GUEULE — GUEUSER
* Nous avons écrit guet-à-pens comme les trois premières éditions du Dictionnaire de l'Académie française. Depuis l'édition de 1769, 1' Académie écrit toujours guet-apens.
Les preuves de cette maxime tavernière . . . m'ont esté rapportées à moy-mesuie , non par gaillardise seulement, mais de guet-à-pens.
Le P. Garasse, Doctr. car., 16a A, p. 371.
Toute cette parure ajoutée à vos charmes
Est un vray guet à pend; vous êtes sous les armes.
Hauteroche, Bourg, de quai, II, U.
Un pli qui par liazard est resté dans ses draps
Lui semble un guet à pent pour lui meurtrir les bras.
Poisson , Coméd. sans titre , 1 , 1 .
Gueule : fort en gueule.
* Voir ci-dessus, p. U 08, Fort en gueule.
GUEUSER, verbe neutre , parfois actif.
i6o3 Et moi qui Tai reçu guetuant et n'ayant rien. . . - Tari., V, i.
969 Pour moi, je ne vois rien de plus sot à mon sens Qu'un auteur qui partout va gueuser des encens.
Fem. sav., 111, 3.
. . . Puis gueux en gueusant trouvent maintes délices. - Régnier, Sat. II.
Piédeschaux. . . signifie en nostre langue quelque pauvre quaymand qui s'en va gueusant de porte en porte.
Le P. Garasse, Rech. de» Rech. de M* Est. Pasquier, 16 a a, p. 781.
Les Alemans. . . gueusent en chantant et de compagnie, les François en priant, les Flamans en faisant des révérences, les Egyptiens en importunant, les Portugais en pleurant, les Italiens en haranguant, les Espagnols avec rodomontades.
Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., t63o; II, p. 16.
Mélibée n'est-il pas le premier qui ait entrepris de gueuser avec honneur?
Sorel, Francion, liv. V, p. 3 a 3.
Je résolus de gueuser encore, afin de traverser sans soupçon le reste de la ville.
Gyr. de Berg. , Voy. dans le Soleil.
Ce que j'en dy n'est pas que je cay mande : J'ay trop de cueur, je ne gueusay jamais.
Saint-Amant, Œuvr., bibl. elzév., I, p. 370.
S'il est sans cœur, s'il est sans ânic , . . .
Et pire qu'un gueux rêves tu,
Son nom tous les vices efface :
C'est assez, pour toute vertu.
Que d'estre d'ancienne race. - Gombauld, Epigr., in-13, 1607, p. 69.
Pauvre glorieux.
Pour abaisser André la Fortune fait rage.
Mais en luy chacun apperçoit
Qu'un brave et généreux courage Ne fait jamais le gueux, encore qu'il le soit. - 1d., ibid., p. i3a.
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