faciliter les rimes, mais encore aux orateurs, qui ont aussi leurs mesures et leurs nombres dans les périodes, et s'en peuvent prévaloir d'ailleurs à éviter les rimes et les cacophonies.» - Vaugelas, édit. Chassang, I, p. 6o3.
«Chapelain, dit Th. Corneille, ne comprenoit pas comment le choix du genre pouvoit servir les poètes et les orateurs.» Th. Corneille donne des exemples à l'appui de la thèse de Vaugeias. - Id., ibid., I, p. ko h.
Ménage, Obterv., 1, i3a, et l'Académie française — voir Vaugeias, édit. Chassang, I, p. 6o5 — remarquent que foudre, au figuré, est toujours masculin : un foudre de guerre.
Andry de Bois-Regard combat le P. Bouhours qui prétend que foudre est toujours fém. , excepté au figuré ; et il ajoute : «Je ne vois pas ce qu'on pourrait trouver à redire à ces phrases-cy : «Quand le sublime vient à paroftre, il renverse tout comme un foudre» (Despr., Trad. de Longin). — «M. de Turenne ravage comme un foudre les bords du Rhin» (Mascarox, Or.fun. de Turenne) - Réfl. sur la long, franc., 1699, p. 93a.
Fouet : avoir , donner le fouet.
3oi Non : je Yeux qu'il se donne à Tune pour époux,
Ou je vais lui donner le fouet tout devant vous. — Mélic., 1,5.