‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 403 sur 625 · FRÉNÉSIE · texte numérisé non relu

FRÉNÉSIE

On ne trouve pas ce mot dans le Diction, de Godefroy; le plus ancien lexique où il paraisse est celui de Nicot (1573), où il est traduit par nugœ. En 1696, dans sa i" édition, T Académie française écrit fredeine.

FRÉNÉSIE , folie , humeur noire , fureur.

178/i Quoi? ta bouche se licencie

A te donner encore un nom que je défends?

— Non, ce nest pas moi que j'entends. . . — Prends garde de tomber dans cette frénésie, Si tu veux demeurer au nombre des vivants. - Amph., NI, 6.

Laquelle maladie. . . pourrait bien dégénérer ou en manie,. . . ou même en fine frénésie et fureur. - Pourc, 1,8.

# La définition donnée par Furetière (1690) est le commentaire de ce dernier passage de Molière : fit Frénésie, maladie qui cause une perpétuelle rêverie avec fièvre. Elle est différente de la manie et de la mélancholie, parce que celles-cy sont sans fièvre.»

Quelle frénétie est-ce de mettre en dispute le bien que les Dieux donnent aux hommes? - Malh., II, p. 191.

11 y en a d'autres encore de mesme farine qui ayment mieux aller toutes nues que de se priver du contentement dont les frénésie* de nos romans les comblent.

Chapelain, Trad. de Guzm. d^Alfar., i63o; III, p. 36 1.

Quel changement, mon cœur! et quelle frenaisie Me vient présentement troubler la fantaisie?

D'Outillé, Coiffeuse à la mode, III, 1.

Àh ! vous vous emportez d'une étrange façon ! Quel sujet avez-vous d'entrer en frénésie?

Id., ibid.y III, 6; - Cf. Id., Contes, 1666, édiL Jouaust; II, p. 319.

Pendant cela, Monsieur Phœbus,

Au lieu de manger choux cabus

Et noyer dans la malvoisie

Sa tristesse et sa frénésie,

Avoit toujours la larme à l'œil. - Richer, Ovide bouffon, 166a, p. 171.

Le Roy. . . es toit Charles sixiesme, Prince malheureusement tombé en frenaisie. Sbgrais, Nouv. franc., 1606; 5* Nouv., p. 8 ; - Cf. Id., ibid., p. 99-93.

780 Ce petit avocat, aussi fou que mutin.

Croyant être attaqué de quelque hydropisie, S'alloit faire saigner, boum de frénésie.

La Font., VII, p. 365 : Ragotin, III, 13.

111 Ces basses jalousies,

Des vulgaires esprits malignes frénésies. - Despr., Art poét., IV.

La Brinvilliers a reconnu que cette confession étoit de son écriture , . . . mais qu'elle avoit la fièvre chaude quand elle l'avoit écrite; que c'étoit une frénésie , une extravagance qui ne pouvoit pas être lue sérieusement. - Se?., IV, p. h 9 3.

Justin, qui ne croyoit que luy-mesme et ses passions, fut toujours batu par les Perses ... 11 se troubla de tant de pertes , jusqu à tomber en phrenesie.

BossuET, Hist. univ., in-6°, 1681, p. i33; - Cf. Id. , ibid., p. 36 A; - Avert. aux Protest., in-4% 1689-1691; V, S 57, p. 637-438.

428 fréquenter chez. . . — frère

Fréquenter chez . . .

337 Sans doute, et je le vois qui fréquente chez nous.

Fem. mp., II, 9.

A Cartilage, ceux qui a voient accoutumé de fréquenter chez Annibal

Malh., Trad. du 33e lit. de Tite-bwe, ch. ilviii. 16 Et bien des gens de qualité

Fréquentaient chez luy d'ordinére. - Loiït, Muzehistor., 11 août i663.

39 D fréquentait chez le compère Pierre. - La Font., Y, p. 686 : Contée, IV, 10.

FRÈRE, ami, compagnon.

1 1 83 Allons donc nous masquer avec quelques bons frères.

i54o S'il vous faisait besoin, mon bras est tout à vous : Vous savez de tout temps que je suis un bon frire.

Dép. ai»., V, 3.

1 07 4 Oui, mon frire, je suis un méchant, un coupable. . .

Tart., III, 6.

1 107 Mon frire, c'en est trop. . .

Ibid., HT, 6 et 7 : vers 1109, 1112, 11 54, 1161.

* «Les premiers chrétiens s'appeloient tous frères et cet usage s'est conservé parmi les religieux d'un même ordre. » - Furbtiehi , Diction.

Ceux qui ayment sont bien aises de se servir de ces mots de frère» et de sœurs.

Le P. Gausse, Doctr. cur., 16a 4, p. 6o3.

Cisneros, fameux comédien,. . . parlant à Mançanos, lequel l'est oit aussi (tous deux de la ville de Tolède), luy dit : Frère, tu sçais que le monde nous tient pour les deux plus pointus personnages qui se cognoissent.

Chapelain, Trad. de Guzm. d'Âlfar., i63o; III, p. i5; - Cf. Id. , ibid., II, p. 17, 110; III, p. 3o8.

Voyez-vous, mon frère, lui dit Raymond. . . — Non frère, luy répondit Francion en l'embrassant. - La vraie Hist. corn, de Francion , liv. XI.

Pour faire court, je suis votre humble serviteur, Et l'ay tousjours esté de Monsieur vostre père. Il me faisoit l'honneur de m'appeler son frère.

Scairou, Jodelet maître et valet, II, 3.

... Ho! ho! cher ami, c'est donc vous?

Je viens de préparer une chambre chez nous

Au seigneur Don Dîegue; au reste, notre frère,

Nous vous obligerons, par notre bonne chère,

A faire plus de cas du pauvre Jodelet. - Id. , ibid., III, 9.

Mais, me dira quelqu'un, viens ça, Cormier; je sais que tu es un bon frère; tu as la mine de ne te point coucher sans souper.

L'abbé La Vateh, Parasite Mormon, i65o; dans Sallixgm, Hist. dé P. de Montmaur, 9 in-8°, 1716; II, p. 965.

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