LEVER LE MASQUE — LEVER UN HABIT
corne au bout.» — Cette explication est peu claire; nous préférons celle-ci, du baron James de Rothschild, dans ses notes sur le Livre dufatdcon : <rLe leurre était un instrument en osier que Ton recouvrait des ailes de l'oiseau ou de la peau du lièvre qu'on voulait accoutumer l'oiseau de proie à voler (chasser au vol). On y plaçait la nourriture destinée à l'oiseau, et il s'y paissait. Il en résultait que l'oiseau connaissait le leurre, et qu'il revenait à son maître dès que celui-ci l'appelait en tournant l'instrument.» - Recueil de poésies franc, des iv' et ivi* siècles, t. XII, p. 275.
«La fauconnerie. . . nous fournit de beaux termes et de belles façons de parler, qui ont fort bonne grâce es lieux où nous les accommodons. Et faut bien que cest art ait esté encore plus commun à nos prédécesseurs qu'il nous est, vu qu'il nous ont laissé un langage tellement meslé et comme marqueté de ces mots, que nous en appliquons aucuns à nostre parler ordinaire, sans nous apercevoir de leur origine.
«Qu'ainsi soit, entre tant de François qui usent tous les jours de ces mots niais (ou niez), hagard, débonnaire, leurrer, bien peu prennent garde à leur premier usage, et s'apperçoivent qu'ils disent des hommes ce qui se dit proprement des oiseaux de proye. . . . Ceux qui ont quelque congnoissance de cette noble science de fauconnerie. • • açauront que c'est leurrer un faucon; et pour tant, quand ils orront dire d'un homme qu'il est leurré, sçauront bien que c'est à dire desniaisé.» - H. Estiemie, PréceUence du long, franc., édit. Feugère, p. 138-199; - Cf. Bouhoubs, Ariste et Eug. , a* édit., 1671, p. 106.
Lever le masque, locution.
* Voir Masque : lever le masque.
Lever un habit, couper, détacher de la pièce l'étoffe nécessaire pour faire un habit.
L'étoffe me sembla si belle, que j'en ai voulu lever un habit pour moi.
Bourg, gent., Il y 5.
Il avoit tort d'accuser ledict Sieur Tabarin ; . . . luy-mesme l'avoit veu chex un marchand d'auprès Sainct-Innocent lever les estojfes.
Tabarin, Œuvr., bibl. elzév., II, p. ai8 : Procez. . ., etc.
Je fis lever ce qu'il falloit d'estoffe pour faire un beau manteau.
Chapelain, Trad. de Guzm. d'Alfar., i63o; III, p. si 6.
3o4 Dans Londre, étant chez un marchand,
Pour lever de l'étoffe fine. . . - Lobet, Muze histor., 3 mars i663.
Les interprètes sont chez moi depuis huit jours,
Qui lèvent des brocards, des satins, des velours. - Poisson, Faux Moscov., se. s .
Je fus hier lever pour bien de l'argent d'étoffes chez Gautier.
Se?., A M** de Gr., 37 mai 167a.
Quand on veut se marier aujourd'hui , on va chez le père et la mère marchander une fille comme une aune de drap : et tel qui croit acheter la pièce toute neuve, trouve souvent qu'on en a levé bien des échantillons.
Regxard et Dufréky, Baguette de Vulcain, se 9.
Bon! Une écolière, en levant une jupe chez un marchand, ne féw-t-elle pas aussi une veste pour son maître de musique? - Rbqnabd, Descente d'Arlequin, se 9.