‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 3)Chapitre 565 sur 625 · JASER · texte numérisé non relu

JASER

îao Le langage d'amour étoit jargon pour elle.

La Fort., V, p. 108 : Contes, III, 4.

Vous verrai-je toujours, fier d'un jargon sauvage. . .

Montflbuby , Ambigu corn., 3* interna. , se. k. - Cf. Gentilh. de Beauce, I, h.

Une fois en ma vie , je veux savoir ce que c'est qu'une bonne fortune ; je sçay déjà faire des mines; pour le jargon, je suis Grec (habile); je n'ai donc qu'à m'habiller au plus vite. - Baron, Hotn. à b.fort., IV, 11.

Je n'ay rien pu comprendre à son maudit jargon, — C'est du latin gaulois : comment l'entendroit-on ?

La Thuillkmk, Crisp. précept., se. iâ.

Elle ne me plaît pas quand elle baragouine, Et je n'entends non plus son bizarre jargon Que Je haut allemand ou que le bas-breton. - Champmkslé , Parisien, 1, t.

Il faut vous épargner le jargon des notaires.

Hauterochb, Bourg, de quai., IV, 5.

Peu de gens ont affaire à Florence , à Venise , Et c'est par conséquent une grande sottise D'ignorer le normand, et de sçavoir si bien L'extravagant jargon qu'on nomme italien. L'un est infructueux, et l'autre fort utile.

Poisson, Coméd, sans titre, III, 6 ; — Cf. Id. , ibid,, I, î.

Il n'a manqué à Molière que d'éviter le jargon et le barbarisme, et d'écrire purement : quel feu, quelle naïveté, quelle source de la bonne plaisanterie, quelle imitation des mœurs, quelles images, et quel fléau du ridicule I

La Brut., I, p. 128-199.

Le mystérieux jargon de la médecine. - Id., II, p. 77.

Quel diable de jargon f Qu'est-ce donc qu'il dégoise là ?

Regnard, Hom, à b.fort., III, 7 ; - Cf. Le Bal, se. 16.

* Le jargon est ce langage factice que parlent entre eux , pour n'être pas compris des autres, les gens d'une même coterie; employé absolument, il désigne spécialement l'argot soit des voleurs, soit des bohémiens; Gorgibus l'a employé en parlant du langage des Précieuses, et Martine en parlant d'un langage correct, mais qui n'est pas le sien et qu'elle ne comprend pas. — Par extension , tout langage incompréhensible.

«Si le mot jargon ne signifiait qu'un mauvais langage corrompu d'un bon , comme peut être celui du bas peuple, on ne pourroit guère bien cure jargon de Précieuse, parce que les Précieuses cherchent le langage le plus poli; mais ce mot signifie aussi langage affecté, et par conséquent , jargon de Précieuse est une bonne manière de parler. . . Ce sont des phrases recherchées, faites exprès, et, quoiqu'elles soient composées de mots choisis et usités, on peut dire que c'est unjargon.fi

L'abbé Tallemant, Rem. et décisions de VAcad. franc., 1698, p. 106.

Rappelons qu'une grande querelle s'est élevée entre Ménage ( Observ. , I, 167a , p. A70 ; II, 1676, p. Â01) et le P. Bouhours (Rem. nouv., 1675 ; 3* édit., 168a, p. 36a-363) à propos de i'étymologie du mot jargon. — Voir notre tome I, p. 91 U.

Jaser.

820 Ah! jamais les amants ne sont las de jaser. - Tart., Il, 4.

Je voudrais que vous l'eussiez mon mal, pour voir si vous jaseriez tant. - Mal. imag., III, h.

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