‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 472 sur 625 · GROUILLER · texte numérisé non relu

GROUILLER

tescos». La même année, le Diction, jr.-ital. de Nath. Duez donne aussi crotesque et grotesque dans le même sens; il définit les grotesques trpitture fatte ai capriccio per ornamento di qualche loco». Les éditions suivantes de Gés. Oudin et de Nath. Duez se répètent en 1671 et 1675. En 1676, Pomey n'admet plus que «grotesque : grotesque en peinture, grotesque d'esprit, pensée, dessein, homme grotesque». L'année suivante, Gaudin abandonne aussi crotesque; il donne une longue définition, tirée de Vilruve, des grotesques en peinture , et n'oublie pas les pensées grotesques.

Enfin Guy Miège en 1679, Richelet en 1680, Danet en i683, Furetière en 1690, l'Académie française en 1696, n'admettent plus que grotesque; mais on voit que, avant Molière et de son temps même, de nombreux dictionnaires mettaient crotesque sur le même pied que grotesque.

Danet (1 683) est le premier qui ait rattaché grotesque à grotte par une raison solide; voici son article :

* Grotesques, mélange de diverses peintures irrégulières. C'est une manière licentieuse de représenter en peinture des hommes et des bestes qui ont quelque chose de chimérique, et qui d'ordinaire n'en ont que la teste et une partie du corps, dont le reste se termine en feuillages, rinceaux ou autrement. On nomme ces sortes d'ouvrages grotesques , à cause que l'invention en est venue de ceux qu'on a trouvez dans les grottes et lieux souterrains.» — Viennent ensuite : pensées grottetques, équipage groltesque, homme groUesque ou d'une humeur groltesque.

Grouiller, bouger.

6i5 Et Ton demande l'heure, et Ton bâille vingt fois, Qu'elle grouille aussi peu qu'une pièce de bois.

Misanth., II, h.

* Les éditions de 168a et 1734 donnent : elle s'émeut autant que. . . ; l'édition de 169a : elle se meut : «Ces corrections faites au texte d'un écrivain comme Molière, dit justement Génin, sont autant d'impertinences. »

Est-ce que Madame Jourdain est décrépite , et la tête lui grouillet-clle déjà? - Bourg, genl., III, 5 (à la fin).

Vous ne vous grouillez pas? — Comtesse (TEscarb., se. s.

Nostre fille ne grouille ny ne pipe.

Comte de C ram ail, Coméd. tlet I*rov., 1, 5 (i633).

75 Enfin, TEglize eloit si pleine

Qu'on ne s'y grouilloit qu'avec peine.

Loaet, Muze histor.y 1" février 1659.

Peste, qu'il fait piteuse mine, N'osant pas grouiller là-dedans.

Riches, Ovide bouffon, 1669, p. 611 ; - Cf. Id., ibid., p. a 56.

M. Génin regarde grouiller comme une forme de crouller, qui répondrait à l'italien crollare il capo, secouer la tête; et, en effet, le Trésor des trois langues (1616) traduit crouler par crollare, dondolare, secouer, brandiller, dodeliner (cf. Duez, 1671). Cependant la forme grouler, grouller, grouiller devait être plus ancienne dans la langue, si nous en jugeons par le mot groulard, nom d'un oiseau nommé aussi troquet ou thyon, en latin bâtis ou rubatra (Nicot, 1573). On lit en effet dans Nicot : «Traquet, ou thyon, ou grou~

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