GUÈRES (DE
lard. . . fl est nommé troquet parce que, comme un traqiiet de moulin n'a jamais de repos pendant que la meule tourne, ainsi cest oyseau inconstant remue . tousjours ses aides»; groulard, pour la même raison que troquet. Le groulard, d'après le Diction. flam.-Jr. de 1618, était le «bleeeeteert, groulard, battemare, bergeronnette, hoche-queue ou hausse-queue». Le même dictionnaire ne donne pas grouiller, mais l'emploie dans cette
Shrase : «Lé fleuve grouillera de grenouilles.» Grouiller, suivi du même exemple, reparait ans le Diction, jr.-fiam. de 166 3. Le Cotgrave de i639 avait déjà donné grouiller et grouller, avec la traduction <rto move, stirre, scrall;. . . to spring, as a Ghild in his mothers wombe;. . • also, to warme, abound, or breake out confusedly in great numbers». — Enfin Duez, Diction. Jr.-ital. (1671), donne grouiller et se grouiller, et de même tous les autres dictionnaires postérieurs à ceux-ci.
Il est étonnant que les dictionnaires les plus anciens n'aient pas recueilli un mot dont M. Litlré cite plusieurs exemples d'auteurs du xvi* siècle, Ambroise Paré, Amyot, etc.; il le cite aussi comme tiré de ralsgrave (i53o); mais là il signifie to r omble, charpenter, faire du bruit , grouler.
Gcères (De).
3 1 L'un fait beaucoup de bruit qui ne lui sert de guhres.
Éc. des Fem., I, t.
* «Pour dire gueree simplement, il ne faut jamais dire de guère»; comme par exemple «ril ne s'en est de guère* fallu» ne vaut rien; on dit : il ne s'en est gueree fallu; mais quand il dénote une quantité comparée à une autre, alors le de y est bon; comme si l'on mesure deux choses et que l'une ne soit qu'un peu plus grande que l'autre, on dira fort bien qu'elle ne la passe de guère*.» - Vaugelas, édit. Ghassang, I, p. 4o5.
L'Académie française dans ses Remarque* sur Vaugelas confirme la décision de celui-ci; toutefois dans son édition de l'an vu (1799)* mais dans aucune autre, elle constate, sans le blâmer, qu'on dit quelquefois familièrement : ail ne s'en faut de guère*. Th. Corneille complète la règle de Vaugelas : «La particule de se met avec guère dans le cas que M. de Vaugelas a expliqué, comme elle se met avec beaucoup; mais il y a cette différence que guère ne souffre qu'une négation dans les phrases où il est employé, et qu'il en faut deux avec beaucoup, ou n'en point mettre du tout Ainsi on dit : il ne s'en est guère fallu, il ne le passe de guère; et si, au lieu de guère on mettoit beaucoup, il faudrait ajouster pas qui est une seconde négative : il ne s'en est pat beaucoup fallu , il ne le passe pa* de beaucoup. La raison est que guère est une espèce de négative, qui en demande toujours une autre , au lieu que beaucoup peut estre employé sans négative : il y a beaucoup de gens , il a beaucoup plus d'expérience que son frère. Si on veut faire entrer le mot guère dans ces phrases, il faut nécessairement qu'il soit précédé d'une négative : il n'y a guère de gens, il n'a guère plus d'expérience que son frère. » - Id., ibid., p. 4o6.
«r On dit guère et guère* avec t et sans t.» - Vaugblas, édit. Ghassang, II, p. i5. — L'Académie, dans son Commentaire, admet aussi les deux orthographes. (Ibid.) Il en est de même dans toutes les éditions de son dictionnaire, jusqu'à celles de 1 835 et de 1878, où on lit : «guère ou guère*, on n'écrit guère* que dans les vers, lorsqu'il est nécessaire à la rime ou à la mesure».
Tous les dictionnaires, depuis Rob. Estienne, traduisent guère* comme s'il signifiait peu, et c'est très tard, seulement en 1680, que celui de Richelet note la nécessité de le joindre travée une négation». — L'Académie a fini par faire la même remarque, formulée très nettement dans son édition de i835 : «guère ou guère*. . . Adverbe qui s'emploie toujours avec la négative , et qui signifie pas beaucoup. » D'où il résulte que , sans la négative, il signifierait beaucoup.
Si nous passons en revue les grammairiens anciens, ni Jacq. Dubois (Silvius, i53i),