GRAPHIQUEMENT — GRATTER
trCe bon homme, donc, maintenoit que l'Univers se deslruisoit à faute de grammaire; car cette grammaire, qui vient de grandie mater, tiendrait tous ses en fans en paix s'ils faisoient d'elle Testât qu'ils doivent.» — D1 Au signé, Baron de Fmnette, III, mil — On retrouve la même idée, la même étymologie dans La Confession de Sancy, II, 11.
Costar risque la même plaisanterie, en la doublant d'un à peu près :
«Quoyque vous en puissiez dire, je croy que vous serez bientôt dégoûté de la grammaire dont vous me parlez. 11 y a bien des gran-mamans en France dont la compagnie est moins importune, n - Lett., 1659; II, p. 3 a 8.
«Si Martine se sert de mots impropres et ne garde pas toujours les règles de la grammaire, au moins on l'entend; elle ne parle pas latin en françois; elle n'use point de mots inconnus aux haies et qui ayent besoin d interprète, n - Le P. Boue ou us, Rem. nouv., i675; 3* édit., 168a, p. 84.
Dans ses Opuscules sur la langue fr., 1711, l'abbé de Dangeau confirme la persistance de cette prononciation : <r II y a , dit-il , des occasions où m ne sert qu'à donner un son nazal à la voyelle précédente, comme dans grammaire, emmener, conetammeut.it - Édit. 1756, p. 100.
Vaugelas a traité de la suppression , dans certains cas , de IV qui doit marquer le féminin de grand (16/17) : "0° *"* * grand'peine, il nous fait grand'chère, et néanmoins on dit : C'est une grande mesekanceté, une grande calomnie.» — «Quelle règle suivre?» se demande-t-il , et il répond : l'usage.
Ménage, vers 167a, reprend la Remarque de Vaugelas et précise l'usage en disant que grande, précédé de une, ne perd pas 1'* ; trEt je ne sache que grand* mère qui se dise aujourd'huy avec une : c'est une grand* mer en
Cependant Andry de Boisregard, dans ses Réflexions sur l'usage prisent de la langue françoise, a* édit., 169a, p. a A4, assure qu'on dit encore: grand'mere, grand'pitié, grand' Chartreuse , avec une apostrophe après d pour marquer la suppression de IV.
Voir 1. 1, p. 37, n° 9, Adjectifs : Suppression ou élision de IV final au féminin.
Graphiquement.
Oui, Monsieur, vous avez dépeint fort graphiquement, graphie? depinxisti, tout ce qui appartient à cette maladie. - Pourc, I, 8.
* Graphiquement, graphicè, eleganter.
GRATTER, flatter, caresser.
Ses contrôles perpétuels sur le pain et le vin, le bois, le sel, et la chandelle, ne sont rien que pour vous gratter et vous faire sa cour.
L'Av.9\\L 1.
Il le gratte par où il se démange. - Bourg, gent., III, k.
* Ce proverbe était fort en usage, mais avec une variante sur démanger, qui était employé comme neutre et non réfléchi, et même remplacé par cuire.
Il luy faut une main douce et accommodée à son sentiment pour la gratter jugement où il luy cuit. - Montaigne, p. 797, liv. III, chap. ix (édit. i65a).