‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 416 sur 625 · GAGNER LE TAILLIS · texte numérisé non relu

GAGNER LE TAILLIS

À peine eus-je frappé, qu'elle print la fuite et gagna au pied, de peur d'estre recogneue. - Caquet* de l'accouchée, i6aa, bibl. elzév., p. a 16.

Eslienne! — L'on y va. — C'est son valet qu'il nomme, Geluy qui devant nous vient de gagner au pié.

Scibbon, Jodelet ou le Maître valet, I, 3.

Là, Ton voit ce fils trop colère Qui gagne au pied devant sa mère.

Id., Virg. trav., 1706; I, p. 334; - Cf. ibid., I, p. 68 ; II, p. i53, a56.

. . . Gagnant au pied si vous voulez m'en croire.

Th. Goba., Amour à la mode, III, 8.

. . . Mon brutal prend soudain le devant,

Gagne au pied. Je m'approche. - Id., D. César d'Aval. , II, 1.

Monsieur, gagnons au pied; je ne vois rien pour vous,

Si ce n'est des gros mots et, possible, des coups. - Quinaglt, Le» Rivale», 1,4.

Mendoce gagne au pied , de peur qu'on ne l'accuse.

MoNTFLEUBY, Coméd. Poète, IV, 4.

* En 1611, Gotgrave donne cette expression; en i6ao, Monet donne gagner au pied, comme équivalent de fuir. En 1680, Richelet le trouve vieux et burlesque; on le retrouve dans les sept éditions du Diction, de l'Acad.

On disait dans le même sens : gagner la guérite (Nicot), gagner le haut (La Fontahii), gagner le taillis. — Voir ci-dessous.

Malherbe, ayant trouvé dans Desportes (/mit. de l'Ariotte) un vers qui commençait par

Bientôt gagnent au pied. . .

mit en note : «Bas et populaire}). - Malh., IV, p. 4o3.

* Voir Gagner le taillis.

Gagner lr taillis.

1&91 «Mais tu seras armé de pied en cap. 7) — Tant pis,

Yen serai moins léger à gagner le taillis. - Dép. am. , V, 1 .

Elomire (Molière) à ces mots luy met en main sa bourse;

Le Balafré la prend, disant : k Je suis votre ourse ;

Suivez-moi !» Gela dit, le drolle fait le saut

De la fenestre en bas. L'étage est assez haut ,

Quoyqu'il soit le premier : toutefois Elomire ,

Et c'est cela, ma foy, qui m'a fait le plus rire,

Autant pressé de suivre un si grand conducteur

Qu'aveuglé de l'excès de sa mortelle peur,

Le suit si prestement, et par la mesme route,

Qu'il tombe sur son guide ; il l'eust crevé sans doute

Si nostre Balafré , plus dur que n'est le fer,

Ne l'eust d'un coup de reins fait retourner en l'air.

Elomire retombe , et soudain se redresse ,

Et gagne le taillis d'une belle vistesse.

Li Boulanger dr Ghalussat, biomire hypocondre, 1670; V, 3.

* Voir Gagner au pied.

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