‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 390 sur 625 · FOULER · texte numérisé non relu

FOULER

N'irez-vous point l'un de ces jours au collège, vous faire donner le

fouet, à votre âge ? — Pourquoi non? Plût à Dieu Y avoir tout à l'heure,

le fouet, devant tout le monde, et savoir ce qu'on apprend au collège 1

Bourg, gent., III, 3.

Andrée, ayez soin tantôt de faire donner le fouet à ce petit fripon-là, par mon écuyer. — Escarb., se. 2.

Un page d'un grand seigneur ayant fait quelque friponnerie, son maître commanda à son écuyer de luy donner le fouet.

D'Outillé, Conte», 1666 ; édit. Jouaust, II, p. 121.

Vous aurez le fouet en rentrant au logis. - Poisson, Coméd. tant titre, 1, 3.

J' a vois un régent à l'aspect terrible, qui se promenoit toujours avec un fouet a la main, dont il se sçavoit escrimer aussi bien qu'homme du monde.

Sorel, Francion, 1661, p. 191.

Ne fais point tant claquer ton fouet.

Richer, Ovide bouffon, 166a, p. 198.

L'avocat de cour souveraine Fit là- dessus claquer son fouet.

La Font., IX, p. A3o : Lettre au Prince de Conti.

Et je faisois claquer mon fouet tout comme un autre. - Rac. , Plaid., I, 1.

* Molière fait fouet monosyllabe, comme Richer, La Fontaine, Racine, etc. On a vu que Poisson le fait dissyllabe. — M. Quicherat (Traité de vertific. franc.) le donne comme monosyllabe.

«Le fouet estoit fait de verges de bouleau, de genest, de parchemin tortillé, de cordes

DOUéeS.» - FtlRETIKRE, Diction. , 169O.

Le fouet était Yultima ratio des maîtres dans les collèges et môme dans les maisons des particuliers et des princes. C'est pitié de voir combien les Enfants de France sont fouettés, et, à plus forte raison, les fils des simples gentilshommes et des bourgeois.

Le là novembre 1607, Henri IV écrivait â M"* de Monglat, gouvernante du jeune Dauphin, qui fut Louis XIII : «Je veux et vous commande de le fouetter toutes les fois qu'il fera l'opiniastre ou quelque chose de mal , sachant bien par moy-mesme qu'il n'y a rien au monde qui luy fasse plus de profil que cela ; ce que je reconnois par expérience m'avoir profité, car estant de son âge, j'ay esté fort fouetté, rt

Lettr. miss, de Henri IV, t. VII, p. 385.

On avait à plus d'une reprise prévenu ces royales recommandations. Ainsi, le 37 septembre 1601, était né le futur Louis XIII : dès le jeudi 9 novembre i6o3, «il fait l'opiniâtre; est fouetté pour la première fois». Le 7 janvier i6o4, « fouetté* ; le 32 février, «fouetté»; le k mars, « fâcheux ; fouetté fort bien»; le 5, «fouetté* ; le 19, «fouetté longtemps»; le 27, «fouetté*; le 29, «fouetté très-bien». — Ainsi, «fouetté , fouetté fort bien, fouette longtemps, fouetté très-bien», Héroard, dans son Journal, ne sort pas de là, jusqu'à la date du 8 novembre 1612, où il écrit : «Fouetté bien, sans larmes 1»

Heroard, Journal.

Voir notre édition du Bourgeois gentilhomme, p. 227-928.

Fouler.

714 Et sans fouler le peuple en aucune façon. - Fâch., III, 3.

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