‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 469 sur 625 · GRISETTE · texte numérisé non relu

GRISETTE

Il n'ont des livres et des bancs Que pour Mesdames les frisettes.

Bourg, gent.j Bail., iM entrée.

* Le mot était alors, bien qu'il se trouve dans Scarron dès i65i, d'un usage assez peu répandu, car il n'a droit de cité dans les dictionnaires qu'à partir de 1680 (Richelet) :

fx Grieette, jeune fille qui ne porte point de jupe ni de corps de taffetas, et qui, par conséquent, n'a nulle qualité.» - Richilit, 1680.

«r Femme ou jeune fille vêtue de gris. On le dit par mépris de toutes celles qui sont de basse condition , de quelque estoffe qu'elles soient vestues . . . Les Dames ont mis à la mode des habits de petite estoffe grise, qu'elles appellent des grieettes.71 - Furetierb,

11 semblerait que l'étoffe ait tiré son nom des jeunes filles appelés gritettee, parce qu'elles étaient vêtues de gris ; le contraire est vrai.

Son pourpoint étoit une casaque de grieette, ceinte avec une courroie.

ScARBott, Rom. com., I, 1 (i65i).

C'est plus tard que grieette se dit des personnes, et que Champmeslé écrivit sa comédie Les Grieettee, où il met en scène deux filles de procureur :

3i8 Sous les cotillons des grUettee, Peut loger autant de beauté Que sous les jupes des coquettes. . .

Une grieette est un trésor, Car, sans se donner de la peine, Et sans qu'aux bals on la promène , On en vient aisément à bout.

La Fort., IV, p. A6-A7 : Contée, 1666, I, 1.

1 h a Par où le drôle en put croquer, Il en croqua : femmes et filles, Nymphes, grieette» , ce qu'il put. - Id., V, p. 5i6 : Contée, IV, 1 1.

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