‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 474 sur 625 · GUÉRIR — GUET-À-PENS · texte numérisé non relu

GUÉRIR — GUET-À-PENS

ni Meigret (i545), ni Ramus, même dans son édition de 1587 «revue et enrichie en plusieurs endroits», ne parlent du mot guère en traitant des adverbes. Cependant, avant Ramus, Joach. Perion, dans ses Dial. de lingum gallicœ origine (i556), avait déjà reconnu à guère le sens de beaucoup :

«Nous ne nous servons pas du mot guères, dit-il, sans y joindre une négation. Ainsi, quand nous disons : // n'i ha guerei que suis venu, nous déclarons qu'il n'y a pas beaucoup de temps que nous sommes venus; et quand nous disons : Ge n'hai guères de tempe pour estudier, nous déclarons que nous n'avons pas beaucoup de temps à donner à l'étude* (p. 1 65'). De même, en 1569, Rob. Estienne, contredisant son dictionnaire, dit : «Guère ou gaire signifie beaucoup ou moult, soit de temps ou autre chose, et ne se met jamais sans négation précédente, comme : Il n'y a guère qu'il est venu, pour : il n'y a point moult de temps. Il n'y a guère de vin. Les Savoyens en usent sans négation en inlerrogant : guère cela? Gomme s'ils disoyent : cela coustera il beaucoup î» - Rob. Estibhni, Gramm. franc. , 1569, p. 87.

En 1606, le dictionnaire de Nicot écrit indifféremment guère, guères ou guièree. 11 ajoute : <rEst adverbe qui veut tousjours estre précédé d'une particule négative. . . L'italien dit guari, peu usitéement, et par emprunt du provençal, lequel ait guaure par K obscur.»

Ni, au xvii- siècle, la Gramm. d'Ant. Oudin (1 645), ni, au xvm\ les Gramm. de Régnier Desmarais (1706) ou celle du P. Buffier (1709) ne parlent du mot guère et de son emploi; peut-être était-il un peu abandonné, car, en 1676, dans sa Rhétorique, p. a 3 A , René nary écrit : <rOn n'use pas beaucoup des mots de gueree ny de quasi.*

Guérir.

Nicole. De quoi est-ce que tout cela guérit? - Bourg, gent., III, 3. * C'est-à-dire : à quoi tout cela sert-il?

GUET : AVOIR L'OEIL AU GUET, locution.

Aye aussi F œil au guet, Nérine. - Pourc, I, 1.

Celui s'accoutra pour aller au guet. - Guill. Bouc hit, Serees, édil. Roybet, I , p. h 1 .

a a Etre toujours au guet et faire sentinelle. - La Fort., I, p. 356 : Fabl., IV, as.

Fais le guet, et avertis-nous. . . — Ma pauvre Élise, /aie bien le guet.

Subligxy, Folle Querelle, 1668; 11, 3.

Pour savoir leurs complots , je suis toujours au guet.

Mojtfleurt, Coméd. poète, 111, 1.

Monsieur de Boisluisant, le beau-père futur, A toujours fœil au guet et n'a pas l'esprit dur.

Poisson, Coméd. eane titre, 11, a.

Il y a mille autres choses sur quoy il faut que }aye l'œil au guet.

Du VsBDiEn, Flatteur, 1696; V, 9.

GtET-V-PEiNS.

Après tout, ma faute est pardonnable. — Comment, pardonnable? Un guet à-pens? un assassinat de ia sorte? - UAv., V, 3.

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