‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 451 sur 625 · GODELUREAU · texte numérisé non relu

GODELUREAU

55 Enfin on vid en cette dance Sauter et bêler en cadence En habits de godelureau, Trèfle, pique, cœur et carreau.

Loret, Muze hietor., 18 novembre i656.

1 90 Ce beau teint de lys et de roze Qui plaît à maint godelureau Est la propre sœur du bourreau. - Id., ibid., 37 septembre 1659.

Quantité de godelureaux

Luy venoient conter mots nouveaux,

La prétendant en mariage.

Richer, Ovide bouffon, 1663, p. 58; - Cf. Id., ibid., p. 178 et 393.

Hé I bien, mariez-vous.

— Mais si, durant ce mal, ma femme avec Tersandre, Certain godelureau qui ne vaut pas le pendre, Loin d'avoir soin de moi souhaitoit mon trépas, J'enragerois. — Hél bien, ne vous mariez pas.

Qoihault, Comédie tan» comédie, III, 7.

Je ne beux pas souffrir qu'aucun godêluriau approche mon domaine de la vanlieue. - La Font., VII, p. k 86 : Coupe enchantée, se. 17.

Que diable cherche ici ce godelureau-M

Rbonabd, Hom. à b.fort., UI, 3; - Cf. Id., ibid., III, 8; - Mariage de la Folie, se 5.

Approchez, financiers, plumets, chevaliers, et vous godelureaux les plus déterminez : paraissez sur la scène. - Id., Divorce, III, 6.

* Le plus ancien dictionnaire où nous ayons trouvé ce mot est celui de Cotgrave (1611), qui donne à la fois godelureau et goguelureau, et les traduit l'un et l'autre par coxeombe, a proud coxeombe, c'est-à-dire «fol, sot, godelureau, badaul, naudin, prelingant, goguelureau »; de plus, il traduit godelureau par a goll, c'est-à-dire (rbesmus, frasque, godelureau, guillaume, jangipon, jobelin, mat, niais, oison bridé». Nous ne l'avons plus trouvé ensuite que : en i64a, dans les Rech. ital. et Jr. de Oudin, dans le Diction, de* Rime» de 1668, où il est écrit en italiques comme trbourlesque, bas ou vieux»; en i65o, dans les Origine» de Ménage, qui le dérive de gaudere; en 1660, dans Duez, dans César Oudin, et leurs éditions successives; en 1680, dans Richelet; en 1690, dans Furetière; en 169A, dans l'Académie; mais on le cherche vainement dans Pomey (1676), Gaudin (1677), dans Guy Miège (1679), dans Danel (i683), dans Joubert (1795). Ce mot était donc assez peu autorisé dans la langue. Il semble que godelureau soit une prononciation corrompue de goguelureau, lequel a son étymologie dans goguelu, qui vient lui-même de gogue, fête, raillerie, galle, d où goguette; et ce mot goguelureau qui parait, pour la première fois, dans le Diction, lat.-fr. de Rob. Estienne (écuL de 15Û9) se retrouve dans de nombreux dictionnaires jusqu'à celui de Guy Miège (1679), à la suite de goguelu, et se traduit toujours comme godelureau. En 1606, on ht dans le Nicot : «r Goguelu, est un mot de mespris et mocquerie dont le François brocarde un petit compagnon qui se porte en superbe, comme quand il dit d'un glorieux qui se pavane et se veut, par contenance hautaine, faire valoir, c3e»t un goguelu, et, par plus grand desdain encore, goguelureau, diminutif de goguelu. » Duez, en 1671, écrit gaudelureau.

Richelet prétend que ce mot n'entre que dans le burlesque et dans le plus bas style, tout en constatant qu'on le trouve fréquemment chez un fameux historien, membre de l'Académie française.

goguenard 491

Goguenard.

2 39 Riez donc, beau rieur. Oh! que cela doit plaire

De voir un goguenard presque sexagénaire ! - Éc. des Mar. ,1,2.

10&8 (Ils) pensent avoir dit le meilleur mot du monde

Lorsqu'ils viennent, d'un ton de mauvais goguenard,

Vous railler sottement sur f amour d'un vieillard. -Ibid., III, 8.

Je vous ai bien dît que c étoit un médecin goguenard.

Méd. malgré lui, II, 2.

Mauvais plaisans, francs goguenars, Tels que, dans le pays du Maine Est le bon Monsieur de Vilaine,. . .

C'est de luy que ce mot je tiens.

Scirbon, Recueil de quelque* ver$ burlesque*, Paris, Quinet, i6A5, p. 139; - CL Id., Virg. trav., 1705; II, p. a&i-a4a.

67 Quelques courtisans goguenarde

Luy vouloient dire des brocards. - Lorbt, Muze hUtor., 3o avril i65i.

83 ... On m'a seulement apris Chez un gros bourgeois de Paris Que ledit Prince enigmatique N'est pas seulement politique, . . .

Mais goguenard, goinfre et galant. - Id., ibid., 9 juin i65n.

a 4 5 Ayant le cœur tout goguenard

De laisser son chien de cornard. . . - Id. , ibid., 96 janvier 166 A.

Maudit sexe, dit-il ensuite,. . .

Falloit-il pour un goguenard Me berner. . . ?

Ricueb, Ovide bouffon, 166a, p. ai5 ; - Cf. Id., ibid., p. 555.

Courbe sur son bâton , le bon petit vieillard Tousse, crache, se mouche et fait le goguenard, De contes du vieux temps étourdit Isabelle : C'est tout ce que je crois qu'il peut faire auprès d'elle.

Quinault, Mère coquette, I, a.

Je m'en vais vous conter une histoire pour rire ; Le greffier de Porcheux, un plaisant goguenard, M'en a fait le récit dans son style gaillard.

Robinet, Panég. de l'Ec. des Fem. , 1 " entrée.

* Voir ci-dessus, p. 3a8, au mot Fait, n* 3, un extrait de Chbtalieb, Les Amour* de Calotin.

1 33 Rome donc eut naguère un maître dans cet art Qui du Tien et du Mien tire son origine ; Homme qui hors de là faisoit le gouguenard.

La Font., V, p. A 37 : Contée, IV, 8.

187 Toutefois n'allez pas, goguenard dangereux,

Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux. - Despb., Art poét., chant II.

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