‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 558 sur 625 · INTRIGUE · texte numérisé non relu

INTRIGUE

Cependant, dès 1627, Milc de Gournay cite ie mot intrépide comme employé par Bertaut et le cardinal du Perron :

«Davantage, dît-elle, nos deux poètes font retentir dans leurs oscrits : sanglamment severe, vaillamment furieux, tristement doux. . . L'on void d'autre part en leurs registres. . . ne pour ny,. . . blondeur en échange de blondes$e, sauvement pour salut, intrépide pour assuré, paroy pour murs.» - L'Ombre, 1637, p. g6A.

Balzac, écrivant à M. de la Roche-Hély, le i5 novembre 16/10, nous donne presque la date de naissance du mot intrépide :

«r Monsieur, j'ay veu le cavalier que vous appelez intrépide. . . Mais avcz-vous pris attache des grammairiens pour passer intrépide en nostre langue?. . . Il est vray que le bonhomme Malherbe s'est servy avant vous de cettui-cy : mais parce que ce n'est pas le R. P. Coëffeteau, il ne vous sera jamais alloué par M. de. . ., qui croit que, comme il n'y a point de salut hors de l'Église Romaine, il n'y a point aussi de François hors de V Histoire romaine. Quoy qu'il en soit , intrépide me plaist fort , et si j'ay du crédit , je l'employeray volontiers pour faciliter sa réception. Cependant, jusqu'à ce que le peuple l'ait approuvé, et que nous y ayons accoustumé les oreilles, pour ne choquer personne, disons que notre amy est incapable de peur.» - Lettr. choisies, Elzév., p. 371.

Intrigue.

Frosine, femme d'intrigue. - UAv., Liste des personnages.

* Les dictionnaires de Rob. Estienne (1 539, *5Û9), de Nicol (1573, 1606, 1618, 1Ô95), les Ëpith. du sieur de la Porte (1671), le Diction, des Rimes d'Odet de la Noue (1596), le Diction, franc. -espag. de J. Pallet (160/i), le Trésor des trois lang. ital., espagn. et franc, de Hier. Victor (1607, 1609, 161 û, 1618, 1O37), le Diction, des deux lang. franc, et espagn. de Ces. Oudin (1607), le Diction, franç.-flam. de Melleina (161a), le Parallèle des deux lang. franc, et lat. de Monet (îôao, i636), le Diction, franç.-ital. (i63A), le Diction, franç.-flam. de YVcesbergue (i636) ne donnent pas le mot intrigue.

Dès i539, Rob. Estienne donne l'adverbe intriquéement, qu'il traduit par implicite, et tous les dictionnaires que nous venons de citer le donnent aussi , plusieurs en y joignant intriquer et intrication.

Dans le Trésor des trois lang. ital., espagn. et franc, de Hier. Victor (1606), on trouve le verbe intriquer, traduit en italien par intricare, inviluppare , et en espagnol par emmaranar, etc. — Par emtnaranar, embrouiller, nous approchons de intriguer, dans le sens moderne.

En 1611, i639, 1600, Cotgrave donne intrique, qu'il traduit par an intricacie, laborinth, mate, pesterment, incombrance, perplexitie, difficulty. Nous approchons encore.

Enfin, en 16/1 a, Ces. Oudin le promier, dans ses Rech. ital. et franc., donne intrigue, intrico; intrico, intrigue; intricoso, plein d'intrigues.

En 1600, Ménage, dans s«*s Orig. de la lang. franc., nous rejette en arrière : «Intrique : Tripault dit que ce mot s»» dit proprement des poulets, qui ont les pieds empestrez parmy les cheveux, et qu'il vient de év et de ôpiÇ. Les Italiens disent intrico et intricare.»

En 1660, le Diction. franc. -espagn. de Ces. Oudin, revu et augmenté par Jean Monmarte, donne intrigua, qu'il traduit par entricamiento , intrico; puis intriguer, et aussi intriquer. La même année, dans son Diction, franç.-ital. , Nathaniel Duez reproduit les mêmes mots intrigue, intriguer, intriquer.

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